L’imposture du gratuit
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A l’heure de l’Internet payant, et oui quasiment tout est payant quand on est commerçant et qu’on souhaite diffuser ses offres à ses clients, il faut être soit un peu fou soit légèrement en retard sur son temps pour croire au Père Noël et s’attendre à ce que le sauveur soit gratuit, tout particulièrement quand on parle de sociétés commerciales à but LUCRATIF.
Rendons à César ce qui lui appartient : les fondateurs de TREOVI ont fait des pieds et des mains pour qu’on parle d’eux sur TH depuis déjà un certain temps, mai 2012 pour être précis, soit 2 mois avant le « lancement » de TREOVI en juillet 2012. Entre temps, d’autres sites en ont fait l’apologie, tout fiers qu’étaient leurs auteurs d’avoir découvert ce miracle mirage . Et bien parlons-en...
Tant qu’on a pas compris que les modes d’acquisition du client depuis la création de Google il y a moins de 15 ans ont évolué, on ne peut pas se rendre compte que créer une marque commerciale en partant de zéro, sans revenus et sans dépenser un kopeck est fatalement voué à l’échec. Aujourd’hui les marques ont (re)pris le pouvoir sur Internet et les internautes vont directement sur les sites de ces grandes marques en complément de recherches classiques par des moteurs de recherche. Qui sont ces grandes marques quand on parle d’hôtel ? En voici quelques unes listées sans ordre d’importance : Tripadvisor, Booking, Trivago, Expedia... sans oublier les sites des chaînes elles même comme Accor-Hotels.com ou Marriott.com... et surtout sans oublier Google qui monte avec son bébé GoogleHotelFinder.
Aucun de ces entonnoirs de trafic ne renvoie gratuitement vers une offre ferme (prix ferme à une date donnée). Ce sont pourtant ces sites qui concentrent aujourd’hui une immense part du trafic des clients à la recherche d’un hébergement. Un hôtel bénéficie quand même d’un peu d’exposition gratuite sur les sites UGC (User Generated Content) mais tout est fait pour qu’un ogre dévore inlassablement chaque client qui passe.
Côté recherche sur les moteurs, Google a laissé s’imposer le brandjacking grâce au référencement payant qui assure sa fortune, mais surtout change de plus en plus souvent les règles de son « algorithme » quand on parle de référencement naturel. Disons plutôt que tout est fait pour pousser les gens à passer à la caisse et financer l’hégémonie du Dieu Google dont le dada est de créer l’être suprême, un hybride mécanisé dopé à l’intelligence artificielle (cf. newsletter 66). Mais au fait, nos ancêtres ont survécu malgré son absence (de Google NDLR)...
La seule alternative, bancale en l’absence de moyens financiers, serait d’avoir un vrai concept, un concept qui plait aux clients, pas aux hôteliers, car rappelons-le, ce sont les clients qui effectuent des réservations, pas les hôteliers. Le client se fout royalement de savoir s’il y a ou non une commission, c’est le prix final qui l’intéresse. Rien du côté « concept » non plus...
Côté réseaux sociaux, avec 223 fans glanés en un an sur Facebook et 287 abonnés sur Twitter, ce n’est pas de ce côté qu’on peut espérer des ventes.
Soutenir dans ces conditions être un OTA gratuit est soit une erreur d’appréciation, soit une grave erreur d’appréciation... Même si les fondateurs de TREOVI certifient qu’ils auront bientôt un modèle économique sans pour autant perturber cette gratuité d’affichage, il est plus qu’évident que le payant va faire irruption pour un affichage en tête de liste, pour un contenu plus attractif, pour pouvoir être trouvé sur les comparateurs et surtout enregistrer des réservations, car c’est quand même le but recherché :).
Le comble de la mise en scène est l’absence d’hôtels sur la plateforme. Le siège de TREOVI étant basé à Genève en Suisse, on pourrait espérer trouver des résultats à une requête de disponibilité à Genève plus d’un an après le lancement du service. Voyez le résultat :
Rien que 98 hôtels sur Booking
Et seulement 4 hôtels sur TREOVI.com, dont aucun n’a de disponibilité et dont seulement 2 sont cliquables
Les requêtes sur d’autres dates et/ou d’autres villes donnent d’aussi piètres résultats.
Au final, est-ce celui qui a fait rêver ou celui qui a rêvé le plus à plaindre d’y avoir cru ? Si les hôteliers n’avaient pour seul investissement qu’un ordinateur, sans doute que oui... Dans le monde réel, les hôteliers ont de plus en plus d’investissements à réaliser pendant que les marges sont rognées par l’agressivité gargantuesque des gentils monstres NASDAQuiens. Le temps des rêves est terminé et a cédé la place à celui de l’action !
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