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jeudi 6 août 2020

Mais que se passe-t-il donc dans un hôtel réquisitionné pour COVID-19 ?

Cet article a été soumis pour publication gratuite par un tiers qui en assume l'entière responsabilité. TendanceHotellerie n'approuve ni ne désapprouve ce contenu.

C’est l’une des rares fois où vous me verrez dire « je » dans un article. Néanmoins il est compliqué de relater une expérience personnelle sans dire « je ». Notre société moderne a placé le « je » au-dessus du « nous » et tant que nous n’aurons pas retrouvé cette capacité à penser prioritairement « nous » au lieu de « je », les crises telle que celle de la COVID-19 seront compliquées à traverser.

Heureusement, je ne suis pas le seul à penser « nous » : les bénévoles sont nombreux dans une multitude d’associations dont le but est de venir en aide à son ou ses prochains, sans aucune forme de distinction ni encore moins de discrimination. Celle que j’ai rejointe s’appelle la Protection Civile des Alpes Maritimes et fait partie des AASC (Associations Agrées de Sécurité Civile).

Dans les Alpes-Maritimes, le préfet a demandé à la Protec’ d’être son bras « armé » pour la gestion courante des centres d’hébergement et d’isolement sanitaire. Ailleurs ça peut se passer de la manière ou autrement, la responsabilité incombant au préfet de sélectionner l’AASC en mesure d’assurer la mission.

Cela fait plusieurs mois que nous prenions chacun notre tour et fonction de nos propres disponibilités des astreintes pour un hôtel à Nice et un autre à Cannes. Puis les astreintes ont été annulées. Puis elles ont été remises en route : être d’astreinte signifie être disponible au cas où. Hier à 19h, notre chef de secteur m’a appelé en me disant « tu étais d’astreinte demain mais maintenant tu passes en opérationnel, le 1er centre d’hébergement et d’isolement ouvrant ce soir à Cannes ». Je n’allais pas me défiler. Ça faisait d’ailleurs plusieurs semaines que je n’avais pas enfilé la tenue orange et bleu, les maraudes ayant cessé il y a plusieurs semaines, comme si les SDF avaient moins de besoin l’été qu’au printemps. Mais bon, c’est un autre débat que notre société moderne du « je » ne peut pas résoudre sans penser « nous » d’abord.

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L’hôtel

Le nom de l’hôtel importe peu sauf à déchainer des crétins qui pourraient se croire menacés, ceux-là même qui refusent de porter un masque à la boulangerie... C’est un hôtel de petite capacité avec de grands espaces, et il a été réquisitionné par le préfet afin d’y placer en quarantaine des personnes testées positives à la COVID-19. J’aurais pu dire quatorzaine car c’est ce qu’on entend partout, toutefois c’est le médecin qui décidera de la durée du séjour alors laissons lui faire son boulot.

Comme souvent dans ces cas-là, tout s’est fait dans la précipitation et chacun tâtonne un peu, surtout côté hôtel qui n’a pas forcément les équipements supplémentaires ni les produits de désinfection spécifiques à 19h un vendredi soir. Cependant la Protec’ a l’habitude et sait accompagner. Il est important de se souvenir que l’un des postes principaux de revenus de la Protection Civile est la formation, notamment la formation aux premiers secours en entreprise. Pensez à la Protec’ la prochaine fois où vous devrez mettre en place ce type de formation dans votre entreprise 🙂

La réquisition signifie que l’Etat français prend en charge l’hébergement et la restauration des patients-résidents : hébergement, petit-déjeuner, déjeuner et dîner suivant un barème négocié.

Sur le plan pratique, des zones sont réservées :

  • aux patients-résidents d’une part
  • au personnel de l’hôtel et aux bénévoles d’autre part

Les seconds peuvent accéder aux zones réservées aux patients-résidents en respectant des mesures barrières et des protocoles simples à comprendre. La sensation d’isolement existe de part et d’autre, les « relations » se limitant à quelques secondes ou dizaines de secondes, guère plus.

Les patients-résidents

Aujourd’hui il s’agit de quatre personnes provenant de région parisienne étant venues voir de la famille dans l’arrière-pays : 3 adultes et un bébé d’un an environ.

La durée de leur séjour dépendra de leurs résultats aux tests qui seront régulièrement effectués et de l’avis du médecin en charge de leur suivi. En cas d’aggravation des symptômes, des procédures sont en place et si jamais les bénévoles de la Protec’ devaient intervenir, pas de panique, nous disposons des équipements de protection à usage unique et le 15 est également prêt à intervenir.

Il y aura peut-être d’autres patients-résidents, ou pas.

Ces patients-résidents ont dès leur arrivée signé une « charte du patient-résident » dans laquelle ils s’engagent à respecter un certain nombre de règles de bon sens comme ne pas sortir et n’avoir de « relation » avec personne, hormis les personnels et bénévoles autorisés.

Une procédure existe pour la distribution des repas. Une procédure de double sac existe pour les poubelles. Une autre procédure existe pour le linge de chambre avec des sacs spéciaux qui seront d’abord mis en quarantaine pendant 2 jours puis ramassés par la société de nettoyage du linge. Ces sacs seront placés directement dans la machine à laver et se dissoudront pendant le cycle de lavage, sans avoir à toucher le linge.

Quant au linge personnel des patients-résidents, un peu de bon sens et de bonne volonté suffisent à s’organiser.

Conclusion

Si votre hôtel est réquisitionné par le préfet pour accueillir des patients-résidents, il n’y a aucune raison de paniquer. Vous serez accompagné(e)s, sous serez rémunéré(es) et par les temps qui courent, un peu de CA ne fait pas de mal.

Côté transmission du virus, pas de panique non plus. Respecter les protocoles, respecter les délais de jachère, utiliser les bons produits et les bonnes méthodes est faisable.

Ma garde finissant à 18h, mon mauvais côté me susurre « vivement samedi prochain que je revienne » et mon bon côté lui répond « espérons que ces gens auront pu rentrer chez eux et que personne ne les remplacera ».

Ce qui est certain, c’est que le virus circule et qu’il est indispensable de respecter les mesures barrière : distance avec son prochain, masque quand la distance ne peut pas être respectée ou dans des endroits clos comme les commerces et arrêter de faire le con dans la rue à plusieurs centaines ou milliers de personnes collées les unes aux autres...

Sortez couvert !


A propos de l’auteur :
Article écrit par : Guilain Denisselle, Fondateur et Rédacteur en Chef de TendanceHotellerie.fr

 

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