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dimanche 21 octobre 2018

Proposition de loi sur la parité tarifaire : mais quelle mouche a piqué les députés UMP ?

 
 

Si les députés UMP n’avaient pas été avertis depuis plusieurs années des dérives des OTAs, on pourrait comprendre qu’ils découvrent le problème et pondent dans la précipitation une micro-proposition de loi, juste avant des échéances électorales. De qui se moque-t-on ? Ils ont été avertis à de nombreuses reprises par oral et par écrit depuis au moins 3 ou 4 ans, soit au travers de la Fédération Tourisme de l’UMP, soit par des doléances individuelles d’hôteliers auprès de leur propre député.

Voici donc une proposition de loi mal fagotée qui s’introduit avec des résultats financiers de Booking.com et Expedia de l’année 2012 alors que les résultats 2013 sont sortis depuis début février 2014. Les résultats du 1er trimestre 2014 sont eux aussi disponibles, et légèrement plus frais que de vieux chiffres de 2012 ! On a même droit à l’affirmation "À eux deux, ces groupes canalisent la quasi-totalité des réservations en ligne effectuées en dehors du site de l’hôtel", une estimation au doigt levé, sans chiffres, sans étude. On se doute bien que Booking.com et Expedia pèsent lourd dans le paysage français, mais dans quelle proportion ? Ca sent à plein nez le copié-collé d’une demande syndicale.

Quant au paragraphe à propos de la parité tarifaire, il omet tout simplement le fait que la parité tarifaire protège les 2 parties, et notamment l’hôtelier indépendant face au mastodonte qui pourrait lui imposer des prix de vente inférieurs aux siens ! Quand Expedia achète une chambre 25 % moins chère que le "BAR", le prix que l’hôtelier pratique sur son propre site, la disparition de la clause de parité autorise d’un coup de baguette magique Expedia à baisser ses prix de plus de 20 %. Quel hôtelier a les moyens d’interdire à Expedia de le faire et donc d’éviter la distorsion de son prix, la dilution de son image et surtout la descente de ses prix aux enfers ? En effet, la parité de disponibilité n’étant pas déclarée illégale, l’hôtelier sera forcé par contrat de donner (disons plutôt vendre à prix cassé) ses chambres, ou de les garder vides !

Tant que les autres mauvais côtés des OTAs ne sont pas éradiqués, la clause de parité tarifaire est un rempart qui protège le petit de l’appétit gargantuesque du mastodonte. Et quand viendra l’hécatombe d’hôtels tués par une guerre des prix aussi stupide qu’inutile dans un contexte déjà tendu de crise normative aigüe sur fonds de crise économique, que feront nos braves députés qui auront à coup sur perdu des électeurs et pour certains des amis ? Si soutenir l’économie signifie la barder de normes en tous genres et lui supprimer toute protection même imparfaite, alors on a un vrai problème.

On veut punir celui qui a grillé un ou deux feux rouges et/ou dépassé les limitations de vitesse, tout simplement parce qu’il voulait sauver sa peau, poursuivi par un méchant à la mine patibulaire. Le seul qui mérite une punition est le poursuivant, certainement pas le poursuivi. Quand on est le gibier, le choix est vite fait !

On se rend encore plus compte du travail approximatif de cette proposition de loi quand on se souvient de l’excellent rapport de la CEPC qui listait un certain nombre de problèmes rencontrés dans les contrats totalement déséquilibrés entre hôteliers et OTAs. Ce rapport était un peu long et surtout technique, mais de là à se contenter de ne lire que les premières lignes de ses conclusions, le résumé de texte a manifestement été baclé.

Mesdames et Messieurs les députés, ce dont ont besoin les hôteliers et par extension les entrepreneurs, c’est de votre soutien indéfectible, de votre capacité à comprendre les enjeux d’un problème, de votre combativité contre les abus réels, de votre prise de conscience du pouvoir que prend Google et des choix qu’il fait prendre à tous les mastodontes de l’Internet, pas que vous sciiez la branche sur laquelle sont assis patrons et salariés.

En fait, voici des pistes de réflexions :

  • pour commencer prendre conscience de la profondeur du dossier et surtout de ses tenants et aboutissants : par exemple les personnes en charge de ces dossiers à la DGCCRF sont infiniment plus compétentes sur le sujet que les syndicats professionnels réunis
  • retirer purement et simplement cette proposition de loi, ou au minimum modifier cette proposition de loi afin de tenir compte des autres clauses abusives, notamment celle concernant la parité de disponibilité, cette clause qui oblige l’hôtelier à donner à toutes les agences en ligne du stock pour peu qu’une seule des agences ait encore une malheureuse chambre à vendre.
  • rendre illégale toute clause qui n’implique pas de réciprocité entre co-contractants ou pour le dire autrement qui entraîne un déséquilibre significatif
  • rendre illégale toute clause qui limite les libertés d’un des co-contractants
  • ...

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    Les commentaires


    1. le 27 mai 2014 à 11:59, par luberon

    Hallucinant, tout ça pour ça...Je vais me réveiller, on est en plein cauchemar. Si on voulait faire mourir les indépendants, on ne procèderait pas autrement. Avec un début d’année catastrophique, la pression des locations et des hébergements particuliers, les normes, le RSI,... je crois qu’il me reste qu’a partir ailleurs. Mais OU ?...

    2. le 27 mai 2014 à 16:53, par MARIE

    Plutôt que de se mêler de pondre des textes abscons, l’UMP ferait mieux de clarifier ses comptes ...

    3. le 28 mai 2014 à 11:15, par Gaelle FLORENZA

    Les hôteliers doivent se battre avec les armes des OTA et ne pas attendre une hypothétique aide qui pourrait mettre du temps à venir et peut être trop tard. Prendre les devant et faire en sorte de profiter du flux généré par Booking afin de le détourner vers leur propre site.

 
 

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