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mercredi 26 juillet 2017

Le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française estime que 4000 hôtels classés devraient disparaître d’ici 3 ans

 

Le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française, confirmé par le réseau des CCI, estime que près de 4.000 hôtels classés devraient disparaître d’ici 3 ans, soit davantage que durant ces 15 dernières années… Leurs difficultés économiques (pour les plus petits hôtels), associées aux nécessaires besoins d’adaptation aux normes de sécurité (échéance 2011) et à l’accessibilité des personnes handicapées (échéance 2015), vont accélérer la disparition de ces hôtels. Déjà près de 56 % des hôteliers indépendants souhaitent vendre leur affaire, selon un sondage de Coach Omnium.

Cette situation de fermetures massives d’hôtels dénoncée par le Comité, n’alarme pourtant ni les pouvoirs publics, ni les organisations professionnelles.

En 2010, le volume du parc hôtelier français classé (distingué par des étoiles) ne cesse de s’alléger en nombre d’hôtels à l’instar de ce qui se passe depuis ces dernières années, pour parvenir à un volume tournant autour de 17.000 hôtels — soit moins de 600.000 chambres disponibles — contre 20.400 en 1991. Il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre d’hôtels non classés, que l’on estime selon les sources à un volume se situant autour de 9.000 établissements… Évolution du nombre d'hôtels classés en France depuis 1995

En 15 années, l’offre hôtelière classée s’est peu à peu dégarnie en nombre d’hôtels, perdant environ 16 % d’adresses, soit une soustraction de près de 3.200 unités.

Dans ce même laps de temps, le parc hôtelier français s’est de plus en plus rehaussé en niveaux de gammes. L’hôtellerie économique — du 0 au 2 étoiles — est passée de 81 % du parc total en 1995 (soit 16.314 hôtels) à 72 % en 2010 (soit 12.199 hôtels), diminuant au passage de 4.115 hôtels. L’offre hôtelière de moyen et de haut de gamme s’est au contraire accrue de plus de 941 hôtels.

Si l’hôtellerie 0 à 2 étoiles a perdu le plus grand nombre d’hôtels, il s’agit essentiellement d’établissements indépendants. Les chaînes hôtelières intégrées dans cette gamme dite économique ont au contraire gonflé leurs effectifs sur ce laps de temps de plus de 25 %, passant ainsi à 2.251 hôtels en 2010. u La réduction du nombre d’hôtels, avec une concentration de la perte sur les gammes économiques s’explique globalement par :
- Des liquidations judiciaires, notamment dans les petites structures indépendantes à bas prix par manque de rentabilisation, d’investissements et d’attrait par la clientèle ; cela concerne aussi les hôtels en milieu rural et très saisonniers.
- Des cessations d’activité par des exploitants prenant leur retraite, sans reprise de leur établissement.
- Une insuffisance ou une détérioration de la demande locale, surtout sur le créneau des voyageurs à motif professionnel (un hôtel doit idéalement pouvoir travailler sur la clientèle de loisirs et d’affaires).
- Des hôtels en bord de mer transformés en logements, phénomène favorisé par la "Loi Littoral" interdisant les constructions neuves.
- Un transfert d’hôtels classés vers l’hôtellerie non classée soit par demande volontaire de déclassement, soit par non conformité avec les normes de 1986 en vigueur. A noter qu’en 2010, 310 hôtels de chaînes intégrées, essentiellement dans les catégories super—‐économiques, sont sans classement, alors qu’ils offrent des produits conformes aux normes hôtelières. La raison tient généralement à la possibilité d’échapper à la taxe de séjours lorsque l’hôtel n’est pas classé.
- Un redéploiement dans les centre villes où le foncier et les prix de revient plus chers justifient la création d’hôtels plus haut de gamme. La clientèle étrangère recherche également des hôtels 3 et 4 étoiles en centre ville et stimule ainsi la création de ces établissements.
- La recherche d’une meilleure rentabilité.

La montée en gamme (disparitions d’hôtels économiques) correspond mécaniquement à une montée en prix, tandis que 47 % de la clientèle hôtelière estime déjà que les hôtels français sont trop chers (source Coach Omnium). La France dispose d’une offre hôtelière large, avec une grande diversité et des propositions de prestations pour en principe tous les goûts et presque tous les prix (de 25 € à 500 € et parfois bien plus par chambre/nuit) : des auberges, des palaces, des hôtels "design", des boutique—‐hotels, des hôtels de chaînes, des hôtels de charme, des hotels—‐châteaux, etc.
- L’hôtellerie indépendante est très majoritaire (83 % des hôtels classés, soit 13.955 unités), avec une grande quantité d’établissements de type familial, donc généralement de petite capacité. Mais, comme dans la plupart des pays d’Europe, la taille moyenne des hôtels français est trop réduite. Si bien sûr la clientèle touristique aime les petits hôtels de charme pour ses week‐ends, cette situation pose à la profession un problème économique de plus en plus imposant de rentabilité. Ainsi, les hôtels classés français proposent 35,1 chambres en moyenne (contre 29,6 en 1995) ; mais il faut distinguer les chaînes intégrées — aux hôtels plus grands (en moyenne 80,4 chambres/unité en France) — des indépendants, avec des établissements faiblement calibrés, d’en moyenne 25,3 chambres. Plus on se tourne vers le milieu rural, plus les hôtels sont de petite capacité (18 chambres en moyenne chez Logis, par exemple). Or, on sait qu’en dessous de 40 à 45 chambres environ (et 60 en hôtellerie super—‐économique), il est difficile de s’y retrouver dans ses comptes.
- Bien entendu, la rentabilité d’une affaire hôtelière lui permet de durer, de réinvestir, de soutenir la qualité de ses équipements et de son confort et par conséquent, de favoriser la satisfaction du consommateur. Cette petite taille de notre hôtellerie et la faible rentabilité des unités modestes a conduit l’offre hôtelière à accuser un sérieux retard de modernité et à offrir une prestation inadaptée aux attentes de la clientèle. Près de 1/4 de nos hôtels français classés sont vieillots, voire vétustes (ou même insalubres) et 1/3 sont à bout de souffle dans leur produit, selon le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française. Le retard de modernité de l’offre hôtelière dénoncé par la clientèle hôtelière (en la comparant avec l’évolution de l’habitat, le design automobile et l’immobilier de bureau) n’est pas seulement du fait des hôteliers eux—‐mêmes. La profession est handicapée par un grand nombre de phénomènes extérieurs ou d’influences exogènes, qu’elle subit de plein fouet. Ainsi, les changements dans les habitudes de consommer et les modes de vie, les fluctuations imprévisibles du tourisme, la mise en place de la RTT dans les entreprises, la chasse aux notes de frais, les dysfonctionnements dans la concurrence, l’accès compliqué aux crédits, les conditions d’exercice et les importants prélèvements fiscaux et sociaux obligatoires,… pèsent considérablement sur les possibilités de rentabiliser son affaire hôtelière. Il faut ajouter à cette liste non exhaustive les difficultés de recrutement du personnel, l’insuffisance de fonds propres, une hausse massive des coûts de créations hôtelières, une carence dans l’innovation hôtelière et dans la prise en compte de la demande, …histoire de finir de noircir le tableau.

Il est certain qu’une meilleure professionnalisation de l’hôtellerie est en train de s’opérer, avec un avenir réservé uniquement aux plus solides, aux plus grandes entreprises et aux hôteliers qui parviennent à s’adapter aux attentes des clientèles. Si les chaînes intégrées ont du succès (54 % de parts de marché), il y a encore beaucoup de place pour des hôteliers indépendants imaginatifs, volontaires et entreprenants.

Le nouveau classement hôtelier intervenu officiellement fin 2009 ne permettra pas à l’hôtellerie française de se moderniser et de s’ajuster aux attentes des clientèles touristiques, tant ses critères sont minimalistes et inadaptés aux attentes des clientèles hôtelières françaises et étrangères (voir les manifestes du Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française & nos études sur les clientèles hôtelières). Avec sa procédure administrative décourageante et son coût pour les hôteliers, il n’aura pour conséquence que d’augmenter le nombre d’hôtels non classés (et donc de réduire le nombre d’hôtels classés). Hélas, les unités nouvellement classées ne seront pas nécessairement de bons hôtels. De la même façon, les établissements hôteliers non étoilés ne seront pas obligatoirement de mauvais prestataires aux yeux de la clientèle hôtelière.

Si le classement hôtelier ne peut en rien favoriser la modernisation des hôtels, les nombreux établissements français vétustes, voire insalubres, aujourd’hui étoilés selon les normes de 1986, que l’on trouve surtout dans les grandes villes, ne devraient pas passer le cap de la mise aux normes de sécurité (2011). Non satisfaites, ces normes vont en obliger beaucoup à fermer, ne pouvant plus recevoir administrativement du public ; sauf s’ils entament des travaux idoines, ce que beaucoup ne feront pas.

Voir le « Livre Blanc de la Modernisation Hôtelière » du Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française et sa grande « Etude inédite sur les attentes des clientèles hôtelières ». Ils sont téléchargeables gratuitement sur le site : www.comitemodernisation.org. Le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française est une force de propositions et de progrès, libre et indépendante agissant dans l’intérêt du tourisme français, de l’hôtellerie française et de ses clientèles.

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