lundi 14 septembre 2026

Sondage souffrance au travail : le rapport parlementaire enterré le 8 juillet que 2 Français sur 3 jugent problématique

 

Soigner les gens ou soigner le travail ?

84 % des salariés et 83 % des dirigeants veulent agir sur l’organisation du travail, au moins autant que sur les personnes.

La souffrance au travail s’arrête-t-elle à la fiche de paie ? 49 % des dirigeants préféreraient cacher qu’ils craquent.

Rapport parlementaire du 8 juillet 2026 sur la souffrance au travail : 1 salarié sur 3 découvre son enterrement cet été… et 59 % jugent cette décision problématique

À force de traiter le stress, l’anxiété ou l’épuisement comme des fragilités individuelles, ne passe-t-on pas à côté de ce qui, dans l’organisation même du travail, abîme les salariés… mais aussi ceux qui les dirigent ? Et surtout, la souffrance au travail s’arrête-t-elle à la fiche de paie ? Pourquoi un salarié épuisé et un dirigeant qui craque ne bénéficient-ils pas des mêmes protections, alors qu’ils peuvent être confrontés aux mêmes mécanismes de surcharge, d’isolement et de pression ?

Le cabinet Santé du Dirigeant a interrogé 2 801 salarié·es et 1 115 dirigeant·es (DRH, représentants du personnel, indépendants et dirigeants) pour confronter leurs perceptions du burn-out, des réponses apportées par les entreprises et des solutions à mettre en œuvre. L’enquête révèle un décalage saisissant entre les deux populations, mais aussi une conviction largement partagée : prévenir durablement l’épuisement suppose de ne plus seulement aider les individus à tenir, mais de questionner aussi la charge, l’organisation, le management et les moyens de travail. Une problématique au cœur du nouveau livre de Noémie Guerrin, Santé mentale au travail : il est temps de passer à l’action !

Depuis des années, on demande aux personnes de mieux gérer leur stress, de devenir plus résilientes, de méditer ou d’apprendre à tenir davantage. Mais si l’organisation du travail reste pathogène, jusqu’où peut-on demander aux individus de s’adapter ? C’est toute la question : faut-il soigner les gens ou soigner le travail ? Et cette interrogation ne concerne pas seulement les salariés, car la souffrance au travail ne s’arrête pas à la fiche de paie. Un dirigeant peut lui aussi s’épuiser, s’isoler et craquer, parfois avec encore moins de possibilités de l’avouer ou de s’arrêter. Nous devons sortir d’une vision où la santé mentale serait uniquement une affaire individuelle pour agir aussi sur ce qui, dans le travail lui-même, produit de la souffrance. - Noémie Guerrin — autrice et fondatrice du cabinet Santé du Dirigeant

Burn-out : la grande illusion française

Près de 6 salariés sur 10 (62 %) croient à tort que le burn-out est une maladie professionnelle reconnue, un quart d’entre eux le pensant même inscrit dans un tableau officiel. Mais c’est faux ! En France, il n’y figure nulle part et n’est indemnisé qu’au compte-gouttes, au terme d’un véritable parcours du combattant. Les dirigeants sont mieux informés que leurs équipes puisque 39 % savent qu’il n’est pas reconnu, contre à peine 23 % des salariés.

À votre connaissance, le burn-out est-il aujourd’hui reconnu en France comme une maladie professionnelle, au même titre que les maladies liées à l’amiante ou aux gestes répétitifs ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Oui, c’est une maladie professionnelle reconnue, inscrite dans un tableau officiel 25 % 17 %
Oui, il me semble que c’est reconnu, mais je n’en suis pas certain(e) 37 % 32 %
Non, ce n’est pas reconnu comme maladie professionnelle 23 % 39 %
Je ne sais pas 15 % 12 %

Les Français plébiscitent la reconnaissance du burn-out

Le constat est clair : 87 % des salariés veulent que le burn-out soit reconnu comme maladie professionnelle. Dans le détail, près de la moitié (46 %) exigent même son inscription pure et simple dans les tableaux officiels. Côté dirigeants, l’adhésion existe mais s’accompagne d’une nette méfiance : ils sont cinq fois plus nombreux que les salariés à craindre une augmentation d’abus et de fraude (15 % contre 3 %), et moins nombreux à réclamer une reconnaissance pleine et entière.

Selon vous, le burn-out lié au travail devrait-il être reconnu comme une maladie professionnelle, ouvrant droit à une indemnisation comme les maladies liées à l’amiante ou aux gestes répétitifs ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Oui, pleinement : il devrait figurer dans les tableaux officiels au même titre que les autres maladies professionnelles 46 % 27 %
Oui, mais seulement lorsque le lien avec le travail est clairement établi 41 % 49 %
Non : cela relève de la santé personnelle, pas d’une maladie professionnelle 5 % 7 %
Non : le risque d’abus ou de fraude serait trop important 3 % 15 %
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre 5 % 2 %

Traiter les symptômes ou bien les causes ?

Contre l’épuisement professionnel, un tiers des salariés (34 %) considère que leur entreprise ne fait tout simplement rien. Un manque de réaction que ne partagent que 6 % des dirigeants, soit près de six fois moins.

Et quand les entreprises agissent, les salariés les voient d’abord intervenir sur les individus (ateliers bien-être, méditation, soutien psy) : 28 %, contre 17 % qui les voient agir sur la charge, l’organisation et le management. Les dirigeants, eux, estiment majoritairement faire les deux (39 %). On apprend aux salariés à mieux encaisser plus souvent qu’on n’allège la pression.

Aujourd’hui, quand une entreprise cherche à lutter contre l’épuisement au travail, sur quoi agit-elle le plus souvent, selon vous ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Surtout sur les personnes : les aider à mieux tenir (gestion du stress, soutien psychologique, ateliers bien-être, méditation…) 28 % 25 %
Surtout sur le travail lui-même : la charge, l’organisation, le management, les moyens, les effectifs 17 % 27 %
Autant sur l’un que sur l’autre 19 % 39 %
Ni sur l’un ni sur l’autre : elles n’agissent pas vraiment 34 % 6 %
Je ne sais pas 2 % 1 %

Réparer le travail d’abord

Paradoxalement, contre l’épuisement, les salariés et les dirigeants désignent le même coupable : le travail. 84 % des salariés et 83 % des dirigeants souhaitent en effet agir sur le travail lui-même, exclusivement ou autant que sur les individus.

Ainsi, pour près d’un salarié sur deux (47 %), c’est la charge, l’organisation ou le management qu’il faut réformer en priorité pour faire reculer l’épuisement, loin devant l’accompagnement des personnes (13 %). Et pour une fois, les dirigeants sont sur la même longueur d’onde (42 %) et partagent le même diagnostic : le travail épuise, c’est donc le travail qu’il faut réparer.

Et pour faire reculer durablement l’épuisement, sur quoi faudrait-il agir en priorité, selon vous ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
D’abord sur le travail lui-même (charge, organisation, management, moyens, effectifs) 47 % 42 %
D’abord sur les personnes (accompagnement, soutien psychologique, capacité à tenir) 13 % 16 %
Les deux à parts égales 37 % 41 %
Je ne sais pas 3 % 1 %

Un dirigeant sur deux cacherait qu’il craque

L’épuisement est clairement un tabou que les Français préfèrent cacher. Ainsi, 68 % des salariés n’oseraient pas en parler ouvertement à leur employeur. Dans le détail, un tiers le cacherait purement et simplement, un autre tiers n’en parlerait qu’à demi-mot, sans jamais oser le mot « burn-out ». Plus surprenant encore, les dirigeants sont les plus bloqués de tous : près d’un sur deux (49 %) le dissimulerait, comme si diriger interdisait d’avouer que l’on peut flancher.

Si vous traversiez aujourd’hui une période d’épuisement que vous attribueriez à votre travail, en parleriez-vous à votre employeur (ou, si vous êtes à votre compte, à vos partenaires : associés, clients, banque) ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Oui, ouvertement 28 % 19 %
Oui, mais à demi-mot, sans employer le mot « épuisement » ou « burn-out » 32 % 31 %
Non, je préférerais le cacher 36 % 49 %
Je ne sais pas 4 % 1 %

La peur de perdre sa place ou de paraître faible

Si les salariés cachent leur épuisement, c’est d’abord par peur d’être licenciés (45 %) et par crainte de passer pour fragiles ou incompétents (41 %). Chez les dirigeants, le calcul change : la survie du poste passe au second plan, mais l’image professionnelle devient une obsession — près d’un sur deux (48 %) redoute qu’un aveu de faiblesse fasse fuir clients, salariés ou banquiers. De part et d’autre, un même moteur : le silence coûte moins cher que la vérité.

Et si vous hésitiez ou préfériez vous taire, pourquoi ? (deux réponses maximum)
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Par peur pour mon emploi, mon poste ou ma carrière 45 % 19 %
Par peur d’être perçu(e) comme fragile ou moins compétent(e) 41 % 45 %
Par crainte que cela laisse une trace (dossier, réputation) 29 % 31 %
Parce que je pense que cela ne changerait rien 31 % 21 %
Parce qu’il n’y a personne à qui en parler dans mon environnement professionnel 17 % 23 %
(Dirigeants / indépendants) Parce que montrer une faiblesse fragiliserait la confiance de mes clients, salariés ou banquiers 48 %
Aucune de ces raisons / je n’hésiterais pas 5 % 3 %

Pour les dirigeants, tomber malade une semaine n’est pas permis

60 % des dirigeants déclarent être incapables de s’arrêter une semaine sans mettre leur activité en danger : 37 % estiment que personne ne pourrait les remplacer et 23 % que leur entreprise ou leurs revenus seraient menacés. De l’autre côté, un salarié sur quatre pense que tout continuerait sans lui.

Aujourd’hui, si vous deviez vous arrêter une semaine du jour au lendemain pour raison de santé, cela poserait-il une difficulté à votre travail ou à votre entreprise ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Non, tout continuerait normalement sans moi 25 % 8 %
Oui, une gêne, mais gérable 58 % 31 %
Oui, une difficulté sérieuse : personne ne pourrait me remplacer 12 % 37 %
Oui, cela mettrait en péril mon activité, mon entreprise ou mes revenus 2 % 23 %
Je ne sais pas 3 % 1 %

Salariés et dirigeants d’accord : le dirigeant épuisé doit être protégé

79 % des salariés et 94 % des dirigeants jugent anormale, ou plutôt anormale, qu’un chef d’entreprise épuisé par son travail ne soit pas protégé comme un salarié. En effet, leur effondrement est aujourd’hui rangé au rang de simple accident de la vie privée. À l’arrivée, la thèse du « quand on est à son compte, on assume » ne convainc quasiment personne : 6 % des salariés, 4 % des dirigeants.

Un salarié dont l’épuisement est reconnu comme lié au travail peut être indemnisé à ce titre. Ce n’est pas le cas d’un chef d’entreprise ou d’un indépendant : son effondrement est juridiquement considéré comme un accident de la vie privée. Qu’en pensez-vous ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
C’est anormal : un indépendant ou un dirigeant épuisé par son travail devrait être protégé comme un salarié 56 % 75 %
C’est plutôt anormal, mais leur situation est trop différente pour appliquer les mêmes règles 23 % 19 %
C’est normal : quand on est à son compte, on assume ce risque 6 % 4 %
Je découvre cette différence, je ne savais pas 13 % 1 %
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre 2 % 1 %

Un accès à la santé au travail encore méconnu des dirigeants

Même si patrons et salariés dénoncent à l’unisson l’absence de protection du dirigeant épuisé, une première solution existe depuis la loi du 2 août 2021 et reste inconnue de 79 % des dirigeants. Près de 8 sur 10 ignorent qu’ils peuvent être suivis par la médecine du travail. Et parmi les rares qui le savent, presque personne ne s’en sert : à peine 6 % y ont effectivement recours.

Depuis une loi de 2021, un travailleur indépendant ou un chef d’entreprise peut, s’il le souhaite, bénéficier d’un suivi par un service de santé au travail (médecine du travail). Le saviez-vous ?
RéponsesDirigeant·es
Oui, je le savais et j’y ai recours 6 %
Oui, je le savais mais je n’y ai pas recours 15 %
Non, je l’ignorais complètement 79 %

Face au coup dur, près d’un dirigeant sur cinq est isolé

19 % des dirigeants avouent n’avoir personne à qui parler en cas de détresse psychologique, soit plus du double des salariés (8 %). Quand ils cherchent un appui, c’est d’abord la sphère privée qui est privilégiée (58 %) puis le médecin traitant (47 %).

C’est très rarement le monde du travail puisque seuls 12 % des dirigeants songeraient au médecin du travail, contre 32 % des salariés.

En cas de coup dur psychologique (épuisement, grande détresse), vers qui pourriez-vous vous tourner en priorité ? (deux réponses maximum)
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Mon médecin traitant 53 % 47 %
Le médecin du travail ou un service de santé au travail 32 % 12 %
Mon conjoint, ma famille, un proche 49 % 58 %
Un ou une collègue 17 % 11 %
(dirigeants / indépendants) Mon expert-comptable ou mon banquier 13 %
Une association ou un dispositif dédié 7 % 12 %
Personne : je ne vois pas vers qui me tourner 8 % 19 %
Je ne sais pas 1 % 1 %

Le rapport qui devait tout dire, enterré à l’abri des regards

Pour les salariés (46 %) comme pour les dirigeants (49 %), un travail parlementaire ne devrait jamais pouvoir être enterré, et c’est pourtant ce qui s’est passé le 8 juillet dernier. En ajoutant ceux qui jugent la décision « regrettable », près de deux tiers des répondants la trouvent problématique. Mais le plus édifiant est ailleurs : un salarié sur trois (35 %) découvre cette affaire en répondant.

Le 8 juillet 2026, un rapport parlementaire issu de cinq mois de travail et de 45 auditions sur la souffrance au travail a été rejeté en bloc, ce qui empêche sa publication. Il ne peut donc être ni lu, ni débattu publiquement. Qu’en pensez-vous ?
RéponsesSalarié·esDirigeant·es
Ce n’est pas normal : un travail parlementaire de cette ampleur devrait toujours pouvoir être rendu public et débattu 46 % 49 %
C’est regrettable, mais cela fait partie du fonctionnement des institutions 13 % 15 %
Cela ne me choque pas 4 % 6 %
Je ne connaissais pas cet épisode 35 % 29 %
Je ne sais pas / je préfère ne pas répondre 2 % 1 %

MÉTHODOLOGIE

Enquête réalisée en ligne par BuzzPress pour Santé du Dirigeant, du 28 août au 4 septembre 2026, auprès de 3 916 personnes : 2 801 salariés, échantillon constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région, secteur, taille d’entreprise) et redressé sur les données de l’INSEE pour refléter la population salariée française ; 1 115 dirigeants (le therme « dirigeant » représente : DRH, représentants du personnel, indépendants et dirigeants), stratifiés par fonction et contrôlés sur le sexe, l’âge, le secteur, la région et la taille d’organisation. Note méthodologique complète disponible sur demande

À propos de Santé du Dirigeant :
Fondé par Noémie Guerrin, spécialiste depuis plus de 15 ans de la prévention en santé mentale au travail et des risques psychosociaux, Santé du Dirigeant accompagne les organisations partout en France pour faire de la santé mentale un enjeu concret, collectif et durable. Le cabinet intervient auprès des directions, RH, COMEX et CODIR, managers, préventeurs, représentants du personnel et services de santé au travail, à travers conférences, formations, audits RPS et dispositifs d'accompagnement. Certifié Qualiopi. Nommée Top Voice LinkedIn depuis 2022, Noémie Guerrin réunit une communauté de plus de 70 000 personnes (Instagram, LinkedIn) Après {Prenez soin de votre santé mentale au travail… et de celle des autres} (Vuibert, 2024), {{Noémie Guerrin publie le 1er octobre 2026 son second ouvrage,}} {{{Santé mentale au travail : il est temps de passer à l'action !}}} {{(Vuibert).}}

 
 
Note au lecteur :
Ceci est le contenu copié-collé du communiqué de presse officiel de son émetteur qui en assume l'entière responsabilité. TendanceHotellerie n'approuve ni ne désapprouve ce communiqué. Ce communiqué a néanmoins fait l'objet d'une vérification ce qui peut parfois conduire à un décalage de mise en ligne de quelques heures ou jours.
 
 
 
Note à l'émetteur du communiqué de presse :
Des renseignements concernant l'insertion de votre lien et/ou votre logo et/ou votre image sont accessibles ici.
 
 
Dans le cadre strictement privé (voir les CGU) de la reproduction partielle ou intégrale de cette page, merci d’insérer la marque "TendanceHotellerie" ainsi que le lien https://suiv.me/25857 vers sa source ou le QR Code accessible à l'adresse https://suiv.me/25857.qr. Voir le mode d'emploi.
 
 
 
 
 
Si vous pensez que TendanceHotellerie.fr a toute sa place dans le paysage de l’hôtellerie francophone, n’hésitez pas nous soutenir. C’est simple et (...) En savoir plus »
Nous avons la volonté de faire correspondre ce webzine à vos attentes. Nous sommes très intéressés de recevoir vos avis et suggestions pour (...) En savoir plus »
Faire de la publicité ? Simplement communiquer ? Vous voulez annoncer sur TendanceHotellerie ? Nous proposons aux fournisseurs de services, solutions et produits à destination (...) En savoir plus »