13 novembre 2013, un grand jour pour les OTAs et surtout pour Booking
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Décidément le gouvernement et l’UMIH se sont donnés le mot pour faire du bruit le même jour à propos des méchants OTAs avec d’une part l’assignation d’Expedia par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes) et d’autre part le lancement par l’UMIH de sa pétition accompagné d’un site internet à l’url de 46 caractères (hors le point et le « fr ») impossible à reproduire ni surtout à retenir spontanément : front uni contre les commissions excessives sur le net ce qui donne frontunicontrelescommissionsexcessivessurlenet.fr.
La DGCCRF contre Expedia ou Asterix contre Caesar
Suite aux travaux de la CEPC que nous relations dans l’article « Disparition de la clause de parité = tsunami annoncé », on s’attendait à ce que le Ministre de l’économie utilise l’opportunité unique qui lui est offerte par la loi d’attaquer un certain nombre de clauses « aberrantes » contenues dans les contrats liant les OTAs aux hôtels (ou vice-versa).
Non, c’est la DGCCRF qui attaque et à priori sur le seul sujet de la parité, un sujet que la DGCCRF avait ouvert antérieurement et surtout de manière parallèle aux travaux de la CEPC. Attendons de voir le contenu de l’assignation pour savoir ce qui est reproché exactement à Expedia. En tous les cas, faite disparaître la seule clause de parité sans toucher aux autres clauses abusives ne va que renforcer le déséquilibre actuel de la relation hôtel-OTA. La parité est la dernière clause à réviser, certainement pas la première.
N’attaquer qu’Expedia aujourd’hui paraît bizarre ou peu raisonnable suivant le point de vue sous lequel on se place :
- bizarre car Booking.com est bien plus dur avec les hôtels qu’Expedia ne peut l’être
- peu raisonnable quand on compare précisément les 2 principaux intéressés
- Pour rappel, Expedia Monde a enregistré 40 millions de nuitées au 3e trimestre 2013 dont 51 % rien qu’aux Etats Unis, alors que Priceline a réalisé 75 millions de nuitées dont 85 % hors des Etats Unis.
- Expedia ne cesse d’investir massivement dans son marketing hors ligne là où Booking concentre 95 % de son marketing au marketing en ligne
- Expedia se contente de marges réduites, pariant sur le long terme et sur le principe de relations pérennes, là où Booking se contente de relations à court terme et de rentabilité immédiate (45 % de bénéfice avant impôts au 3e trimestre 2013)
- Booking est le champion incontesté du brandjacking
- Booking pousse les hôtels à abuser de l’overboost de commission là où Expedia est bien plus transparent, même s’il est en théorie plus cher
- Expedia assume intégralement son rôle intermédiaire avec son statut d’agence de voyages, là où Booking n’est qu’un tiers à la réservation mais un tiers qui confisque au passage les données des clients et interdit à l’hôtel (une des deux parties au contrat NDLR) de s’en servir
- etc...
Il n’en reste pas moins que les travaux de la CEPC peuvent conduire à une action en justice devant la juridiction française par le ministre de l’économie, sur le principe qu’il est le seul à ne pas être tenu par la clause attributive de juridiction dans le cadre d’une action contre une pratique litigieuse qui porte atteinte au fonctionnement du marché français. Et ces travaux de la CEPC dépassaient largement le cadre de la parité pour s’intéresser à toutes les clauses des contrats, tout particulièrement celles dont personne ou presque ne parle jamais. Pour une fois que le sujet était correctement traité sur le fonds...
L’UMIH et sa pétition
Plusieurs mois après que d’autres pétitions aient vu le jour et plusieurs années après que des actions se soient mises en place pour remédier à certaines des pratiques de géants de la distribution, et oui le Synhorcat a assigné Tripadvisor, Expedia et Hotels.com en justice en AVRIL 2010, alors que d’autres actions parfois décousues ont été menées avec et/ou par certains concurrents de l’UMIH, voici donc la dernière pétition du secteur, comme si une pétition allait pousser les OTAs à subitement devenir gentils.
Agir seul est une évidence car vu de l’UMIH un autre syndicat est forcément un concurrent qui lui arrache des mains des cotisations, quelle barbarie !
Conclusion
Si l’UMIH espère un ralliement des autres syndicats patronaux à son énième tentative de tirage de couverture à soi, il y a fort à parier que la sauce ne prendra plus puisque qu’ils ont tous été mis devant le fait accompli, sans concertation préalable.
Quant à l’action de la DGCCRF, elle exige d’une part d’être élargie à l’abuseur numéro un, Booking.com, et d’autre part de connaître le contenu précis de l’assignation avant d’émettre un avis « éclairé » et complet.
Pendant ce temps, Booking.com peut continuer à abuser tranquillement sans encombre !
Complément d’information en cours de journée
Voici un courrier envoyé par les Logis à tous ses affiliés hier et répandant le mensonge "une pétition de l’ensemble de la profession".
On avait pu constater que Logis « lâchait » ses hôteliers, cf. notre article « Quand le poids des chaînes d’hôtels leur permet d’obtenir des accords préférenciels avec les portails internet de réservations de voyages » de novembre 2010 !
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