dimanche 9 août 2020

Propos introductif du porte-parole de l’ensemble des exploitants hôteliers indépendants français et des Présidents des chaines volontaires (Sébastien Bazin, Président d’ACCOR)

 

Le tourisme, comme certaines autres activités (professions médicales, commerces non essentiels,..) a été cloué au sol par le confinement qui l’a, de jure ou de facto, empêché d’ouvrir et de fonctionner – et l’en empêche toujours – pour des raisons sanitaires (que nous ne contestons pas comme citoyens). Cela a cependant anéanti la vie de nos entreprises, entrainant et continuant d’entrainer des pertes massives dues à un arrêt total de l’activité (aucun chiffre d’affaires), unique dans l’histoire et inconnu même en période de guerre…

Lorsqu’elle pourra avoir lieu, la réouverture de nos entreprises ne pourra se faire que très progressivement, faute de clients en nombre suffisant, ainsi qu’en raison de « mesures de distanciation sociale et de « gestes barrière » qui ne sont en réalité pas de nature à permettre une réouverture économiquement viable des cafés, hôtels et restaurants (CHR). Le contexte politique – fermeture des frontières, absence de transports internationaux, limitation des transports nationaux, déplacements bornés à 100 kilomètres, déplacements professionnels à justifier très précisément, vie culturelle et sportive limitée – ainsi que les mesures de protection sanitaire à mettre en place, sont autant de contraintes d’exploitation qui vont peser et représenter un coût majeur pour les professionnels du tourisme. Elles représenteront aussi un frein à la consommation : qui va venir au café ou au restaurant dans de telles conditions ?

C’est pourquoi nous réclamons le renforcement et la prolongation des mesures déjà prises. Nous les considérons d’ailleurs, non pas comme des aides, mais comme une simple avance sur l’indemnisation que l’État nous doit pour avoir fait ce choix sanitaire unilatéral. C’est pourquoi nous n’avons aucune raison de régler seuls l’addition d’un confinement et d’un déconfinement (dont nous ne contestons pas l’intérêt sanitaire), alors que la quasi-totalité des Français ont continué à être payés, le cas échéant très souvent par l’État (fonctionnaires au sens large, indemnisations par le chômage dit « partiel »). Sauf à ce que nous soyons indemnisés, le secteur sera détruit et ne pourra pas rouvrir dans de bonnes conditions.

L’État a sauvé Air France et Renault et s’apprête à en sauver de nombreuses autres entreprises. Il doit sauver les entreprises touristiques. Absolument. Nous n’accepterons pas de ne pas l’être et il faut le faire de manière très urgente, avant même qu’une saison d’été essentielle, déjà ruinée, ne précipite dans la faillite et les tourments la plupart d’entre nous. Chaque jour est compté, en particulier, mais pas seulement, pour les plus petits. Songeons à la Corse, aux zones littorales et bien sûr à Paris. Viendra ensuite le temps de discuter avec les Pouvoirs Publics, des nécessaires mesures de relance de l’activité touristique lato sensu. Faire revenir les touristes étrangers, et faire bouger les Français, revenir à la normale pour les déplacements d’affaires (expositions, salons, congrès, séminaires, conventions d’entreprises,…) prendront plusieurs années et ce, dans le meilleur des cas, si les comportements de nos clients n’ont pas été durablement transformés par l’épidémie.
Discuter d’une relance sans nous avoir sauvés d’abord serait absurde.
Sans cette indemnisation, soit nous serons déjà morts avant la reprise, soit nous serons trop faibles pour supporter la remontée en puissance de nos activités.
Voici donc nos demandes qu’il faut comprendre comme un à-valoir sur notre indemnisation.

Contenu sponsorisé :

 

Principales mesures d’accompagnement du Plan de Soutien au secteur Tourisme

1. Prolongation du chômage partiel :

  • Prolongation du dispositif exceptionnel de chômage partiel prévu par le décret du 25 mars 2020 pour l’ensemble des entreprises du secteur (y compris les sociétés de gestion hôtelières et les sièges sociaux) jusqu’au mois d’août 2021 afin d’accompagner la reprise progressive de l’activité ;
  • Mise en place d’un dispositif complémentaire afin d’encourager la réouverture progressive des hôtels et des restaurants malgré le faible potentiel d’activité ;

Dispositif  : prise en charge par l’assurance chômage de 50% des heures travaillées par les salariés de retour à l’emploi.
Ex : un salarié qui serait en chômage partiel à 100% revient travailler par exemple à mi-temps n’aurait un coût pour l’entreprise que de 50% des heures travaillées, en l’espèce 25%.

Un tel dispositif aurait un double avantage :

  1. Avantage pour l’entreprise : capacité de rouvrir plus rapidement et relancer son activité, servant de moteur et d’exemple à tout un écosystème ;
  2. Avantage pour le Gouvernement : le salarié « sort » des chiffres du chômage et ne coûte plus dans l’ex 100% à l’assurance chômage mais 75%. En outre, cela devrait fortement réduire le nombre de ceux qui seraient tentés de profiter de la situation.

2. Prolongation et renforcement des prêts garantis par l’État (PGE)

  • Garantie des PGE par l’État portée à 100% ;
  • Augmenter les tranches de prêts par mois d’inactivité ou d’activité très partielle jusqu’à 9 mois au moins (fin décembre) ; à ce jour nous bénéficions d’un trimestre de CA (25%) or nous serons plus durement atteints qu’un seul trimestre (l’État a prévu jusque 300G€ de financements bancaires garantis et on sera aux alentours de 80/100G€ à la date du 14/5) ;
  • Réflexion (à lancer dès maintenant) sur l’allongement de la période de franchise et la de maturité de ces PGE (au-delà de la création du prêt « tourisme » en cours de diffusion par Bpifrance mais limités à 1M€, 2 ans de franchise et une maturité de 10 ans).

3. Prorogation du report des échéances bancaires de 6 mois supplémentaires automatiquement acquis pour être porté à 12 mois, pour l’ensemble des entreprises du secteur quelle que soit leur taille (sujet FBF).

4. Aménagement et allègement des charges sociales et fiscales

  • Transformation des reports de charges patronales en exonération de charges pour la période de mars à décembre 2020 et ce pour l’ensemble des TPE, PME et ETI du secteur (jusqu’à 5.000 salariés et 1,5 milliard EUR de CA) ;
  • Suppression des charges fiscales fixes au titre de 2020 (CET en partie (CFE), taxes foncières, taxe locale sur la publicité extérieure, taxe balayage, droit de voirie, contribution à l’audiovisuel public, taxe sur les véhicules de société, taxe sur les bureaux, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, taxe sur les enseignes...) ;
  • Fusion de l’impôt sur les sociétés (IS) 2019 et 2020.

5. Relation avec les OTA

  • Possibilité d’afficher les prix sur les sites web et sur les OTA (Booking, Expedia, Airbnb..) en hors taxes (HT) afin de : a) renforcer l’attractivité de la destination France vs. autres destinations monde qui affichent leurs prix en HT (ex : NYC) ; b) éviter que les commissions versées aux OTA soient calculées sur un montant TTC et par conséquent que les hôteliers et les restaurateurs le cas échéant ne paient plus de commissions à des sociétés étrangères sur de la TVA acquittée au Trésor Public français par ces mêmes acteurs ;
  • Si cette mesure est difficilement compatible avec un dispositif à court-terme pourtant nécessaire, l’alternative immédiate est un renforcement juridique de l’encadrement de la relation avec les OTA afin que les commissions qui leur sont versées ne puissent plus s’appliquer qu’aux prix en HORS TAXES encaissés par les hôteliers et les restaurateurs.

6. Responsabilité de l’exploitant

  • Affirmation claire du principe d’une obligation de moyens (et non de résultats) de l’exploitant s’agissant de la mise en œuvre des protocoles sanitaires.

Arguments  : celui-ci ne peut être tenu responsable d’une contamination supposée dans son établissement (projet de Loi en cours visiblement post commission mixte paritaire). Nombre d’exploitants aujourd’hui, comme certains Maires, hier en ce qui concerne l’ouverture de certaines classes d’écoles, n’accepteront pas de prendre le risque de rouvrir leurs établissements si la loi ne les protège pas explicitement.

7. Alignement des locations meublées touristiques de courte durée sur les règles applicables aux hôtels, sauf à interdire leur activité

Arguments  : Par rapport à la gestion de la pandémie, les hôtels et assimilés présentent des avantages incomparables. D’abord, nos clients savent qu’ils sont dans un lieu semi-public et sont donc enclins à prendre plus de précautions que dans un immeuble bourgeois où les locataires à la journée viennent envahir les résidents permanents. Ensuite et c’est essentiel pour la gestion de la pandémie, les hôtels gardent une trace écrite de tous leurs clients (fiches de police aisément extensibles à l’ensemble des Français) qui permettra aux autorités sanitaires de déterminer avec qui aura été en contact une personne trouvée plus tard porteuse du virus. Cela est impossible pour les locations du type Airbnb car l’on ne sait même pas la plupart du temps où elles sont (faute d’avoir été enregistrées) et on n’y procède que très exceptionnellement à l’accueil des clients par l’hôte (ce qui fait que le dispositif des fiches de police, éventuellement élargies aux Français, n’y est jamais appliqué, ni applicable). À ce stade, l’indispensable traçage sanitaire sera réduit en miettes par ce type d’hébergement. Enfin, les hôtels respectent (et sont déjà très contrôlés administrativement et ce très fréquemment) de nombreuses règles sanitaires qu’ils viennent d’ailleurs de renforcer par eux-mêmes en raison de la pandémie et ce, en accord avec les autorités sanitaires. Comment les sites de locations de meublés touristiques de courte durée pourraient-ils faire respecter d’éventuelles mesures de cette nature, alors qu’ils se targuent en justice de n’avoir aucune autorité sur leurs « hôtes » ?

Voilà pourquoi, sauf à ce que les règles qui s’imposent à l’hôtellerie soient juridiquement et effectivement applicables et appliquées aux locations meublées touristiques de courte durée, nous réclamons leur interdiction immédiate.

Il n’y a pas de raison, ici plus que jamais, qu’il y ait deux poids, deux mesures.

 
 
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