mercredi 1er décembre 2021

L’Observatoire Cetelem : Voyager, s’évader… Après un an de pandémie, un tourisme nouvelle définition ?

 

Les zooms de l’Observatoire Cetelem s’intéressent aux modes de vie et proposent d’explorer un grand thème en trois temps, sollicitant l’avis des Français au travers de trois vagues de sondage. Les zooms viennent ainsi compléter et enrichir le dispositif d’observation et d’études existant de l’Observatoire Cetelem.

La pandémie a fini par faire sa place dans nos vies, adaptées, réaménagées sous les contraintes sanitaires, et la résilience face à la situation s’est peu à peu imposée. Après avoir vécu un premier été « post-covid » en 2020, synonyme d’accalmie – et même envisagé à l’époque comme la fin de la crise –, comment les Français se projettent-ils dans la période estivale de 2021 ? Telle est l’interrogation à laquelle les zOOms de l’Observatoire Cetelem tentent d’apporter une réponse, alors que la situation sanitaire n’a cessé d’évoluer au cours des derniers mois, entre renforcements des restrictions et assouplissements progressifs, fluctuations de l’épidémie en France et dans le reste du monde.

  • La moitié des Français (50%) manifestent une joie grandissante (+4 points depuis le mois dernier) à l’approche de l’été, mais ils sont encore nombreux à avoir plus de mal à se projeter dans leurs vacances que par le passé (48% de ceux qui souhaitent partir).
  • 54% des sondés pensent toutefois dépenser autant que les étés précédant la crise, tandis qu’ils sont 23% à envisager de dépenser plus, et le même nombre à prévoir de se restreindre. Le budget moyen envisagé par les Français pour leurs vacances s’élève à 1 505 €.
  • À l’intérieur de l’Hexagone pour la plupart (82% dont 60% certainement), les vacanciers français privilégient des modalités de séjour plutôt traditionnelles, prévoyant de faire le trajet en voiture (82%), de se rendre au bord de la mer (83%), et de loger soit chez un proche (50%), soit à l’hôtel (47%), ou encore dans un logement loué à un particulier, par exemple via une plateforme de réservation en ligne (45%).
  • Qu’ils envisagent de partir ou pas, 65% des Français privilégient le repos à l’activité pour leur pause estivale. Ils sont 85% à prévoir des activités de nature telles que promenades (83%), sorties gustatives (76%) et activités touristiques (74%).

Entre enthousiasme et difficultés à se projeter, le cœur des Français balance

Les sentiments négatifs des Français à l’idée des vacances d’été 2021 régressent par rapport au mois dernier. C’est notamment le cas de l’inquiétude (20%, -6 points) et de la résignation (10%, -5 points) – qui restent néanmoins présentes. Une baisse plus que vraisemblablement due à l’assouplissement des restrictions, qui, combiné à une amélioration de la situation épidémique, laisse espérer un été plus tranquille et plus libre. En miroir, les sentiments de joie et d’excitation s’intensifient (+4 et +3 points), et l’impatience se maintient à mesure que l’été approche. Le mélange de sentiments ambivalents qui prévalait mi-mai a ainsi laissé place à un optimisme plus net (79% de sentiments positifs contre 34% de négatifs, en baisse de 8 points), en particulier chez les jeunes (88%), les franciliens (86%) et les personnes qui se considèrent moins à risque face au Covid-19 (84%).

Les Français peinent pourtant encore à se projeter dans leur été, comme l’affirment 48% de ceux qui souhaitent partir. Concrètement, préparer et organiser ses vacances (38%), trouver des destinations (35%) et/ou des activités (39%) paraît plus difficile cette année pour plus d’un tiers de la population qui aspire à s’en aller. Les plus jeunes semblent d’autant plus ressentir ces difficultés : chez les 18-24 ans, 50% trouvent plus difficile de trouver des activités pour leurs vacances, 39% de réunir le budget nécessaire et 38% de trouver des solutions d’hébergement. Si les Français sont plus nombreux que le mois dernier à penser que la page de l’épidémie sera tournée à l’issue de l’été, ce sentiment n’est pas devenu majoritaire pour autant : 43%, +8 points.

Les vacanciers partiront aussi longtemps que d’habitude, mais iront moins loin

La perspective des congés d’été se rapproche très nettement, et les Français sont de plus en plus nombreux à avoir prévu un programme de vacances. La moitié d’entre eux (51%, +11 points par rapport à mi-mai) indiquent en effet avoir commencé à planifier les leurs, en particulier les hommes (55%), les moins de 35 ans (67%) et les franciliens (65%), profils qui correspondent aux voyageurs les plus réguliers avant la crise, et dont celle-ci a particulièrement touché les modes de vie.

Plus d’1 Français sur 2 (57%) envisagent de partir aussi longtemps que les années précédentes. Chez les autres, le changement va plutôt dans le sens d’un raccourcissement de la durée (25%) que d’un allongement (18%).

En ce qui concerne la destination, les Français restent très majoritairement prudents et songent à demeurer au sein du territoire national (82%), bien que 3 sur 10 (30%) parmi eux envisagent de s’aventurer ailleurs en Europe, et près de 2 sur 10 (18%), peut-être même en dehors du Vieux continent. Au total, 69% des Français indiquent être certains de partir en vacances cette année, soit quitter leur domicile pour quelques jours au moins, peu importe les conditions d’hébergement (famille, amis, locations, etc.).

Un budget vacances pris entre deux feux

Une majorité (54%) de Français pensent dépenser ni plus ni moins que les étés précédant la pandémie, 23% envisagent de dépenser plus, et le même nombre, de dépenser moins. Par rapport à l’été dernier — déjà chamboulé par la crise —, ils sont un tiers (33%) à envisager dépenser plus, et un cinquième (21%), moins. Les plus enclins à dépenser davantage qu’avant l’apparition du Coronavirus pour leurs vacances se trouvent parmi les profils masculins, jeunes et les cadres ou professions libérales. En revanche, la volonté de se faire un peu plus plaisir que lors de l’été dernier touche l’ensemble des générations de manière relativement homogène.

L’augmentation du budget est étroitement liée à l’envie de compenser les limitations vécues. 35% de ceux qui souhaitent dépenser plus déclarent avoir envie de se faire plaisir après ces 18 mois de crise, et 31% voient les vacances comme un espace de liberté retrouvée. Cette augmentation va donc de pair avec le sentiment que ce sont les premières vraies vacances depuis longtemps. Chez ceux qui envisagent de dépenser moins, les justifications semblent plus organisationnelles : ils comptent partir moins loin (28%), et/ou moins longtemps (27%), signe que les contraintes sanitaires telles que la vaccination, les obligations de quarantaine, la situation sanitaire incertaine dans certaines régions, continuent de peser sur les esprits (23%). Un budget revu à la baisse suite à une diminution de capital concerne également un cinquième d’entre eux (20%), et ils sont d’ailleurs tout autant (20%) à manifester leur pessimisme quant à l’évolution de la situation économique à moyen terme — un pessimisme d’autant plus prégnant chez les 50 ans et plus (28%).

Au total, le budget moyen envisagé par les Français qui pensent partir en vacances cet été s’élève à 1 505 €, et s’avère en déclaratif légèrement plus élevé chez les hommes (1 562 €) que chez les femmes (1 452 €). Les tranches d’âges les plus élevées se montrent plus dispendieuses que les plus jeunes, ayant souvent moins de ressources financières à disposition.

Un été sous le signe de la tradition…

Les Français qui souhaitent partir privilégient des modalités de séjour relativement classiques. Pour réserver, ils envisagent de passer par des plateformes de location en ligne (52%) — notamment les franciliens : 59% —, mais ils ne négligent pas de recourir au traditionnel bouche-à-oreille (44%). A l’heure d’une digitalisation massive des pra-tiques, 26% des Français confient néanmoins envisager de préparer leurs vacances grâce à un guide traditionnel au format papier.

S’apprêtant massivement à partir en France, les vacanciers français projettent dans la grande majorité des cas de se déplacer en voiture (82%), un mode de transport qui fait l’unanimité à tous les âges, les vacanciers issus d’Île-de-France se distinguant néanmoins dans leur rapport moins systématique à celui-ci (71%). Les vacanciers de moins de 35 ans pourraient également prendre le train (53%) ou l’avion (50%), beaucoup plus souvent que leurs aînés (17% et 20%).

Pour aller où ? La mer séduit sans surprise une large majorité des sondés (83% pensent y passer au moins un moment durant leurs congés, et jusqu’à 90% parmi les 25-34 ans), devant la campagne (68%), tandis que la montagne est envisagée par 1 vacancier sur 2 (50%). Si la location entre particuliers connaît un succès non négligeable (45%), notamment chez les moins de 35 ans (65%), l’hébergement chez un proche ou à l’hôtel sont encore plus souvent au programme (respectivement 50% et 47%). Les jeunes envisagent davantage de types d’hébergements tels que locations, camping, maisons de famille, ou encore auberges de jeunesse.

…mais du repos avant tout pour une majorité de Français

Qu’ils partent en vacances ou pas, les Français considèrent davantage celles-ci comme une occasion de se reposer (65%), plutôt que comme une opportunité de multiplier les activités (35%). Un repos d’autant plus affectionné par les femmes (69%) et les plus âgés, tandis que les tranches d’âges les plus jeunes préfèrent à une courte majorité des vacances actives (54% des 18-24 ans).

Parmi les activités que les Français aimeraient faire pendant cette période, figurent en premier lieu les activités de nature telles les promenades (83%), les activités gustatives comme les sorties au restaurant (76%), ainsi que les activités de tourisme comme la découverte de monuments ou de spécialités locales (74%). Ensuite viennent les activités de détente et de culture, affectionnées par plus de 6 Français sur 10 (respectivement 66% et 61%). Les activités plus spécifiques ou liées à un lieu de séjour en particulier intéressent mécaniquement une part moins importante de Français, mais qui reste non négligeable : 43% pour les activités de montagne, 32% pour les activités nautiques. Hommes et femmes apprécient les différentes activités mentionnées de manière relativement homogène, même si certaines d’entre elles attirent plus souvent les hommes, tels les sports de montagne ou de mer, ou encore les activités à sensations fortes. En revanche, on observe de nettes différences selon l’âge : les plus jeunes oscillent entre un attrait plus fort que la moyenne pour les activités de détente… et un attrait plus fort pour les activités les plus dynamiques : les activités de montagne, de mer et à sensations fortes. Le trio d’activités préférées des Français (nature, activités gustatives et tourisme) traverse les générations.

Méthodologie
Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 9 au 11 juin 2021, auprès d’un échantillon de 1 026 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

À propos de L’Observatoire Cetelem @obs_cetelem
Créé en 1985, l’Observatoire Cetelem est une structure d’études et de veille économique du groupe BNP Paribas Personal Finance, dirigée par Flavien Neuvy. Dans une période de transformation profonde du commerce et des modes de consommation, l’Observatoire Cetelem a pour vocation de comprendre les mutations de la consommation. Pour répondre à cette exigence, l’Observatoire Cetelem a mis en place un dispositif d’observation et d’analyse fondé sur la diversité et la complémentarité de contenus avec :
  • Les Observatoires : 2 études de référence grand public annuelles menées au niveau interna-tional, l’une sur l’automobile à l’échelle mondiale (15 pays), l’autre sur la consommation au ni-veau européen (15 pays).
  • L’Œil, les nouveaux faits de consommation à la loupe, repère les micro-faits qui préfigu-rent les innovations et mutations marquantes en matière de consommation.
  • Les zOOms, les modes de vie en vue, propose d’explorer un grand thème (l’habitat, le sport, l’éducation, la culture, le corps…) en 3 temps, sollicitant l’avis des Français au travers de 3 vagues de sondage.
 
 
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