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mardi 24 avril 2018

Communiqué : Affaire Maranatha - Où finiront les économies des petits porteurs ?

 
 

Maranatha était, il y a encore quelques semaines, un fleuron du secteur hôtelier mondial. Ce groupe avait acquis en 18 ans quelque soixante hôtels prestigieux, à Paris, dans les plus belles stations alpines et en PACA.

Le modèle économique était salué comme innovant, élégant et vertueux ; il générait de l’emploi local, stable et bien rémunéré pour plus de deux mille salariés, et contribuait a la prospérité de centaines de petits investisseurs, souvent des retraités désireux d’améliorer leur ordinaire.

En 2015, Maranatha joue gros en achetant d’un coup cinq palaces parisiens et un a Nice, les fameux Hôtels du Roy. C’est cher, mais Paris et Nice sont des villes en or massif pour l’hôtellerie de luxe, et le placement est prometteur.

Maranatha en chiffres
60 hôtels
123 M€ de CA

Très cher partner
Maranatha doit trouver des liquidités pour compléter temporairement les dép6ts des petits porteurs ; son gérant fait appel a Cale Street Partners, un fonds d’investissement koweitien installé a Londres.

Les koweitiens avancent, sous forme d’obligations, 275 millions d’euros. Taux d’intérêt : 9,5%. Durée du contrat : douze mois. Une durée suffisante pour refinancer la dette, le gérant en est sûr.

Crise de liquidités
Pourtant, tout ne se passera pas comme prévu : en 2015, les attentats frappent la France et détournent les touristes fortunés. Au terme des douze mois, Maranatha n’est pas encore en mesure de rembourser le principal ; un avenant prolonge alors la durée du prêt pour deux ans, a un taux renégocié de G%. Une bonne opération pour le fonds koweitien, qui aura engrangé en trois ans 45 millions d’euros d’intérêts. Normal d’être extrêmement bien rémunéré quand on prend des risques...

Mais en fait de risques, le fonds en a-t-il pris ? Une clause le met en effet en position ultra-prioritaire en cas de défaut du débiteur, et sa garantie porte sur les hôtels du groupe. Ainsi, quand, en septembre dernier, Maranatha est placé en redressement judiciaire, Cale Street Partners réclame l’exécution du contrat. Un référé vient de lui donner gain de cause, et le fonds exige donc le remboursement intégral de la créance, qui représente - principal et intérêts - plus de 90% de la valeur totale de tous les hôtels du groupe, et donc 90% des placements des investisseurs !

Dura lex sed lex ?
Pour l’instant, la procédure bloque le paiement des dividendes, mais le fonds ne lâche pas l’affaire.

Il a l’intention de ramasser ses intérêts jusqu’au dernier euro. Il devra pour cela faire les poches des actionnaires, gros et petits. Il mettra sur la paille des citoyens fiançais qui ont cru qu’on pouvait investir dans l’économie française sans risquer sa chemise ni obérer le confort de ses vieux jours. Alors qu’Emmanuel Macron veut réorienter l’épargne des Français vers l’économie, ces investisseurs ont fait le job avant l’heure, et se voient floués par un groupe koweitien. Un exemple qui pourrait bien refroidir les ardeurs de ceux qui étaient prêts a sauter le pas, et à lâcher l’assurance-vie au profit d’investissements dans l’économie réelle directement auprès de PME.

Le cas Maranatha, en condensé
Des montages financiers complexes mais apparemment conformes a la réglementation, des rendements confortables, des perspectives réjouissantes, une croissance forte et rapide une vague d’attentats qui éloigne les touristes, des actionnaires inquiets qui souhaitent récupérer leur mise, une crise de liquidité combinée a des engagements financiers risqués : les ingrédients d’un bon plan qui tourne au cauchemar pour des milliers d’investisseurs, dont beaucoup de porteurs modestes.

Un dispositif conforme à la Loi pour l’initiative Économique (dispositif Dutreil)
Un assis sur de l’immobilier solide ; des investissements réalisés dans l’économie réelle, locale et non délocalisable.

Pour quelques euros de plus
Tour est-il joué ? Juridiquement, le fonds koweitien est certain d’avoir toutes les cartes en main. Toutefois, même en cas de succès judiciaire, encore très incertain, cette affaire pourrait, paradoxalement, se retourner contre lui. En effet, il manifeste de grandes ambitions d’investissement et affiche un solide appétit pour les biens européens. Si l’affaire Maranatha, qui est sa première opération en France, devait se solder par une déroute des actionnaires historiques et un dépouillement de fait, il n’est pas sür que le fonds serait encore reçu à bras ouverts partout où il se présentera.

L’argent doit-il toujours inexorablement retourner à l’argent ?
L’affaire Maranatha pose la question de l’actionnariat populaire, et des chances d’investir avec succès quand on ne dispose que de moyens modestes. Face au rouleau compresseur des fonds d’investissement dont l’équité constitue rarement la ligne directrice, les petits porteurs conserveront-ils encore longtemps une possibilité raisonnable d’en sortir gagnants ?

Quels partners pour demain ?
Alors, au vu des bénéfices et des risques, le fonds koweitien décidera-t-il de faire les poches des petits porteurs de Maranatha ou préférera-t-il temporiser, considérer que ses gains dans ce dossier sont déjà colossaux, et qu’il serait dommage d’obérer un avenir florissant en Europe pour quelques millions supplémentaires ? Le profit immédiat ou une image respectable ? À son époque, Henry Ford avait tranché : « Vous pouvez brûler mes usines, mais ne touchez pas à mon image ! » Aujourd’hui, le monde de la finance se soucie-t-il de l’image de ses investisseurs ?

Quels partenaires voulons-nous ? Les Français sont-ils prêts a accueillir un business de la prédation ?
La réputation et l’honorabilité sont-elles encore requises pour approcher, convoiter voire détenir les bijoux de famille de nos vieilles nations européennes ?
Il est plus que temps de se poser les questions qui fâchent. À défaut, nous finirons tous comme les petits porteurs de Maranatha, avec juste nos yeux pour pleurer. L’affaire Maranatha n’est pas close, et son onde de choc délétère pourrait se propager bien au-delà du secteur d’où elle est partie. Affaire a suivre ...

La mariée est toujours belle
En dépit de son placement en redressement judiciaire, Maranatha reste une entreprise très séduisante, et les investisseurs se bousculent pour déposer leurs offres au liquidateur. Mais quelle portion congrue reviendra-t-il aux petits actionnaires quand le fonds prioritaire aura fait valoir tous ses droits ?

Communiqué émis par l’Adefima, Central Canebière, ro rue de la République, 13001 Marseille. Cette association de défense des porteurs de parts de Maranatha représente plus de 2000 investisseurs.
 
 
 
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