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samedi 23 juin 2018

Communiqué : D’une économie collaborative COOL……à une industrialisation rampante PAS COOL

 
 

L’UMIH et ses syndicats associés ont présenté un document intitulé « Short renting[1] : D’une économie collaborative COOL à une industrialisation rampante PAS COOL ». S’appuyant sur les déclarations des plateformes et sur le site insideairbnb, le document montre l’industrialisation rampante du phénomène, bien loin de l’image « Bienvenue à la maison » véhiculée par ces plateformes.

« A Paris, mais également partout en France, pour l’hôtellerie aujourd’hui, et demain pour la restauration, sous couvert d’une économie collaborative qui se veut cool, nous sommes face à une industrialisation rampante pas cool, qui échappe à tout contrôle, à la réglementation juridique, sociale et fiscale en vigueur, au détriment du consommateur. On ne peut pas d’un côté tout demander à l’entreprise, création d’emplois, investissements, et de l’autre côté, laisser se développer des activités sans contrôle ni réglementation. » a déclaré Roland HEGUY, Président confédéral de l’UMIH.

Plusieurs constats ressortent de ce document :

  • Le développement incontrôlé de l’offre à Paris et sur tout le territoire français : 35 428 offres sur Paris pour le seul site airbnb ; soit 5 fois plus qu’à San Francisco, pourtant ville-mère de la start-up américaine, 3 fois plus qu’à Barcelone, 2 fois plus qu’à New-York.
  • Un déséquilibre flagrant en termes de charges, de normes, entre les acteurs de l’économie réelle (ici les hôteliers) et des pseudos-particuliers qui pratiquent illégalement de véritables activités professionnelles //hôtelières ??? :
    • Une fois retirées les charges financières, les coûts d’exploitation, les salaires et charges sociales, les taxes locales, il reste à l’hôtelier entre 5 et 10% de résultat net avant impôts. A l’inverse, pour la location meublée, en dehors des frais de fonctionnement, et de la taxe de séjour (uniquement à Paris !), il reste au propriétaire un résultat net avant impôts (lorsque ceux-ci sont déclarés)[2] entre 60 et 70% du prix…
    • L’hôtellerie parisienne, qui génère un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros emploie 38 569 salariés. A l’inverse, la plateforme airbnb, dont le revenu généré s’élève à 383 millions d’euros[3], emploie 28 salariés…
    • Les nombreuses obligations réglementaires et législatives en vigueur dans l’hôtellerie (sécurité, accessibilité, normes sanitaires…) assurent la protection du consommateur… sans que celui-ci n’en ait pleinement conscience. A l’inverse, le short-renting n’est pas soumis à ces obligations…
  • De nouveaux profils de moins en moins vertueux apparaissent :
    • De plus en plus de multipropriétaires : 20% des annonces sont portées par des multipropriétaires et représentent 1/3 du chiffre d‘affaires généré par airbnb
    • 35% des offres airbnb sont disponibles plus de 120 jours par an, c’est-à-dire des résidences autres que la résidence principale du loueur. Ces offres génèrent 74% du chiffre d’affaires airbnb.

Face à ces chiffres, Jacques BARRE, Président du GNC, a rappelé la nécessité « d’imposer la transparence sur les loueurs / hébergeurs et d’établir l’équité entre tous les acteurs ; car l’expansion incontrôlée du phénomène à Paris et en France pousse vers une industrialisation rampante qui déstabilise l’économie réelle » tout en précisant « que la profession ne s’oppose pas à l’économie collaborative mais dénonce les dérives, à savoir son industrialisation. »

« Qu’est-ce qui différencie ces offres d’un hôtel ?Pas grand-chose dans les faits. Pourtant aucune obligation réglementaire et législative pour assurer la protection du consommateur ne leur incombe. A l’instar d’autres pays touristiques, il est temps d’agir et d’encadrer ces pratiques pour imposer la transparence, empêcher les dérives que l’on constate, et restaurer l’équité entre tous les acteurs. » dénonce Laurent DUC, Président de la branche Hôtellerie de l’UMIH.

Les propositions de la profession
Les plateformes de mise en relation entre particuliers sont désormais des acteurs à part entière de l’économie. A ce titre, il est impératif qu’elles respectent un principe de loyauté que ce soit par une meilleure information du consommateur ou par le respect d’une concurrence saine et loyale envers les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration.

L’UMIH propose, notamment :

  • Fixation d’une durée minimale de location de 7 jours, comme c’est le cas dans de nombreux pays touristiques, avec des villes comme New-York, Barcelone, Berlin.
  • Durée maximale de location de 52 jours par an, ou en cas d’excès de cette durée, une présence obligatoire de l’ « hôte » sur place. Cette durée permettrait d’endiguer le phénomène des loueurs qui détournent la réglementation des meublés de courte durée pour en faire une véritable activité hôtelière déguisée.
  • Obligation pour le loueur de s’enregistrer, y compris, pour une résidence principale, auprès des autorités. Cette déclaration systématique est la seule qui garantit l’identité du loueur.
  • Obligation pour les plateformes de vérifier que l’annonceur remplit ses obligations légales, et notamment publier, de manière visible et lisible sur l’annonce, le numéro d’enregistrement soit du meublé de tourisme que la mairie devrait délivrer, soit du loueur de sa résidence principale.
  • Indication par les plateformes de la qualité de l’annonceur, du nombre d’annonces dont il est l’auteur.
  • Obligation pour les plateformes en ligne de déclarer auprès de l’Autorité Administrative les revenus générés par la vente de biens et la fourniture de services sur le territoire national, y compris pour les personnes domiciliées à l’étranger. Cette obligation doit s’appliquer aux entreprises non domiciliées en France. A défaut, nous demandons à l’Etat d’inviter ces acteurs à s’y engager.
Short renting : D’une économie collaborative COOL à une industrialisation rampante PAS COOL

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