mardi 8 septembre 2026

Rapport Réseau Action Climat : Trop de touristes en France ? L’impasse de la stratégie touristique française

 

Après un été caniculaire, et à l’heure où les bilans de fréquentation touristique estivale sont publiés, le Réseau Action Climat rend public un nouveau rapport : « Trop de touristes en France ? L’impasse de la stratégie touristique française ». Ce rapport démontre que la promotion de la France auprès de touristes lointains alimente la crise climatique et contribue au renchérissement de l’offre touristique hexagonale, conduisant de plus en plus de résidents en France à arbitrer pour des vacances moins longues, ou à partir à l’étranger.

Après un été caniculaire, et à l’heure où les bilans de fréquentation touristique estivale sont publiés, le Réseau Action Climat rend public un nouveau rapport : « Trop de touristes en France ? L’impasse de la stratégie touristique française ». Ce rapport démontre que la promotion de la France auprès de touristes lointains alimente la crise climatique et contribue au renchérissement de l’offre touristique hexagonale, conduisant de plus en plus de résidents en France à arbitrer pour des vacances moins longues, ou à partir à l’étranger.

Une stratégie touristique climatiquement insoutenable

Le tourisme représente 11 % des émissions de gaz à effet de serre de la France, alors qu’il ne contribue qu’à 3,8 % du PIB. Cette disproportion s’explique en grande partie par l’empreinte carbone du transport aérien : les touristes extra-européens représentent 2 % des touristes en France, mais pèsent 20 % des émissions de gaz à effet de serre.

Pourtant, la France cherche à faire venir toujours plus de clientèles lointaines et aisées. Le gouvernement s’est fixé un nouvel objectif d’augmenter les retombées économiques internationales de 30 % d’ici 2030, sans objectif équivalent pour les touristes français. De nombreuses destinations françaises emboîtent le pas à cette stratégie : par exemple, le nouveau président de l’office de tourisme de Lyon a comme priorité l’ouverture d’un palace, de boutiques de luxe, et le développement de liaisons aériennes.

Cette stratégie alimente la crise climatique, et oublie que ce sont les touristes français, puis les européens ( Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suisse) qui contribuent le plus à l’économie touristique française, loin devant les autres touristes internationaux.

Alexis Chailloux, responsable Transport du Réseau Action Climat, souligne :
La stratégie gouvernementale semble n’avoir d’yeux que pour les touristes lointains, au détriment du climat et du marché domestique. Le projet de parc d’attractions Dragon Ball Z, voulu par Emmanuel Macron et financé par l’Arabie Saoudite, est un exemple de ce qu’il ne faut plus faire. Celui-ci va alimenter notre dépendance à une pétromonarchie autoritaire et stimuler le trafic aérien, notamment depuis l’Asie.

L’avis de GD

Quand on prend pour hypothèse le chiffre manifestement erroné de 3,8% du PIB, on en tire forcément de mauvaises conclusions. Tout le monde s’accorde à dire que le tourisme pèse en France entre 8 et 10% du PIB. La traçabilité de ces 8 à 10% n’est pas flagrante, pas plus que celle des 3,8% mis en avant par ce rapport.

D’ailleurs, vous connaissez mon point de vue sur le fait de compter les clients et j’en parlais notamment dans mon édito du 24 août : la solution éthique et responsable HCommunity a pour but de savoir compter sérieusement les clients en hôtellerie.

Sur le fonds, nous sommes tous d’accord pour dire que nous devons tous faire des efforts pour notre planète. Ceci dit, à force de nous flageller, nous, les français, en oublions presque que nous sommes parmi les bons élèves à l’échelle du monde. Exportons notre savoir-faire par exemple.

Cessons l’écologie punitive et concentrons nous sur son pouvoir créatif. Les territoires délaissés ont besoin d’aide, pas dans le seul et unique but de diminuer le CO2, mais pour augmenter leur attractivité et développer l’économie locale : plus de gens qui vivent de leur travail en région, voilà ce qui devrait nous inciter à les faire progresser.

Poussons le raisonnement à fond : et si nous fermions d’un coup l’accès de notre territoire aux touristes qui viennent du bout du monde ? Imaginez la casse sociale !

Parlons des transports : essayez de faire du tourisme sans voiture dans certains territoires, dont même leur « capitale » locale est mal desservie par le train. Les raccourcis du rapport sont simplistes sur ce sujet.

Franchement ce rapport manque de sérieux de la part de cette association loi 1901. Qui la finance ? 33% de ses ressources (soit +/- 670 k€ sur un total de 2M€ au total en 2025 - source https://reseauactionclimat.org/association/nos-financements/) proviennent de subventions publiques. Après avoir consulté ce rapport, je me dis que c’est normal qu’il y ait une défiance des français vis-à-vis de la façon dont notre argent est dépensé, surtout quand notre train de vie actuel sera en partie payé par les futures générations.

Je vous la communique afin que vous puissiez vous faire votre propre opinion.

Des externalités négatives multiples

Ce rapport compile et fait dialoguer les données les plus récentes sur l’activité touristique en France, et met en lumière plusieurs conséquences inquiétantes de la promotion du tourisme lointain :

  • Des résidents français qui partent moins en vacances en France : la montée en gamme de l’offre touristique hexagonale et la hausse des prix associée excluent une partie des résidents du marché domestique. Ces derniers séjournent alors moins longtemps, ou se tournent alors vers les destinations étrangères, comparativement moins chères.
  • Une concentration des retombées économiques sur quelques territoires emblématiques de la France et desservis par des aéroports internationaux (Ile-de-France, Côte d’Azur). Le tourisme lointain bénéficie en priorité aux groupes hôteliers (comme Accor) et aux restaurateurs, notamment haut de gamme. A l’inverse, les touristes européens, qui viennent souvent en voiture, se répartissent mieux sur le territoire, notamment dans les campings sur le littoral ou en zone rurale.
  • Une dégradation du cadre de vie : dans les zones touristiques les plus prisées par le tourisme international, les besoins en hébergement touristique alimentent la pression sur le foncier et contribuent à l’augmentation des loyers. Une partie des habitants se voit contrainte de déménager pour des raisons économiques.

Vers une autre politique touristique

Face à ce constat, le Réseau Action Climat propose des alternatives concrètes :

  • Développer les vacances des résidents français en France, en réhaussant notamment l’ambition du “billet de congés annuel” (un AR en train par an par personne à 49 €)
  • Privilégier les clientèles étrangères proches, en réaffectant le budget des campagnes de promotion de la France à l’étranger vers les pays européens proches, et en développant les connexions ferroviaires entre la France et l’Europe.
  • Limiter l’essor du trafic aérien, en stoppant le projet d’extension de Roissy CDG ainsi que les subventions et exonérations fiscales dont jouit le secteur (ex : aucune taxe sur le kérosène, subventions aux lignes aériennes low-cost, etc.)
  • Changer les indicateurs touristiques, en soumettant toutes les politiques publiques à 4 indicateurs : intensité carbone par visiteur, stimulation de l’économie locale, préservation du cadre de vie et accessibilité tarifaire.

Pour Alexis Chailloux : La France ne peut plus se permettre de sacrifier son environnement et l’accès aux vacances de ses habitants sur l’autel d’un rayonnement touristique à l’international qui ne bénéficie qu’à quelques-uns. La relance du billet de congés annuel, créé par le Front Populaire en 1936, permettrait de rendre le TGV accessible au plus grand nombre et de stimuler le tourisme domestique


 
 
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