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lundi 26 septembre 2022

Été 2022 : le retour des beaux jours pour l’hôtellerie-restauration ?

En cette fin d’été 2022, le soleil brille sur l’hôtellerie-restauration française. Malgré la sécheresse et les incendies, malgré l’inflation et la hausse des prix, les touristes ont répondu à l’appel des vacances. Tous les acteurs du secteur ont bénéficié de performances exceptionnelles. Dans certaines régions comme en Île-de-France, les chiffres sont mêmes supérieurs à ceux de 2019, dernière année de référence pré-COVID. Mais est-ce véritablement le retour des beaux jours pour l’hôtellerie-restauration ? Quel avenir se dessine derrière ce rebond économique attendu par certains, espéré par tous ? Guy Gérault, Directeur Général de Brit Hotel, nous a envoyé un édito dans lequel il partage les résultats de son réseau d’hôteliers indépendants, et nous livre son analyse sur l’état de l’hôtellerie-restauration en France.

Bilan de l’été 2022 : le retour de l’excellence du tourisme français

Fin juin 2022, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) effectuait une étude auprès de plus de 1 400 entreprises de l’hôtellerie-restauration en France, les invitant notamment à s’exprimer sur leurs attentes vis-à-vis de l’activité touristique au second semestre. Selon les résultats publiés un mois plus tard, 47% d’entre eux estimaient que l’activité stagnerait au second semestre, 12% estimaient même qu’elle se dégraderait.

Pourtant, en plein milieu de l’été, la presse quotidienne régionale française s’enflammait déjà à grands coups de gros titres hyperboliques : « 2022 : l’été de tous les records ! », « Tourisme : les chiffres de l’été remontent au niveau d’avant COVID-19 », « Une saison touristique historique ! » …

Et cela s’est avéré vrai. Au crépuscule pluvieux d’un mois d’août jusque-là enfiévré, le cabinet MKG Consulting a publié le 22 août dernier les chiffres du tourisme en France entre juillet et août. Ils sont sans appel : +14 points d’occupation, +22% de hausse de prix moyen et même +22.2% de RevPAR par rapport à l’été 2019. Et ces chiffres concernent l’ensemble des régions : si les établissements littoraux ont largement tiré à eux la couverture du taux d’occupation au mois de juillet, ce sont les établissements davantage situés dans les terres qui ont brillé au mois d’août, comme dans le Centre-Val de Loire ou encore en Auvergne-Rhône Alpes.

Chez Brit Hotel, qui compte 160 hôtels allant du 2 au 4 étoiles sur tout le territoire national, cette tendance se confirme : du 1er juillet au 31 août 2022, le site internet brithotel.fr a généré un chiffre d’affaires sans commission de plus de 2.5 millions d’euros, soit une augmentation de plus de 103% par rapport à la même période en 2019, année de référence pré-COVID et qui avait déjà été excellente. Notre panier moyen par réservation a quant à lui augmenté de 23% par rapport à la même période. Des performances extrêmement encourageantes, et une évolution historique pour notre réseau d’hôteliers indépendants !

Facteur d’autant plus encourageant : ces performances exceptionnelles concernent tous les acteurs du secteur. Par exemple, d’après le cabinet Protourisme, le chiffre d’affaires des voyagistes a lui aussi augmenté de 20% rien qu’au mois de juillet, avec une nette évolution positive du tourisme urbain grâce notamment au retour massif des touristes étrangers, après deux années d’absence presque totale. La clientèle étrangère est justement l’un des facteurs essentiels de ce rebond économique, qui s’est notamment joué à Paris. En juillet, la capitale a même dépassé sa fréquentation pré-crise sanitaire de +0.3 points et enregistré une hausse de 35% de RevPAR grâce au retour des touristes étrangers, venus notamment des pays limitrophes ou encore des États-Unis.
Alors, le tourisme français a-t-il définitivement posé le pieds dans le monde d’après ?

Une reprise à nuancer au vu des difficultés du secteur

Une pénurie de main d’œuvre

Si la presse quotidienne régionale française a largement titré sur les performances économiques exceptionnelles du secteur de l’hôtellerie-restauration cet été, ce dernier a aussi fait les gros titres pour une toute autre raison : la pénurie de main d‘œuvre.

Le problème n’est pas nouveau, mais il a atteint cet été des proportions inquiétantes : près de 200 000 postes saisonniers n’étaient pas pourvus au début de l’été. Des difficultés à recruter qui sont telles sur le territoire national que l’Umih a lancé en juin dernier un projet visant à recruter des saisonniers de l’autre côté de la Méditerranée en Tunisie, afin de combler les rangs pour la saison 2023. Faute de bras, il n’était ainsi pas rare de voir cet été des hôtels refuser des réservations alors que des chambres étaient libres, et des restaurants réduire leurs horaires d’ouverture et leur capacité d’accueil. Une telle situation alors que les touristes font leur grand retour représente un important manque à gagner, qui vient nuancer le fameux rebond économique acclamé par la presse.

Les métiers de l’hôtellerie-restauration, mais plus globalement les métiers de service et de commerce, souffrent d’un sérieux déficit d’image depuis de nombreuses années déjà. Les conditions de travail demandent énormément d’investissement : horaires de nuit, travail le week-end, périodes de congés décalées… La crise du COVID-19, avec tous ses questionnements et ses incertitudes, a amplifié le phénomène et inversé le rapport de force entre travailleurs et employeurs. Jusqu’en 2019, il n’était pas rare de voir les saisonniers revenir pour reprendre le même post estival que l’année précédente. Aujourd’hui, c’est nous qui devons aller les chercher pour leur demander de rempiler.

Des difficultés financières

En plus de faire évoluer les aspirations et les comportements des saisonniers, la crise du COVID-19 a une autre incidence économique d’importance pour les établissements hôteliers : environ 40% de ces derniers ont contracté un Prêt Garanti par l’État (PGE) au cours de la crise sanitaire afin de rester à flot pendant les confinements successifs. À présent, il va falloir les rembourser. Et d’après l’étude de l’Umih citée précédemment, 25% d’entre eux ne seraient pas en mesure de le faire. Si l’on ajoute aux deux années de crise sanitaire et de confinements les charges sociales de cet été, ainsi que le paiement des différés consentis par l’Urssaf, on peut craindre une augmentation du nombre de faillites dans les mois à venir, notamment du côté des indépendants.

Car malheureusement, la trésorerie des hôteliers n’est pas aidée par la forte inflation que nous vivons actuellement, consécutive à la crise sanitaire et à la guerre en Ukraine. En générant une hausse des prix de matières premières essentielles comme le blé ou encore des hydrocarbures, elle oblige nombre d’entrepreneurs de l’hôtellerie-restauration à répercuter cette hausse en augmentant leurs propres tarifs. Les voyageurs, dont le portefeuille est lui aussi fortement impacté, freinent leurs dépenses. Si cette inflation soutenue devait durer dans le temps, elle pourrait ainsi être le choc de trop pour certains hôteliers indépendants.

Des difficultés climatiques

Un dernier facteur exogène est venu impacter les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie-restauration cet été : le dérèglement climatique.

Nous avons tous regardé avec horreur les forêts de Gironde et même de Bretagne brûler aux vents de la sécheresse historique de cet été 2022. Toujours d’après le cabinet Protourisme, les acteurs du tourisme en Gironde ont ainsi vu leur chiffre d’affaires diminuer de 10% à 40% suite aux incendies. Les pénuries d’eau ont aussi impacté des sites reconnus qui font habituellement le plein l’été, comme le Mont-Blanc qui a vu la fermeture de certains refuges, ou les Gorges du Verdon dont le niveau d’eau a tellement diminué que de nombreuses activités nautiques n’ont pu être proposées.

La gestion comptable d’un établissement type hôtel demande d’anticiper plusieurs années de finances. Et nous savons aujourd’hui que les épisodes de sécheresse, les incendies, les pénuries d’eau et autres catastrophes naturelles ne vont aller qu’en empirant au fil des années. Mais comment anticiper les phénomènes naturels dans la gestion d’un hôtel ? Tout comme les acteurs du secteur doivent s’adapter aujourd’hui aux évolutions sociales pour recruter, ils devront s’adapter demain aux évolutions climatiques de leur environnement pour pérenniser leur activité.

Quel avenir pour l’hôtellerie-restauration indépendante en France ?

L’enthousiasme général autour des excellents chiffres de l’hôtellerie-restauration cet été est de bon aloi. Au sortir de deux années de crise sanitaire et d’incertitudes, ne nous privons pas de cette dose bienvenue d’espoir et de réassurance qui nous permet tout de même d’entrevoir l’avenir plus sereinement.

Mais il nous faut rester lucides quant aux difficultés auxquelles notre secteur doit faire face. Les performances estivales vont-elles suffire à pallier aux soucis de trésorerie qui vont inévitablement survenir ? Pour les établissements franchisés, qui peuvent bénéficier de la puissance économique d’un groupe ou d’une chaine intégrée, c’est possible. Mais pour tous les indépendants qui n’ont que leurs fonds propres et les rentrées directes pour assurer la bonne gestion économique de leur établissement, la fin d’année s’annonce difficile.

Chez Brit Hotel, nous ressentons déjà les effets de ces difficultés économiques avec nos adhérents indépendants malgré un été très performant. Une grande partie de nos établissements sont en sous-effectif, et dépendent fortement des outils du réseau pour assurer un taux d’occupation pérenne tout au long de l’année. Toutes nos équipes sont donc mobilisées pour accompagner et soutenir nos adhérents. Et ça marche : depuis le début de l’année, les réservations globales ont progressé de 79%, soit plus de 7.5 millions d’euros de chiffre d’affaires généré. Au mois d’août, notre portail brithotel.fr enregistrait une réservation toutes les 5 minutes en moyenne, soit 28€ de chiffre d’affaires par minute ! Commercialisation sur le web, centrale d’achat, des services commerciaux dédiés à la prospection des entreprises et des groupes… Les outils que nous mettons à disposition de nos adhérents leurs permettent ainsi résister aux difficultés économiques et de maintenir leurs marges. Mais il y a encore beaucoup de travail à accomplir, d’idées à générer et de d’innovations à créer pour moderniser et renforcer le secteur de l’hôtellerie-restauration de manière pérenne.

Je tiens à conclure mon édito sur une note positive. Certes nous vivons une période complexe de transformation de notre activité. Les difficultés sociales, économiques et structurelles sont nombreuses. Mais le bilan de la saison estivale montre bien la résilience de notre secteur, et que malgré ces difficultés, les français (et les étrangers) n’ont pas encore fait une croix ni sur le voyage, ni sur la recherche de confort et de bien-être au cours de ces mêmes voyages. Et tant que les voyageurs voyageront, il y aura un avenir pour toute personne souhaitant les accueillir.


 
 
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