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dimanche 19 août 2018

Assignation Booking.com : des news...

 
 

Dans le cadre de l’assignation de Booking.com par le Ministre de l’Economie, les langues ont commencé à se délier. Résultat : on baigne en plein mélodrame politico-politicien :

Agenda : un rappel des dates

Voici comment se sont déroulés les évènements :
- 21 février 2014 et 10 mars 2014 : les sociétés Booking.com France SAS en France et Booking.com B.V. au Pays-Bas ont été assignées par le Ministre de l’Economie de l’époque, un certain Pierre Moscovici. Il n’y a donc pas d’assignation commune Booking/Expedia comme on pourrait être tenté de le croire en lisant le communiqué de Booking.com du 28 mai 2014
- 2 avril 2014 : nomination d’Arnaud Montebourg au poste de Ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique. Le Tourisme ne fait plus partie des attributions du Ministre de l’Economie, attribution transférée au Ministère des Affaires Etrangères de Laurent Fabius.
- 9 avril 2014 : nomination de Fleur Pellerin au poste de secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger. Fleur Pellerin est donc sous la responsabilité de Laurent Fabius qui souhaite peser de tout son poids sur le tourisme, ce qui crée naturellement des "besoins d’harmonisation" entre Bercy et le Quai d’Orsay
- 14 mai 2014 : 42 députés UMP déposent la proposition de loi n°1947 sur la parité tarifaire
- 19 mai 2014 : nos braves syndicalistes (UMIH/GNC d’un côté, GNI de l’autre) vont pleurer séparément auprès d’Arnaud Montebourg. Comme l’a noté un de nos lecteurs, la table ovale étant trop petite, Arnaud Montebourg n’a pas pu les recevoir ensemble
- 22 mai 2014 : 1ère audience de renvoi de cette affaire Booking.com devant le Tribunal de Commerce de Paris. Il devrait y avoir d’autres renvois, rien d’anormal car le dossier ne sera pas jugé tant qu’il n’est pas en état
- 23 mai 2014 : UMIH et GNC sont entendus par la commission des affaires économiques à l’Assemblée Nationale
- 26 mai 2014 : Fleur Pellerin reçoit le GNI et l’UMIH, mais pas ensemble. Bizarrement l’info a disparu des sites de l’UMIH et du SYNHORCAT mais des traces subsistent sur leurs pages Facebook ou Twitter...
- 27 mai 2014 : Arnaud Montebourg annonce avoir attaqué Booking.com

Le contenu de l’assignation

Même si le personnel du ministère refuse catégoriquement de confirmer explicitement le contenu exact de cette assignation, le recoupement d’informations en provenance de différentes sources laisserait penser (c’est du conditionnel) que l’assignation reprendrait plusieurs points mentionnés dans l’excellent rapport de la CEPC (Commission d’examen des pratiques commerciales) de septembre 2013 :

Avis 13-10 CEPC

Si c’était avéré, ce serait rassurant puisque divers points caractérisant le déséquilibre manifeste des relations entre hôteliers et OTAs y sont bien décrits. On aurait pu passer par la case "loi", mais le ministre de l’époque a préféré prendre le chemin à l’issue incertaine des tribunaux. Il y manquerait donc des points importants comme par exemple le fait que la commission est facturée sur du TTC et non pas du HT.

Le pseudo scoop de BFMTV à propos du contrôle fiscal de Booking.com

BFMTV a publié le 30 mai 2014 un article au titre ravageur "Exclu BFM Business : contrôle fiscal pour Booking.com".

Le hic c’est que le Canard Enchaîné avait sorti l’information en août 2013, info que TH avait repris dans l’article "Booking.com s’adresse à la presse et aux clients : très bel exercice qui amateurise encore plus les syndicats hôteliers". Le responsable presse de Booking.com en France le signalait d’ailleurs le jour même dans un tweet à l’auteur de cet article.

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Cet article n’explique pas le "problème" fiscal : quand une commission est facturée par Booking.com suite au séjour d’un client français dans un hôtel français, ce chiffre d’affaires doit être déclaré et taxé en France, même si le contrat ne le prévoit pas : souvenez-vous du transfert de contrat entre Booking.com Limited et Booking ;com B.V., contrat qui rapatriait la facturation des commissions depuis le Royaume Uni vers les Pays Bas. Enfin facturer en France n’empêcherait pas Booking.com de diluer ses bénéfices en facturant depuis des Booking étrangers à Booking France des prestations de marketing et de technologie.

Ce que les syndicats ne vous disent pas

Il y a plusieurs mois, les équipes de Booking.com en France ont invité séparément l’UMIH et le SYNHORCAT à venir discuter afin de mettre à plat les problèmes liant les hôteliers à Booking.com. L’un des deux a purement et simplement refusé. Quant à l’autre, il a tordu du cul pour saboter l’effort et finalement ne rien faire.

Il ne manque pourtant pas de points qui seraient "faciles" à régler ou en tous les cas à mettre à plat afin que chacun comprenne les enjeux.

Si ceci n’est pas de la politique politicienne, qu’est-ce donc ? La paix ou en tous les cas la recherche de solutions concrètes et applicables instantanément ne valent-elles pas mieux que l’affrontement par Ministre ou tribunal interposé ?

Pourtant les hôteliers adhérents de ces centrales et dont certains sont littéralement écrasés par les OTAs on besoin qu’on s’occupe d’eux et qu’on débloque la situation, pas que les "syndicalistes" pensent à leur propre réélection ni à leur future Légion d’Honneur pour ceux qui ne l’ont pas encore.

Côté GNC (Groupement National des Chaînes) on serait plutôt partisan de la discussion et ce ne sont pas les mots de Sébastien Bazin qui vont faire penser le contraire.

Conclusion

On nage en plein soap à la sauce Ewing avec des petits oppressés, des méchants, des politiciens, des hommes influents, beaucoup d’argent, des multinationales, des pratiques "border line"... et le schmilblick qui piétine.

En tous les cas, Arnaud Montebourg ne peut pas s’approprier l’assignation de Booking.com. Il a sans doute voulu reprendre la main alors que l’Assemblée Nationale et le Quai d’Orsay s’accaparaient du dossier du Tourisme français. Pendant ce temps, les journaux ne parlaient pas d’autre chose...

Et si tous ces gens se mettaient à travailler ensemble et à sauver le secteur, à sauver les petites entreprises, à rapatrier de l’investissement et de l’impôt... disons à faire ce pour quoi ils ont été nommés ou élus ?

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    Les commentaires


    1. le 2 juin 2014 à 18:55, par MARIE

    Peu importe qui a assigné Booking.com (Moscovici, Montebourg, ou un autre : on s’en fout !).
    Quand en 1973, les pays producteurs de pétrole ont mis à genoux les économies occidentales qui les étouffaient par l’imposition de pratiques commerciales aussi inacceptables que méprisantes, ils se sont tous unis et ont (presque) parlé de concert. En tous les cas, assez fort, pour s’imposer, et faire en sorte que nous en payons encore les pots cassés...
    Si, par une volonté commune, déterminée, inflexible, nous avions assez de courage pour dire à toutes ces OTAs qui tuent l’hôtellerie "c’est ASSEZ ! à partir d’aujourd’hui on vous ferme les robinets, nous fixons les conditions de distribution que nous acceptons de vous consentir" la figure de l’hôtellerie s’en trouverait sacrément modifiée.
    Essayons : pendant 15 jours, plus aucun hôtel ni sur Booking, ni sur Expédia, ni sur aucun autre OTA.
    Les clients trouveront toujours le moyen de venir (parce que contrairement à ce qu’ils prétendent les OTA n’apportent aucun client : ils ne créent aucune envie de venir sur tel site, ils ne font que détourner la clientèle de l’un vers l’autre). Et, on verra bien, si les OTA ne reviendront pas vers les hôteliers picorer les miettes...
    Quand on voit que le Président de l’UMIH a été capable de dire que les hôteliers sont "CLIENTS" de Booking.com (au lieu de se sentir FOURNISSEURS).... on a pas de mal à comprendre ce qui se passe.
    En langage familier on appelle cela "ENFUMER" !

 
 

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