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jeudi 3 décembre 2020

Hôtellerie-restauration : Cinq conseils pour lancer votre carrière internationale aux États-Unis

Cet article a été soumis pour publication gratuite par un tiers qui en assume l'entière responsabilité. TendanceHotellerie n'approuve ni ne désapprouve ce contenu.

Vous allez bientôt recevoir votre diplôme, vous venez de le décrocher ou vous êtes un jeune professionnel. Quelle est la prochaine étape ? Vous songez peut-être à partir quelques temps à l’étranger poursuivre votre formation ou votre carrière. Que vous soyez cuisinier, pâtissier, boulanger, mixologue, sommelier, serveur ou maître d’hôtel avec une formation européenne, il y a de grandes chances pour que votre profil intéresse un établissement américain.

Ayant assisté des établissements réputés dans l’obtention de visas pour leurs stagiaires et employés, je partage avec vous quelques conseils.
 

1. Quel type de visa ?

Toute personne étrangère désirant travailler, effectuer un stage ou investir aux Etats-Unis doit présenter un visa valide aux autorités. Le but du déplacement détermine le type de visa. En tant que demandeur de visa, vous devrez établir que vous en remplissez toutes les conditions. Lorsque vous ferez une demande auprès d’une ambassade ou d’un consulat des Etats-Unis, un agent consulaire déterminera si vous êtes admissible.

Il existe deux grandes catégories de visas, les visas immigrants et les visas non-immigrants. Dans le cadre de cet article, seule la seconde catégorie sera brièvement présentée pour donner un aperçu des visas les plus utilisés dans le secteur de l’hôtellerie-restauration :

Visas de stage :

  • Le Visa J-1 permet d’effectuer un stage en entreprise pour une durée maximale de 12 ou 18 mois suivants les programmes. Il s’agit de l’un des visas les plus courants et faciles à obtenir.
  • Le Visa H-3 permet de recevoir une formation dans un domaine d’activité qui n’est pas disponible dans son pays d’origine. La durée de ce visa est de deux ans maximum et pour certaines formations de 18 mois.

Visa étudiant :

  • Le Visa F-1 permet aux étrangers de poursuivre leur formation dans une école, par exemple dans le domaine des arts culinaires à The Institute of Culinary Education ou The Culinary Institute of America. Le visa est valable pour la durée des études et ouvre la voie à une première expérience professionnelle sur place.

Visas de travail :

  • Le Visa O-1B est ouvert aux étrangers ayant des aptitudes extraordinaires dans un domaine artistique. Dans notre cas, il pourra s’agir d’un « expert dans les arts culinaires », ce qui inclut presque tous les types de professions du secteur de l’hôtellerie-restauration, y compris les maîtres d’hôtels. Ce visa, plus difficile à obtenir, est valable une durée initiale de trois ans, renouvelable indéfiniment par incréments d’un an. Ce visa est plus beaucoup fréquent qu’on l’imagine.
  • Le Visa P-3 est destiné aux artistes venant aux Etats-Unis pour faire partie d’un programme culturellement unique. Le candidat devra participer à des événements culturels qui favoriseront la compréhension ou le développement de sa forme d’art. Ce visa a une durée initiale d’un an maximum et renouvelable par incréments allant jusqu’à un an. Il s’agira par exemple de la promotion d’un restaurant spécialisé dans une cuisine régionale mexicaine.
  • Le Visa H-1B vise des professions spécialisées dans des domaines nécessitant des connaissances spécifiques. Ce visa est sujet à une loterie annuelle débutant en mars. Le visa H-1B est valable trois ans et peut être prolongé de trois ans. Une exception à la durée maximale du séjour s’applique dans certaines circonstances.
  • Le Visa L-1 est un visa de succursale. Il permet à une entreprise étrangère possédant une filiale américaine d’y envoyer un employé. La durée de ce visa est généralement de trois ans mais peut s’étendre à sept ans.
  • Le Visa E-2 permet à une entreprise ou à une personne ayant investi une quantité importante de capitaux dans une entreprise américaine d’y envoyer un employé de la même nationalité. L’investisseur doit être ressortissant d’un Etat partie au Traité en question. La durée du visa est de deux ans maximum, renouvelable indéfiniment par incréments de deux ans.

 

2. Vérifier son niveau d’anglais

Une fois votre type de visa est identifié, il convient de vérifier que votre niveau d’anglais est satisfaisant. Même si votre « recrutement » a été effectué dans votre langue natale, n’oubliez pas que vous allez vivre dans un pays étranger. Communiquer en anglais ne sera pas seulement primordial au travail ou durant votre stage mais constituera une nécessité face à l’administration, que ce soit pour passer l’entretien de demande de visa à l’Ambassade, obtenir un numéro de sécurité sociale, changer votre permis de conduire ou déclarer vos impôts. Il ne sera pas exigé de vous un niveau d’anglais parfait mais suffisant du point de vue de votre établissement d’accueil et pour vivre au quotidien.

 

3. Rechercher efficacement les opportunités

  • Il est important de proposer un CV clair et en anglais. Cela peut paraître basique mais ce document véhicule la première impression que l’on a de vous. Même si votre niveau d’anglais est excellent, n’hésitez pas à vous faire relire.
  • Il existe des sites de recrutement américains tels que Monster, Indeed ou Careerbuilder mais dans mon cas, candidater pour les annonces en ligne s’est révélé une perte de temps et d’énergie. Il y a peu de chances pour qu’un recruteur américain prenne en considération la candidature d’un étranger en raison de toutes les démarches administratives (et les coûts de visa) que cet enrôlement implique alors qu’il n’y était pas préparé au moment de la rédaction de l’annonce.
  • Démarchez les établissements directement, la plupart ont un site Internet avec une rubrique de recrutement ou une adresse email. Transmettez votre CV, même si la structure n’a pas de poste à pourvoir dans l’immédiat.
  • Contactez votre réseau. Vous n’en avez pas ? C’est faux. Pensez à votre entourage proche et élargi : réseaux sociaux, école, professeurs, collègues, etc. N’ayez pas froid aux yeux et faites connaître votre projet à un maximum de personnes, même si elles ne travaillent pas directement dans votre secteur. Lors d’un stage en droit chez un fabricant d’ustensiles de cuisine et de pâtisserie, c’est le chef démonstrateur de la société qui m’a ouvert son carnet d’adresses et m’a mise en contact avec un chef américain, qui a son tour a transmis mon CV au cabinet de droit de l’immigration.
  • Ne vous limitez pas à une zone géographique. La Californie et la Floride vous font rêver ? Ne vous concentrez pas uniquement sur ces Etats très demandés – vous découvrirez que des postes sont à pourvoir au sein d’établissements exceptionnels situés dans des régions moins connues.

 

4. Se préparer au départ

  • Assurez-vous d’avoir compris les conditions de votre visa. Posez des questions à votre structure d’accueil, votre sponsor (si vous candidatez pour un visa J-1) et/ou le cabinet d’avocats qui a constitué votre dossier. Même si vous en doutez, il s’agit de l’étape la plus importante à vérifier avant de partir. Quelle est la durée de votre stage ? D’ailleurs, s’agit-il d’un visa de stage ou de travail ? Quel sera votre intitulé de poste ? Pouvez-vous changer d’occupation une fois sur place ? De quels droits bénéficiez-vous ? A quelles conditions vous ou l’entreprise d’accueil peuvent mettre fin à l’expérience ? Avez-vous l’intention de partir des Etats-Unis à l’expiration de votre visa ? Votre partenaire peut-il vous accompagner et travailler ? Pouvez-vous rester plus longtemps que la durée du visa même si votre stage ou emploi a pris fin ? etc. Autant de questions sur lesquelles il convient de s’interroger car des faux-pas pourraient avoir des conséquences préjudiciables lors de la demande de visa, de votre arrivée, et même à l’avenir, si vous souhaitez un jour retourner aux Etats-Unis, que cela concerne une nouvelle opportunité professionnelle ou du tourisme.
  • Familiarisez-vous avec les principales différences culturelles en matière de conditions de travail (culture d’entreprise, rémunération, durée des congés, etc.) et par rapport à la vie quotidienne (pratique du pourboire, système du Credit et Debit cards, code de la route, etc.). Par ailleurs, si cela est possible, mettez-vous en relation avec des expatriés ou des futurs collègues qui pourront vous assister dans vos démarches administratives et/ou faciliter votre acclimatation. En bref, sachez à quoi vous attendre.
  • Une fois sur place, respectez les termes de votre visa (par exemple, effectuez les vérifications mensuelles exigées par le sponsor dans le cas du visa J-1).

 

5. Outils concrets pour développer votre carrière

Il ressort des dossiers que j’ai examiné que plus vous accumulerez de réalisations dans votre domaine d’expertise et plus vous attirerez de nouvelles opportunités. Voici quelques points-clés :

  • Développez votre réseau : discutez avec vos pairs et démontrez votre valeur. Votre stage se déroule dans un restaurant gastronomique français et votre chef exécutif est Coréen ? A l’avenir, il pourrait vous fournir une lettre de recommandation pour une position au sein d’un restaurant étoilé en Corée du Sud.
  • Faites-vous remarquer. Comment ? Soyez volontaire et investissez-vous. Participez de vous-même durant votre temps libre ou demandez à votre établissement d’accueil de vous intégrer à des évènements auxquels il est invité (festivals, foires et démonstrations culinaires, galas, compétitions, concours, collaborations de votre établissement d’accueil avec un autre, etc.) et surtout, conservez des preuves de vos participations (photos de vos plats, mots de remerciement, certificats de participation, mention de votre nom dans un article de presse, documentation sur l’évènement, clichés personnels ou professionnels avec des célébrités culinaires ou personnalités médiatiques, etc.).
  • Si vous êtes déjà reconnu dans votre milieu, n’hésitez pas à participer à des interviews et à apparaître dans les médias à audience ou tirage élevé(es), dans des magazines spécialisés, et des blogs ou podcasts influents. Attention, à l’heure actuelle, les publications sur les réseaux sociaux ne sont pas toujours considérées comme un support fiable.
  • Interrogez-vous sur l’après, si possible quelques mois avant l’expiration de votre visa. Vous souhaitez poursuivre votre carrière aux Etats-Unis ou y rester de façon permanente ? Discutez-en avez votre employeur ou entreprise d’accueil ainsi qu’avec l’avocat, lequel pourra vous aiguiller sur vos options de visas.

 

Française diplômée de droit international ayant passé près de deux ans au sein d’un cabinet de droit de l’immigration américain, Grossman Young & Hammond, j’ai eu l’occasion de me pencher sur la question des étrangers du secteur de l’hôtellerie-restauration souhaitant débuter ou poursuivre leur carrière aux Etats-Unis. J’espère que ces quelques lignes vous auront éclairé.


A propos de l’auteur :
Article fourni gracieusement par : Aurore Le Roy de la Chohinière
Juriste en immigration, Grossman Young & Hammond, LLC

Diplômée de l’Université de Lorraine (France) en Droit international des affaires et de l’Université de Swansea (Royaume-Uni) en Droit commercial et maritime international, elle assiste depuis plus de deux ans Grossman Young & Hammond LLC, un cabinet réputé de droit de l’immigration américain. Aurore constitue notamment les dossiers des candidats souhaitant débuter ou poursuivre leur carrière aux Etats-Unis dans le secteur de l’hôtellerie-restauration.

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