Assignation Booking.com : première vague de commentaires
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On peut dire que l’assignation de Booking.com par le Ministre de l’Economie a suscité beaucoup d’intérêt de la presse, du secteur et des clients. Sur un simple plan de bon sens :
1. on ne sait pas précisément ce que contient cette assignation, pas plus que l’assignation d’Expedia par la DGCCRF en novembre 2013 hormis ce que contiennent les communiqués de presse officiels du gouvernement. Booking.com apporte un début de réponse, cf. infra
2. quelle suite y donnera la justice qui est, rappelons-le, indépendante du gouvernement
Voici un résumé de la première vague de réactions :
La réponse officielle de Booking.com
Booking.com précise que l’assignation date de février 2014 et donc de Pierre Moscovici, pas d’Arnaud Montebourg.
Booking.com précise que l’assignation ne concerne pas Booking.com spécifiquement mais un ensemble plus large d’opérateurs de la réservation en ligne.
Impossible de savoir qui dit vrai entre le Ministère et Booking.com tant qu’on a pas vu l’assignation. En tous les cas ce simple communiqué incite à tourner 7 fois sa langue dans la bouche avant de parler...
C’est moi qui ai tout fait, nananère
Quand le GNI salue la plainte d’Arnaud Montebourg, l’UMIH se félicite d’avoir été entendu et d’avoir tout fait tout seul depuis 2 ans. Euh... le SYNHORCAT a pourtant assigné Expedia et TripAdvisor en 2010 et obtenu leur condamnation en 2011. Décidément compter sur plus d’un doigt est compliqué du côté de la rue d’Anjou...
Pas convaincu ? Voici les titres des communiqués de presse :
UMIH & GNC : « L’UMIH et le GNC entendus par Arnaud Montebourg »
GNI : « 2014 28 mai CP GNI salue la plainte d’Arnaud Montebourg contre Booking »
Il serait tellement plus important et surtout plus profitable pour la profession que les syndicats parlent d’une seule voix.
Ne laissons pas filer une telle aubaine
On avait déjà vu pléthore de gens et sociétés s’approprier le problème des OTAs sans forcément en prendre un la main dans le pot de confiture, enfin jusqu’à mercredi et ce communiqué intitulé "L’action du gouvernement contre les portails de réservation en ligne
détourne l’attention du vrai problème des consommateurs abusés.« , un communiqué qui fait en fait la promotion d’un ouvrage appelé »Addi(c)tion - - le hold-up des intermédiaires en ligne« mais dont les résultats à son étude ne reflètent pas la façon dont on apprend à faire une ADDITION à l’école : voici un extrait des résultats de l’étude menée sur 615 hôtels avec 7 % + 45 % + 47 % + 12 % qui font un magnifique 111 %. Sans doute un clin d’oeil au »blouge« ou au »Tourolf« de la publicité Volkswagen avec des gens qui ne savent pas de décider entre »bleu« ou »rouge".

Cette image n’est pas un fake, juste un extrait de ce qui a été communiqué au JournalDuNet.
Ceci dit, son auteur Rémi Ohayon admet enfin ne pas être qu’un consultant en marketing (ce qu’il disait au lancement du livre ou sur BFMTV), mais plutôt le patron (officiel ou officieux) de 7 sociétés de marketing dont Les Ateliers Apicius, ADN Réputation, MyBox Factory, PaperPad... Il faut dire que le chemin a été tracé par de plus anciens que Rémi comme un certain Georges Panayotis qui, par exemple dans une table ronde sur le tourisme à l’Assemblée Nationale, parvient à résumer le problème de l’hôtellerie indépendante à un simple problème de CRM et qui en profite pour fourguer son produit miracle Olakala.
Les hôteliers eux même
On voit une multitude de commentaires fleurir sur les forums en réponse aux commentaires des clients. Il y a de l’énervement chez certains, mais il y a surtout une profonde méconnaissance de l’écosystème. Ah si nos braves syndicalistes pouvaient aider à faire passer les hôteliers, leurs adhérents et surtout contributeurs, de l’illettrisme numérique à la culture numérique... par exemple en soutenant fortement et durablement l’association ReservationEnDirect qui est en train de mettre en place, certes avec retard, ses fiches pratiques et formations à destination des hôteliers.
Enfin tous les hôteliers ne sont pas mécontents des OTAs, loin de là. Et les mécontents ne le sont souvent que sur le prix que ça coûte et le volume que pèsent ces mastodontes en général, pas forcément des méthodes.
Il suffit de lire ce que pense Sébastien Bazin : « Ils ont un rôle de mandataire, ils agissent pour notre compte et c’est nous qui fixons notre prix... Je ne veux pas qu’on rentre dans une bataille frontale. On l’a vu avec Google face à la Commission européenne : ça n’ira nulle part ! »
Le plus important pour la fin : les clients
Côté client on voit beaucoup plus de « les hôteliers n’ont pas été forcés à signer » que de « je soutiens les hôteliers ».
Par contre on y voit un soutien fort à la démarche Fairbooking qui est en plein travail de fonds afin de sortir sa prochaine version cet été, version qui à terme permettra à l’internaute de visualiser tarifs & disponibilités avant d’être redirigé vers le propre moteur de réservation de l’hôtel.
Cet engouement prouve que les choses peuvent changer pour peu qu’on apporte des solutions au lieu de se plaindre...
Conclusion
Les OTAs ont depuis quelques années réalisé des efforts en communication vis-à-vis des hôteliers mais surtout vers les clients, un terrain qu’ils maîtrisent. Les OTAs relâchent petit-à-petit la pression mise sur les hôtels en cas de distorsion de prix entre l’hôtel et les OTAs : attention pas de mansuétude quand la distorsion existe entre OTAs. Le gendarme semble enfin s’occuper du dossier. Il y a donc fort à parier que les aspérités des contrats vont s’effacer, ce n’est plus qu’une question de temps. Gommer ces aspérités ne va pas pour autant gommer leur prédominance du web alors que c’est pourtant ce que les hôteliers souhaiteraient changer.
En attendant de connaître le contenu de cette assignation, il est primordial d’écouter le client, cet élément essentiel dans la vie ou la survie des hôtels qui ne cherche en fait qu’un moyen simple, sur et crédible de réserver son hôtel. Quels mots faut-il utiliser pour que ce message simple passe et surtout soit compris par les hôteliers ?
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