L’Office cantonal des faillites (OCF) en Suisse attaque Expedia au tribunal et lui réclame 100 M$ pour la faillite d’Amoma
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Le feuilleton Amoma semblait terminé. Que nenni !
Les dirigeants d’Amoma ont réussi, on ne sait comment, à convaincre L’Office cantonal des faillites (OCF), l’organisme suisse en charge de préserver les droits des créanciers de la société, que les méchants OTAs et surtout Expedia ont conduit à la mort d’Amoma !!!
La Tribune de Genève déclare qu’Amoma a généré 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires entre 2014 et 2019.
Pourquoi attaquer Expedia ?
C’est certain que la tentation est grande d’aller chercher un peu de pognon chez Expedia, une entreprise qui génère des milliards de dollars de CA tous les ans. Cet argent devrait servir à indemniser les créanciers d’Amoma.
Que les voyageurs soient remboursés semble normal, même s’ils ont fait preuve d’un aveuglement béat tellement le volume d’avis négatifs à propos d’Amoma était élevé. Si des hôtels ont été pénalisés, alors oui leur indemnisation paraît loyale, quoique ceux qui travaillaient en direct ont aussi été aveugles. Cependant, il serait particulièrement indécent que des entreprises de distribution du voyage puissent être indemnisées.
Rien n’a altéré la réflexion des responsables de l’OCF, ni le comportement agressif d’Amoma, ni l’absence de licence d’agence de voyage, ni la multiplicité des faillites de ses fondateurs, ni l’absence de transparence, ni les avis clients... Ces braves gens auraient également pu aller taper un peu de cash chez Hotelbeds, l’entreprise sans laquelle Amoma n’aurait probablement jamais atteint un tel volume d’affaire, ni Don Corleone Google, ni d’autres comparateurs ou OTAs.
Cela dit, les entreprises qui ont accepté de travailler avec Amoma pendant des années ont fait preuve du même aveuglement, que l’on parle d’Expedia, de Trivago, d’Hotelbeds et les autres Bed Banks, ou même de Google qui avait en 2016 sélectionné Amoma pour son produit « Book on Google ». Rien que cette « erreur contagieuse d’appréciation » mérite que ces entreprises passent TOUTES à la caisse car elles ont largement mangé sur la bête, oubliant que l’éthique est un mot important. En tous les cas, aucune ne pouvait ignorer les facéties d’Amoma : elles étaient publiques et documentées, notamment sur TH.
De quoi se plaint réellement Amoma ?
Amoma estime que Trivago a asphyxié financièrement Amoma en augmentant le tarif des clics de manière à faire disparaître Amoma des résultats de recherche. A l’instar de Google, trivago proposait à l’époque un système dynamique de tarification du clic en fonction de l’offre et de la demande : si d’autres OTAs ou des chaînes hôtelières enchérissaient fortement, c’est normal que le placement d’Amoma en ait été affecté. Amoma allège également le fait que la disparité (tarifaire) quasi systématique d’Amoma aurait pénalisé Expedia qui se serait servi de sa filiale trivago pour « punir » le vilain petit canard à partir du 1er juillet 2019 et ensuite jusqu’à la faillite d’Amoma.
Dans cette affaire, Amoma oublie de mentionner que ce qu’elle reproche à trivago est arrivé juste après qu’Hotelbeds a cessé d’alimenter Amoma, obligeant Amoma à acheter plus cher chez d’autres Bed Banks ou OTAs que ce qu’elle avait l’habitude de payer chez Hotelbeds.
Trivago aurait en cours de route modifié son algorithme de classement, rien que pour embêter Amoma. Mais oui bien sûr ! Quelle entreprise du voyage ou du web ne fait pas évoluer en continu ses algorithmes ?
Le seul moyen de valider ceci serait d’analyser les logs de trivago, un travail faramineux et fastidieux, surtout après autant de temps car quelle entreprise conserverait ce type de données depuis 10 ans pour certaines, la période incriminée étant 2014 à 2019. Quant aux courriers, courriels ou autres communications entre Expedia et trivago à propos d’Amoma, ont-ils existé et peut-on les retrouver ?
La juridiction américaine a admis l’affaire
La plainte avait été déposée en juillet 2023 auprès de la Cours de Justice de Seattle dans l’Etat de Washington aux Etats Unis.
C’est cette semaine que le tribunal a admis la poursuite de la procédure.
Conclusion
Espérons que la juridiction américaine saura ouvrir les yeux sur les pratiques réelles d’Amoma. Qu’Expedia et/ou Trivago soient condamnées pour avoir travaillé avec Amoma serait presque normal compte tenu du comportement d’Amoma, en revanche être condamné pour des changements à priori classiques d’algorithme semble tiré par les cheveux.
Affaire à suivre...
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