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dimanche 24 juin 2018

Communiqué : Lettre ouverte aux citoyens 3.0 : Les quatre mystifications des plateformes dites « collaboratives »

 
 

Cessons d’être dupes des mystifications que veulent nous faire avaler des majors d’une économie qui n’a rien de collaborative. Les discours altruistes et « cool » véhiculés par Airbnb, Abritel et autres WizEat, masquent en réalité d’énormes intérêts financiers qui dévorent nos entreprises et nos emplois. Particuliers, consommateurs et élus sont les victimes d’une véritable manipulation qui surfe sur les intentions généreuses et redistributrices d’une économie qui profiterait à tous, alors que seuls quelques financiers et des multipropriétaires immobiliers en bénéficient. Ce qui s’opère sous des yeux aveuglés, c’est un hold-up silencieux où, au lieu de dire « haut les mains ! », on vous fait les poches en vous chantant une berceuse. Comme l’a souligné le rapport du député Pascal Terrasse, rien n’est plus éloigné de l’économie de partage authentique consistant à mutualiser des frais que le business pseudo-collaboratif organisé par des géants américains dont la capitalisation boursière est le moteur.

Ce hold-up est insupportable, aussi insupportable que les mystifications édifiées par ces vautours aux ailes d’anges. Il est temps de mettre à jour les mystifications sur lesquelles s’appuient ces géants et qui gangrènent le tourisme français et menacent ses deux millions d’emplois.

Première mystification : un collaboratif « jeune et moderne » qui s’opposerait à la ringardise de l’économie de l’hôtellerie-restauration. Il y aurait ainsi d’un côté une économie « cool », sur smartphone, qui prétendrait faire gagner de l’argent aux uns et en économiser à d’autres. Et de l’autre, des hôteliers-restaurateur « pas cool », qui refuseraient de s’adapter aux mutations de l’économie et de la société. Permettez ! Nos entreprises ont été les premières connectées et traversées par les révolutions numériques ; elles investissent massivement dans le champ digital et dans l’innovation. Par ricochet, elles contribuent à l’éclosion d’un écosystème de start-ups du tourisme. Quotidiennement, elles investissent sur l’acquisition de mots-clés sur les moteurs de recherche, vendent près d’une chambre sur deux par internet, font vivre des programmes de fidélité... Elles entendent faire du data un levier de croissance. Nos entreprises n’ont pas attendu les plateformes pseudo-collaboratives pour conclure des partenariats avec des acteurs du vrai collaboratif quand elles y décèlent les avantages qui profitent à leurs clients.

Deuxième mystification : des activités créatrices d’emplois alors qu’elles en sont en réalité un vecteur de fragilisation sans précédent. En exerçant des activités similaires à celles de l’hôtellerie mais sans les contraintes fiscales, sociales et réglementaires auxquelles les professionnels sont tenus, le jeu de la concurrence est faussée. Cela cannibalise nos entreprises hôtelières et l’emploi de leurs 170.000 salariés. Et en échange ? Combien d’employés à Airbnb en France ? 28. Où sont les créations d’emplois ?

C’est l’économie du « partage de la précarité » ; c’est un plan social que l’on vous annonce sur l’air (bnb ?) d’une chanson prônant l’amour du partage. Ou va être le gain de pouvoir d’achat ? Quel modèle social souhaitons-nous pour demain ?

Troisième mystification : un complément de revenus pour les hébergeurs et une bonne affaire pour les voyageurs. A Paris, 74% du chiffre d’affaires d’Airbnb est généré par des multipropriétaires qui représentent… le tiers des offres ! Donc peu de particuliers parviennent à compléter leurs revenus avec le produit de la location de leur appartement. En revanche, des investisseurs mettent en location à la nuitée leur patrimoine immobilier en se dissimulant souvent sous des avatars, et sont les gagnants du système. Ici, la promesse d’un séjour « à la maison » se transforme en une immersion dans un lieu sans caractère ! Ces types de biens, principalement dans le centre de Paris, génèrent des revenus supérieurs à 1.500 euros par mois. Un vrai business pour ces industriels de « l’hôtellerie masquée », tandis que les appartements des quartiers populaires et moins touristiques de Paris sont très rarement loués en dépit d’une offre abondante. Voilà la réalité des belles promesses d’un revenu d’appoint pour l’habitant ! Un cercle non-vertueux se met en place pour ces mêmes habitants qui voient des quartiers devenir inaccessibles à la location en résidence principale du fait d’une raréfaction d’offres de baux d’habitation ! Dans certaines zones du centre de Paris, il y a ainsi plus de locataires « collaboratifs » chaque mois que de résidents.

Quatrième mystification : la contribution du pseudo-collaboratif à la croissance du tourisme français. Quand les plateformes pseudo-collaboratives affirment pouvoir offrir les hébergements permettant à la France d’accueillir demain 100 millions de touristes, c’est une hypocrisie de plus. Tout simplement parce que ce n’est pas une carence d’hébergements qui freine la croissance de notre tourisme. Mais plutôt le manque d’infrastructures et de promotion de nos destinations. Quel voyageur choisit un mode d’hébergement sans connaître la destination ? Ce n’est pas avec des hébergements supplémentaires que nous accueillerons plus de touristes à Uzerche, perle du Limousin ! Mais en faisant connaître les régions et en améliorant les dessertes. Nos élus ne doivent pas se laisser tromper et endormir par ces fausses idées qui vont conduire à la destruction des entreprises hôtelières sur leurs territoires. Ne lâchons pas la proie d’une économie réelle pour l’ombre !

CITOYENS 3.0, soyez alertés de l’hypocrisie du discours. A défaut du partage promis, les plateformes pseudo-collaboratives créent des effets pervers qui gangrènent le tourisme français. Etre moderne, c’est respecter la concurrence et le consommateur !

Roland Héguy
Président confédéral UMIH

A propos
L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) avec ses syndicats associés, GNC (Groupement national des chaînes), SNRPO (Syndicat national de la restauration publique organisée), SNEG & Co (Syndicat National des entreprises gaies), SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale, la CPIH (Confédération des professionnels indépendants de l’hôtellerie) et la Chambre Syndical des Cabarets et discothèques (CSCAD),est l’organisation professionnelle leader du secteur et porte-parole des CHRD (cafés, hôtels, restaurants, discothèques). Créée en 1949, la confédération représente, défend et promeut les professionnels indépendants cafetiers, restaurateurs, hôteliers, ainsi que les acteurs du monde de la nuit. L’UMIH est présente et active sur tout le territoire avec plus de 2 000 élus et 300 collaborateurs répartis en plus de 100 fédérations départementales (outre-mer inclus).

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    Les commentaires


    Bonjour, je suis surpris de voir à quel point celui qui a rédigé l’article est déconnecté de la réalité...
    Tout d’abord je pense que la fin des monopole des grandes entreprises (dans ce cas les grandes chaines hôtelières) est une bonne chose, c’est fini le temps ou les grands industriels se gavent sans que personne ne puisse rien y faire. Si ces solutions collaboratives marchent autant, c’est pour une bonne raison, les voyageurs ont envie de changement, de partir plus souvent, de rendre le voyage plus accessible, et les hôtels classiques ne répondent pas à cette demande, les prix sont trop élevés,pourquoi payer 150€ la nuit pour une chambre à l’hotel alors que je peux trouver un logement entier sur Airbnb en plein centre ville pour 50€ ?
    Vous dites que Airbnb ne crée pas d’emploi, vous vous trompez complètement, il en crée des millions justement, pensez à tous les inactifs, chômeurs, jeunes actifs qui ne trouvent pas de travail, les plateformes collaboratives offrent justement une chance à tous ces gens là en leurs apportant un revenu non négligeable, je suis particulier et vis grâce à Airbnb depuis plus 2 ans pourtant je ne suis pas multipropriétaire, ces sites donnent leurs chances à ceux qui veulent travailler !
    Donc arrêtez svp avec vos démarches réfractaires et remettez vous en question sur ce qui fait fuir vos clients...

    Franchement, je ne sais pas ce que l’UMIH fait là et ce qu’on fume dans ses locaux.

    Si le syndicat hôtelier cherche à prendre le public à témoin, c’est raté d’avance. C’est la dernière des choses à faire : vouloir le responsabiliser, faire appel à son sens citoyen (ça existe chez les consommateurs, ça ?), tenter de lui tirer une larme de l’œil, le culpabiliser... Peu productif et clairement de nature à faire fuir les gens !

    Les clients des "plateformes collaboratives" y trouvent pleinement de quoi être satisfaits. Ils se fichent des problèmes des hôteliers et des autres. Et c’est normal.

    Quant à avancer "Nos entreprises ont été les premières connectées et traversées par les révolutions numériques", il faudrait savoir d’où vient cette douce invention. Pourquoi alors les AirBnB et compagnie ont-il pris une telle avance en si peu de temps et les hôteliers autant de retard, au point d’être si désespérés et perdus ?

    Bref, je ne comprends pas ce communiqué qui ressemble au dernier gloups du Titanic. C’est crétin, c’est nul, c’est inutile et c’est la lose. La stratégie, cela s’apprend et il y a des professionnels pour ça.

    Même si je ne suis pas adhérent à l’UMIH, je souhaite féliciter M. Héguy. Quant aux commentaires, je les trouve scandaleux.
    En tant qu’hôtelier, je vois disparaître chaque année des confrères, des cafés des restaurants et des milliers d’emplois avec. Le progrès ne signifie pas "tuer le voisin" mais travailler pour le bien de la communauté. Je ne vois pas en quoi louer son bien crée des emplois. J’ai 3 chambres disponibles dans ma maison et 30 chambres dans mon hôtel. Je pourrais louer ces 3 chambres via le net sans aucun investissement et "arrondir" mes fins de mois et sans personnel. Dans mon hôtel, je dois baisser mes prix (px moyen 71€ ; je suis en Province ; Paris n’est pas le centre du monde) pour X raisons et dans le même temps, on augmente ma TVA et pour être aux normes, j’ai du investir 450 K€ ; J’emplois 7 personnes. où est la ringardise que vous dénoncez ? Elle est chez nos gouvernants qui, par démagogie, laisse faire. Six millions de chômeurs ce n’est pas suffisant, j’en prédis 10 millions dans 10 ans.
    En 1998, un député socialiste m’a dit que mon métier (industriel) n’intéressait pas l’Europe (je demandais un prêt de 15 millions de Francs.. si vous avez connu). Ce métier a maintenant quasi disparu en France et les plus de 150000 emplois avec. A l’époque, il n’y avait "que" 3 millions de chômeurs ; cherchez l’erreur. C’est avec des raisonnements comme le vôtre que l’on assassine une société. Pêcheurs, Agriculteurs, Industriels, Hôteliers , tous des ringards ? Non des travailleurs qui aiment leur métier.
    Et le pays est en train de les tuer au profit d’une infime minorité. Bravo Messieurs pour votre vision de l’avenir digne du roman ’le Meilleur des Mondes" du génial Aldous HUXLEY.

 
 

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