L’autorité de la concurrence protège Booking.com des méchants métamoteurs et des vilains hôteliers
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Prenez un Booking.com hyper professionnel et aguerri au lobbying, prenez des syndicats patronaux qui ne parviennent pas à se mettre d’accord sur des questions essentielles (il faut dire que le grand écart entre les entreprises patrimoniales et les chaînes est impossible à concilier chez un des syndicats alors imaginez les tous ensemble) et enfin prenez un président de l’Autorité de la Concurrence qui préfère protéger une entreprise étrangère plutôt que les 17.000 entreprises hôtelières de France qui au demeurant avec leurs prélèvements obligatoires l’ont éduqué, formé, nourri, blanchi, soigné, vêtu, transporté, payé et espérons le épanoui depuis qu’il a fait l’ENA avant d’user les bancs de diverses administrations : voici le cocktail détonant qui est parvenu à cette stupide décision de la parité restreinte.
Que veut-dire la parité restreinte ?
C’est simple : un hôtel pourra donner les prix qu’il veut à n’importe quel OTA mais devra offrir à Booking les mêmes conditions que sur son propre site Internet. Waouh, c’est presque génial. Sauf qu’un hôtel travaille avec plusieurs OTAs et que chacun d’entre eux appliquera la même règle. Au collège, on apprend que si A=B et que si B=C alors A=C. Donc l’OTA C aura forcément la PARITE avec l’OTA A et l’hôtel ne pourra pas être moins cher. Cette stupide parité restreinte, reprise fulgurante d’un enarque et de sa suite, condamne donc les 17.000 hôtels français à respecter une stricte parité entre TOUS LEURS OTAS dès lors qu’ils travaillent avec plusieurs OTAs. On est donc revenu à la case départ ! Sauf que maintenant, Booking.com pourrait se payer le culot d’emmener quelques têtes de turcs devant un tribunal, et gagner.
Réjouissez-vous, la parité de disponibilité a disparu. C’est vrai que c’était terriblement plus important que la parité de tarif. Au moins ça permettra de fermer Booking en ouvrant Expedia et vice versa.
Booking.com a accepté que le prix donné au téléphone puisse être inférieur à celui publié en ligne et bien évidemment l’ADLC a trouvé que c’est une avancée importante, peut être même essentielle. C’est sur que la tendance est de réserver au téléphone ou par telex, tout le monde le sait bien.
Quant au brandjacking qui était pourtant un des éléments clés mis en avant par toutes les organisations professionnelles, silence radio de l’ADLC. Eh, oh, simple rappel : Noël est en décembre !
Les écrits de Booking sont parole d’Evangile
La brillantissime commission qui a tranché sur ce dossier à l’Autorité de la Concurrence et sous la houlette baguette de son président a en fait retenu des arguments de Booking :
- si les prix ne sont plus en parité, alors les très méchants comparateurs vont prendre le business du gentil Booking, ce si gentil Booking qui se plie en quatre pour ces satanés hôteliers ingrats. Questions de bon sens : Pourquoi protéger des titans du web ? Qui a protégé ou protège les hôteliers des titans du web ? Pourtant si on se place du côté client, les métamoteurs ne peuvent-ils pas amener de la concurrence ? N’est-ce pas sain d’avoir de la concurrence ?
- si les vilains hôteliers peuvent publier des prix inférieurs à ceux du gentil Booking, alors Booking aura investi du marketing en pure perte. Euh... quelqu’un a t’il regardé si Booking avait effectivement investi au sens entrepreneurial ? Disons plutôt que Booking dépense 1/3 de ses recettes en marketing (autant que ce qu’il verse à ses actionnaires d’ailleurs), ce qui n’est pas de l’investissement ni en aucun cas une immobilisation. Peut-on dire d’un transporteur routier qu’il investit tous les ans 15 ou 20 % de son chiffre d’affaires dans le gasoil ? Non, ce sont simplement des charges en classe comptable 6, pas de la classe 2. Qu’importe... usurper le langage n’est pas bien grave.
Conclusion
Dire qu’il a fallu une somme de QI aussi élevée pour arriver à des conclusions aussi effrayantes. Peut-être faudra t’il un jour qu’on comprenne qu’un fonctionnaire n’a pas la capacité à comprendre ni surtout à réguler le fonctionnement réel de l’économie réelle, surtout quand il se retrouve en bande. Et dire que cette décision va s’étendre à l’Europe entière. Quel gâchis de temps et surtout de sueur d’entrepreneurs qui vont devoir vivre avec cette décision stupide pour nourrir les sangsues du web.
Au final, la seule et unique proposition faite par un des intervenants est celle qui a été retenue. Côté hôteliers aucune proposition, mais uniquement des propositions d’interdiction. N’y voyez aucun lien de cause à effet...
Pour ceux qui auraient des doutes, voici les 80 pages de la décision :
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