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vendredi 3 février 2023

Vision pour 2023 : l’ergonomie des postes de travail est une nécessité, par Alice Belfer

Cet article a été soumis pour publication gratuite par un tiers qui en assume l'entière responsabilité. TendanceHotellerie n'approuve ni ne désapprouve ce contenu.

L’ERGONOMIE des postes de travail : une nécessité pour améliorer la qualité de vie et des conditions de travail et accroitre la productivité

J’ai toujours porté des baskets et des pantalons fluides dans ma vie personnelle : pour courir après mon bus, pour fouler des kilomètres et des marches sans souffrance, pour tenir avec légèreté sur mes deux jambes en cas de longue attente et pour me sentir désentravée. J’ai ainsi développé cette conception de la mode maniable : ma garde robe ne fera jamais l’économie du confort et il en va de même dans mon lieu de travail. Ce qui est commode devient incontestablement beau à mes yeux et l’aisance, la praticabilité et l’accessibilité sont des idéaux qui m’animent.

Cette certitude et mon aspiration pour le confort ont peu à peu gagné notre petit hôtel.

Notre premier pas vers l’ergonomie sur le lieu de travail fut justifié par la nécessité d’organiser le maintien dans l’emploi pour deux de nos collaborateurs en situation de handicap. Un maintien dans l’emploi ou une adaptation à la situation de travail est à envisager lorsque le médecin du travail émet un avis d’aptitude avec réserves concernant un salarié et que celles-ci peuvent être levées avec des outils de compensation technique, humaine ou bien le poste organisé de telle sorte que le salarié puisse effectuer les tâches inhérentes à son poste sans le faire au détriment de sa santé. Pour n’en citer que quelques-unes, ces réserves peuvent être une interdiction de port de charge, l’évitement des postures et gestes répétitifs. Nous avons ainsi entrepris l’aménagement de deux postes de travail : le poste de réception et celui de personnel d’étage.

Les aménagements, largement financés par l’AGEFIPH puisqu’effectués dans le cadre du maintien dans l’emploi, ont permis à nos deux salariés la reprise de leur activité professionnelle plus sereinement et sans douleur et ont favorisé la découverte des bienfaits de l’ergonomie par le reste de l’équipe.

Fondamentalement, c’est la prise en compte du handicap et la nécessité d’adapter les postes de travail qui ont nourri notre envie d’ergonomie dans notre établissement.

Besogner dans un fauteuil ergonomique avec un soutien lombaire personnalisable et un appui tête, pianoter sur un clavier ergonomique et faire défiler la souris verticale sur un écran positionnable à souhait, quand on est assis 10 heures par jour, s’avère plutôt appréciable. Travailler debout plutôt qu’assis, et parfois plutôt assis que debout, puisque la conjugaison des positions de travail atténue les douleurs musculaires, l’engourdissement, diminue le risque de sédentarité et influe bénéfiquement sur la circulation sanguine, Dicter les réponses aux mails avec un logiciel de reconnaissance vocale en 20 secondes plutôt qu’en 7 minutes repose la main, rend moins fastidieux cette tâche profusément répétitive et augmente en outre, très sensiblement la productivité épistolaire.

Le premier maintien dans l’emploi était destiné à un travailleur en situation de handicap à la réception, toutefois, l’aménagement a profité à toute l’équipe de l’accueil, qu’il s’agisse des veilleurs de nuit ou des réceptionnistes de jour. C’est en ce sens que nous avons cherché à développer encore un peu l’ergonomie. En installant un logiciel originellement destiné aux personnes dyslexiques- après tout, les fautes d’orthographe sont assez courantes dans notre équipe, en digitalisant certaines tâches pénibles (la vérification des cartes de crédit automatique sans TPE physique) en modifiant l’éclairage, en adaptant les horaires (certains sont du matin, d’autres préfèrent travailler l’après-midi), les plannings de jour et de nuit ont été revus afin de satisfaire les desideratas du personnel.

La seconde adaptation de la situation de travail s’est adressée à l’un de nos valets de chambre. L’aménagement s’est concrétisé par un remaniement des tâches, par une évolution dans le poste et enfin par l’achat de matériels pointus exceptionnellement performants permettant un nettoyage avec célérité, précision, facilité et surtout grande efficacité. Il s’est agi par la suite de mobiliser d’autres dispositifs de financement pour permettre l’achat de matériels ergonomiques du même acabit pour le reste de l’équipe. Nettoyer la salle de bain avec le nettoyeur vapeur, quasi sans chimie, changer les draps du lit grâce au lève lit et au dispositif de rehoussage de couette, nettoyer les sols avec l’autolaveuse, tenir les portes ouvertes avec les cales porte à manche télescopique, ramasser les objets au sol avec une pince de préhension, sont autant d’actions qui permettent de supprimer les positions douloureuses, d’éviter les troubles musculo-squelettiques et de travailler dans le confort.

La réorganisation requiert néanmoins l’implication du personnel concerné, il faut impérativement inclure les utilisateurs dans le choix de leurs propres matériels et assurer une formation adéquate au risque sinon de voir les équipements délaissés. Et rien de tel qu’une petite piqure de rappel de temps en temps si l’adhésion aux outils n’est pas optimale, ces formations pouvant être dispensées par les fournisseurs et pouvant de surcroît être prises en charge.

Cette prise en charge englobe non seulement les formations mais également les équipements.

Vous pouvez faire appel à la Caisse Régionale d’Assurance Maladie ou la CARSAT. Le dispositif TMS pros vous permet une prise en charge à hauteur de 50% de vos équipements, avec un plafond de 25 000 Euros HT et un investissement minimal de 2000 Euros HT pour les entreprises de moins de 50 salariés. Il convient d’avoir un document unique de l’évaluation des risques professionnels (DUERP) mis à jour une fois par an, Il vous faudra effectuer une étude ergonomique des situations de travail menée par un ergonome (qui est un service inclus dans les cotisations à votre service de santé au travail par exemple). Vous pouvez en outre demander un travail collaboratif à la CARSAT / CRAMIF et au service de santé au travail. Cette étude vous permettra de construire votre projet de prévention et votre plan d’actions. Il vous faudra enfin préparer un dossier avec les devis relatifs aux équipements envisagés, en vérifiant bien entendu que ces derniers remplissent les critères retenus dans le cahier des charges. Par ailleurs, vous pouvez être accompagnés lors de ces différentes étapes.

Ergonomiser un poste représente un budget certain mais le manque d’ergonomie coûte plus cher encore : Les douleurs et les problèmes de santé liés à une mauvaise ergonomie peuvent causer de l’absentéisme chez les employés. Les coûts liés à l’absentéisme, tels que les coûts de recrutement et de formation de remplaçants, peuvent être élevés pour l’entreprise. En outre, la fidélité du personnel, la qualité du travail obtenu et les cohésion et bien-être au sein de l’équipe justifient la dépense investie.

En résumé, l’ergonomie sur le poste de travail améliore la productivité, renforce la marque employeur, réduit les coûts liés à l’absentéisme et aux arrêts maladie/ maladies professionnelles, améliore la santé et le bien-être des employés fidélisés et augmente de ce fait la satisfaction client puisqu’une équipe en bonne santé et motivée est plus à même de fournir un service de qualité aux clients. N’hésitez pas à solliciter l’aide de votre service de santé au travail, la participation de la CRAM ou de la CARSAT et prenez avis auprès des consœurs et confrères hôteliers concernant les solutions déjà mises en place pour bénéficier de leur retours d’utilisation.

 

et un grand merci à Aurelie RAIMONDO, ergonome, référente handicap et maintien en emploi chez EFFICIENCE santé au travail, Paris
ainsi qu’à Maud SACERDOTI, ergonome et psychologue du travail du Pôle Organisation et QCVT chez EFFICIENCE santé au travail


A propos de l’auteur :
 
Article fourni gracieusement par Alice Belfer, directrice de l’hôtel Baudelaire Opéra à Paris.
 
Elle est alumni du programme 10KSB de Goldman Sachs, membre du réseau des référents handicap et activateur de progrès AGEFIPH, et membre active de la communauté « Les entreprises s’engagent ! » collectif engagé vers un monde solidaire, inclusif et durable.
 
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