vendredi 4 décembre 2020

Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Guyane : les professionnels n’y trouvent pas leur compte

 

Les adhérents du GHTG-UMIH Guadeloupe, de la Fédération des Associations de Professionnels de l’Hébergement et du Tourisme (F.APHT), de l’Union Syndicale des Opérateurs Touristiques de Guyane (USOTG), du Cluster du Tourisme en Martinique (ZILEA), de l’UMIH Martinique (972), de l’Association des Hôteliers de Saint Martin (AHSM), réunis par visioconférence ce jour, déclarent que les mesures annoncées par Mr le Premier ministre, lors du Comité Interministériel du Tourisme, ce 14 mai 2020, ne font pas le compte.

Ce plan de relance du tourisme, très attendu en particulier par les professionnels de la Filière du Tourisme dans nos Outre-mer, leur laisse une appréciation très mitigée d’inachevé malgré les annonces.

La vraie bonne nouvelle, c’est que nos concitoyens pourraient revenir dans nos établissements dans les départements verts à compter du 2 juin et qu’ils pourraient réserver leurs vacances en France et en Outre-mer, malgré les restrictions drastiques actuelles du trafic aérien, et la règle actuelle des 100 km difficilement justifiable dans un même département, et loin de faciliter l’accès aux Outre-mer si elle est maintenue.
Observons cependant que dans l’Hexagone, les établissements touristiques ont été fermés en Basse Saison, et qu’ils espèrent rouvrir en Haute Saison. C’est bien l’inverse de ce qui se passe dans les Outre-mer ou les entreprises ont été vidées de leurs clients en pleine Haute saison, suite à décision unilatérale. En outre nos territoires sont en bout de ligne : spécificités, aérien imposé... coût de la masse salariale plus important etc.. On ne peut pas dans nos régions ultramarines être logé raisonnablement à la même enseigne que dans l’hexagone et appliquer les mêmes remèdes.
Alors que dans l’Hexagone, le train et la voiture pourront permettre un redémarrage de la fréquentation touristique malgré des baisses indiscutables de pouvoir d’achat, comment se rendre dans les Outre-mer sans emprunter un transport aérien plus coûteux, assorti de certaines mesures sanitaires résolument dissuasives ?
Parler des Outre-mer sans lever les contraintes qui pèsent actuellement, cela ressemblerait alors à un simple effet d’annonce déconnecté de la réalité.

Le Premier Ministre l’a annoncé : Les Français pourront aller en vacances en juillet et août, en France et dans l’Outre-mer. Cette intention est louable, nous la saluons, et pour inciter la clientèle, nos hôteliers s’engagent à accepter les demandes de remboursement des réservations effectuées directement auprès d’eux en cas d’annulation pour cause de covid-19.

Contenu sponsorisé :

Encore faudra-t-il que l’on accepte de libérer le trafic aérien, d’ouvrir nos restaurants et piscine, d’autoriser la baignade, car nos touristes ne prennent pas l’avion pour venir simplement coucher dans un de nos hébergements. Avoir peur, c’est se soumettre, et l’âme Antillaise chaleureuse est éprise de joie de vivre et de Liberté, et tout en étant raisonnablement précautionneuse de sa santé, refuse de se laisser enfermer dans une peur anxiogène immature.

Les étudiants Antillais vont pouvoir regagner leurs foyers : c’est une bonne nouvelle. Mais ils ne sont ni moins, ni plus susceptible d’importer l’infection sur nos territoires que nos visiteurs, affinitaires ou pas. Il faut raison garder.

Le goût amer de ce Comité Interministériel tient en fait que l’essentiel des mesures gouvernementales consiste en des prêts, PGE, PGE saisonniers, PGES (touchant les entreprises soumise à saisonnalité), prêts tourisme, etc.

Ces prêts demandés sur 10 ans avec un différé de deux ans restent à rembourser sur 5 ans : nous n’avons pas été entendus. Comment peut-on proposer d’augmenter le montant initial de 25 % du CA antérieur aux trois meilleurs mois de l’exercice précédent sans en augmenter la durée de remboursement ?

Ce n’est vraiment pas réaliste !

Nos professionnels sont déjà très endettés et leur capacité de remboursement déjà toute mobilisée.

Ils attendaient une autre réponse que celle consistant à encore augmenter leurs dettes pour rembourser des pertes dont ils ne sont pas responsables. La dette ne peut pas être la réponse majeure du gouvernement.

Il faut souligner avec force que l’on autorise les entreprises à emprunter leurs pertes de recettes qui sont les conséquences directes de la décision unilatérale du Gouvernement d’avoir renvoyé nos clients chez eux, alors que nos établissements effectuaient une bonne haute saison.

L’État a créé un préjudice certain et nous autorise à emprunter nos pertes, sans assumer pleinement ses responsabilités qui consisteraient à compenser le préjudice qu’il a créé par un confinement spécifique, alors que d’autres ont choisi des voies différentes.

Dans le même temps, l’État prend en charge partiellement des salariés du privé par la mise en place du chômage partiel, tout en maintenant à 100 % les salaires de la fonction publique, en adoptant ainsi un comportement inégalitaire.

Certes des mesures d’aides sont annoncées. Mais elles exigent des précisions pour que nous puissions en appréhender la réalité, l’importance et l’impact comme les exonérations de charges sociales jusqu’à la réouverture des cafés et des restaurants ou le crédit de cotisations.

On nous annonce une enveloppe de 1,3 Milliards d’€ pour l’investissement public en fonds propres auxquels vont s’ajouter des investissements privés faisant monter l’enveloppe à 7 milliards : à quoi cette enveloppe correspond-elle ? Des investissements concernant des établissements à capitaux d’État, via la Caisse des Dépôts, comme l’environnement du Futuroscope ou de la Compagnie des Alpes, sont-ils envisagés dans cette enveloppe ? Si cela était le cas, cela restreindrait considérablement l’enveloppe réelle destinée aux entreprises privées du secteur touristique. Hors effet d’annonce, il faut appeler un chat un chat et des précisions s’imposent !

D’autres mesures dépendront du bon vouloir des maires et des présidents de communautés de communes, comme la remise de la CFE ou de la taxe de séjour, jusqu’au 2/3 compensée à 50 % par le Gouvernement. Cela permettrait d’alléger le fardeau des charges pesant sur les entreprises, car il vaudrait mieux pour les communautés de communes, en 2020, perdre 33 % de ces charges (50 % de 66 %) que de perdre définitivement 100 % de leur recettes, si les entreprises ferment pour ne pas avoir reçues l’aide qu’elles auraient dû recevoir au plan local par esprit de solidarité.

D’autres mesures, encore, sèment le trouble, comme la révision des modalités du chômage partiel à compter de la fin septembre 2020 alors que certaines entreprises seront toujours dans l’incapacité de rouvrir.

Dans les Outre-mer l’activité touristique ne reprendra pas avant fin 2020 et n’atteindra pas son niveau antérieur avant 2022. Ne pas poursuivre dans les Outre-mer, les mesures liées à l’activité partielle sans dégressivité, en l’état , jusqu’en novembre 2021, c’est envoyer de la part du Gouvernement, une lettre de licenciement à de très nombreux salariés de la filière touristique des Outre-mer.

Enfin, des mesures sont totalement absentes comme celles relatives aux loyers ou aux assurances, ainsi que la réouverture d’Orly, aéroport naturel de desserte de la clientèle de l’espace Schengen ou encore la libération de la reprise sans contrainte de la desserte aérienne de nos destinations.

Nos attentes légitimes ont été déçues.

Dans ces conditions, tous les professionnels de la filière, que ce soit l’aérien, les aéroports, transporteurs, hébergeurs, restaurateurs, animateurs, acteurs de l’événementiel, etc… restent très inquiets !

Beaucoup d’acteurs constatent que leurs particularités ne sont pas suffisamment prises en compte.

Nous espérons qu’après avoir été informées des précisions que nous attendions, nos entreprises se verront donner les moyens véritables et concrets de tenir et de reprendre leur activité après une fermeture décidée et prononcée unilatéralement par le gouvernement.

Nous considérons que ce plan esquissé n’est pas achevé et qu’il n’est qu’un plan d’étape.
Pour nos organisations, le compte n’y est pas. Nombre de nos propositions n’ont pas été abordées.

Ce plan doit être complété, il en va de la survie de nos établissements ! La prochaine étape est fixée au 25 mai. Nous connaîtrons alors la date et les modalités de réouverture de nos établissements.

D’ici là, il est indispensable que des mesures concrètes soient annoncées pour que nous puissions reprendre confiance…

Le 18 Mai 2020
Pour nos Organisations Touristiques, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Martin

Destinataires :

  • Monsieur le Premier Ministre

Copies

  • Monsieur Philippe GUSTIN Préfet de Guadeloupe
  • Monsieur Marc DEL GRANDE Préfet de la Guyane
  • Monsieur Stanislas CAZELLES Préfet de Martinique
  • Monsieur le Président de la CCI des Iles de Guadeloupe
  • Madame la Présidente de la CCI de Guyane
  • Monsieur le Président de la CCI de Martinique
GHTG-UMIH Guadeloupe, La Maison Créole, Montauban, 97 190 GOSIER
Association Loi de 1901 déclarée sous le n° 2/02613
 
 
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