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mercredi 15 août 2018

La démission des institutionnels devant Booking

 
 

Après nous avoir bercé du dogme totalitariste de l’égalitarisme, voici de vaillants institutionnels enclins à la tentation du capitalisme extrême en confiant les clés de la réservation des hôtels à ce satané Booking.com. Et si on disait que c’est fini, simplement ?

Le dogme totalitariste de l’égalitarisme

Beaucoup et en tous les cas trop d’institutionnels nous rabâchent qu’il est impératif de ne jamais mettre en avant un hôtel plus qu’un autre, un restaurant plus qu’un autre, un commerce plus qu’un autre... Pourquoi "totalitariste" ? Simplement parce que d’après eux penser autrement est un grave pêché qui mérite le bûcher de l’Inquisition, un comble dans un pays laïc !

Vu d’ailleurs, cette volonté farouche de mettre tout le monde sur un pied d’égalité quand eux même (les hôteliers/restaurateurs/commerçants/etc... NDLR) ne font rien pour être égaux, quand tous ne s’occupent pas de leurs clients de manière équivalente, quand tous n’offrent simplement pas de prestations équivalentes est tout simplement bizarre et surtout anachronique. Ailleurs, on laisse les meilleurs de leur marché le tirer vers le haut au lieu de le niveler par le bas.

Le dogmatisme touche toutes les strates de la société avec plus ou moins d’intensité suivant que l’on est fonctionnaire ou pas, salarié d’une grande entreprise ou pas. Ni les patrons ni les salariés de petites entreprises ne prennent le temps d’être dogmatiques tant leur quotidien peut à tout moment changer ou même s’effondrer. Ils sont pragmatiques : ils travaillent à maintenir leur travail et leur avenir.

Donc voici nos braves offices de tourismes et autres institutionnels "old school" qui préfèrent laisser les clients tirer au sort un hôtel ou un restaurant plutôt que de recommander un ou plusieurs chez qui le client sera plutôt bien accueilli. Mieux vaut donc laisser le client avoir une mauvaise impression de la région plutôt que le guider. Les clients ont trouvé la parade : ils vont voir les sites communautaires, les sites d’avis, les sites UGC dont nombre d’entre eux dépendent d’une bourse étrangère et se sucrent allègrement au passage.

Dans le contexte de la fermeture obligatoire le soir des magasins des Champs Élysées, les touristes vont tout simplement aller dépenser leur argent chez les commerçants qui le souhaitent, ailleurs (à l’étranger NDLR). À force de mettre des dogmes partout, on n’aura bientôt plus rien à dogmatiser.

L’abus du (mauvais) Made-in-France et du "on sait ce qui est bon pour vous"

Depuis des années, les institutionnels français, Atout France en tête, ont voulu imposer leur vision de la technologie appliquée au tourisme, leurs standards franco-français, leurs super systèmes d’information et services parfois si improductifs qu’on se croirait revenu 40 ans en arrière en plein URSS.

Le monde a évolué, des startups y compris françaises ont montré le chemin de ce qui marche, de ce que cherche le client, de ce qui lui plait, mais non, le dogme de l’état providence et de l’état qui décide et organise a une fois de plus sévi. Mais le pire, c’est que les élus qui mandatent et confortent ces institutionnels ainsi que les institutionnels eux-mêmes se croient investis d’une mission qui consisterait à imposer une vision futuriste rétrograde et consensuelle dirigiste de l’économie du tourisme. En période de crise, c’est un luxe qui n’est plus permis qu’à ceux qui ne produisent pas. Les autres bossent pour payer, car ne l’oublions pas, la mise en pratique de ces dogmes se fait avec de l’argent public à peine gaspillé, de l’argent douloureusement extirpé de l’économie réelle réellement imposée en France : les prélèvements obligatoires de l’état devraient peser 46 % du PIB français en 2014 et les dépenses de l’état 57 % du PIB, rien que ça ! Si on compare au prix d’une chambre, sur 100 € HT facturés, il n’en restera que 43 pour les salariés, les patrons, les achats, l’électricité, l’entretien, les banques, l’investissement, la technologie, la prévoyance, l’avenir, etc... Pas folichon !

Et alors quand ces personnes investies d’une mission se mettent à parler aux autres en public ou à publier sur des blogs pour évangéliser leurs pratiques anachroniques, on atteint des sommets dans l’étalage de sciences du web. Certains parviennent même à dresser les louanges de multinationales NASDAQuiennes du voyage, ces sociétés qui assèchent et asservissent l’économie locale. Pour les dédouaner on peut se consoler en se rappelant qu’il n’y a pas que des institutionnels qui soient prédicateurs à la solde de TripAdvisor ou autres suceurs de l’économie touristique locale : la béatitude rend heureux, pas malin !

Ailleurs ces multinationales n’ont pas atteint les sommets atteints en France. On peut trouver des tas de raisons, notamment le mensonge d’état qui consiste à attribuer à la France la 1ère place (mais laquelle ?), pour expliquer cet état de fait. Peut-on réellement estimer que ces institutionnels et ce système tous deux payés par l’impôt ne portent pas une lourde part de responsabilité dans ce fiasco ? Quand on additionne ceci au fait que ces multinationales assèchent les entreprises françaises et s’exonèrent de l’impôt français, on prend pleinement conscience de l’ampleur du désastre de l’abus du dogme de l’institutionnel Made-in-France.

La dérive Booking.com

A force d’entendre nombre d’institutionnels louer les services de ces multinationales, en voici qui sont maintenant tentés d’utiliser les services de Booking.com. Ces OT vont pouvoir percevoir des commissions, vont pouvoir se laver les mains et surtout se taper la bedaine du travail accompli.

Des noms ? L’OT de la ville de Bordeaux a déjà bien avancé sur le sujet. Il en existe d’autres !

Atout France n’avait pas fait mieux quand une campagne avait été lancée et donnait ses clients à TUI. C’était il y a moins d’un an !

Mais quand on réalise que Booking.com ose proposer des classements autres qu’alphabétiques, avec par exemple ce classement hérétique par la QUALITE PERCUE (bouh quelle horreur !), on se dit que la vaccination du dogme de l’égalitarisme a été plus que radicale.

2.000 ans en arrière, un certain Ponce Pilate s’est lui aussi lavé les mains en faisant prendre une décision de vie ou de mort par la plèbe. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça manque singulièrement de courage politique ou de courage tout court.

On entend déjà l’argument du "New York l’a fait". Peut-être faudrait-il regarder ces villes ayant cédé à la facilité avec un œil local. En Amérique et notamment aux Etats Unis, Booking.com pèse bien peu en comparaison à Expedia. Comme toujours dans les marchés où Booking.com subit la concurrence au lieu de la dominer, son comportement serait presque angélique et ses commissions raisonnables. A New York, y sont différents de la France :
- le taux de pénétration des chaînes
- le remplissage des hôtels
- la taille des hôtels
- l’avance technologique des hôtels
- le fonctionnement des instances du tourisme
- le protectionnisme pro-américain
- les élus ne sont pas élus à vie
- on est capable de changer radicalement de posture en très peu de temps
- on sait changer ce qui ne va pas et on sait prendre des décisions parfois douloureuses
- etc...
La comparaison simpliste est donc une mauvaise habitude qu’il faudrait un jouer faire cesser quand on parle de l’argent des autres.

Tous les institutionnels français sont-ils les mêmes ?

Heureusement que non. Des OT comme ceux de Cannes, Deauville ou Paris se cassent la tête depuis des années, parce que les décisions sont prises en commun AVEC les acteurs de l’économie locale, pas SANS eux ni encore moins CONTRE eux.

Certains ont tenté et construit de la technologie comme Marseille. D’autres utilisent des technologies du marché. Parmi ceux là, quelques uns se sont laissés embobiner par la sirène "Constellation Network" qui a vu beaucoup de portes institutionnelles s’ouvrir un peu vite, sans doute grâce au passé politique de son président. Chut, c’est tabou de mélanger politique, institution et copinage.

De très rares OT et instances touristiques de type dirigistes se comportent comme ils le devraient quand on parle d’argent public : en respectant la procédure des appels d’offres ou au moins en s’en inspirant quand ils en sont théoriquement dispensés !

Les entrepreneurs ont laissé faire

Pendant ce temps, pour certains trop occupés à pratiquer le sport national français du "je préserve mes acquis, le reste je m’en tape" ou pour d’autres occupés à simplement préserver du mieux possible leur quotidien au lieu de préparer leur avenir, de trop nombreux entrepreneurs du tourisme, hôteliers et restaurateurs, se sont contentés de regarder le monde changer, de voir leurs clients changer leur mode de consommation et se sont même parfois félicités de voir de si gentilles multinationales se plier en quatre pour leur piquer leurs propres clients.

Il faut dire que dans beaucoup de communes les rares sièges disponibles pour les hôteliers au sein des OT sont souvent squattés par les mêmes personnes depuis des lustres auxquels s’accrochent parfois des toiles d’araignées :). Mais quand cette soit-disant représentation ne peut aucunement participer ni influencer le vote la décision de ceux qui savent ce qui est bon pour les autres, inutile d’espérer un changement. A quand des groupes de travail paritaires ? A quand une collaboration constructive qui écoute le terrain ? A quand une réelle obligation de résultat, au moins morale ?

Pour se sortir de cette situation de monopole grandissant des OTAs, nombreux sont les petits patrons qui ont poussé leurs syndicats patronaux, UMIH en tête, à s’occuper du dossier. D’un côté on voit le tapage médiatique pro-hôteliers, mais quand on creuse un peu en lisant les commentaires des internautes à ces articles, on se rend compte du profond décalage entre ce que veulent les gens dont certains sont quand même clients et ce que racontent les syndicats. Comme le disait récemment un magazine, Les syndicats servent-ils à quelque chose ?. Et on ne peut pas dire que les syndicats patronaux soient moins sclérosés que les syndicats de salariés...

La seule véritable initiative crédible et qui vienne de la base s’appelle Fairbooking : plus de 1.000 hôteliers en quelques semaines dont hélas quelques très rares brebis galeuses qui ne respectent pas leur engagement d’en donner plus pour le même prix. Il n’y a guère que l’APIIH qui ait mis la main à la poche pour aider, les autres syndicats soutiennent plutôt mollement ou susurrent du bout des lèvres que c’est peut être pas si mal mais s’abstiennent de soutenir réellement avec ce qui fait marcher l’économie : de l’ARGENT.

Keskonfé ?

Ce n’est pas parce qu’on a laissé faire qu’il faut continuer ! Pour changer la donne, le plus important c’est de le vouloir.

Le client par nature volatile et infidèle se fout bien de savoir qui fait quoi, qui paie l’impôt, qui paupérise l’économie locale. Ce qu’il veut c’est pouvoir réserver simplement, rapidement et en confiance. Mais si au même prix et même facilité on peut flatter son côté "généreux" en lui donnant la sensation d’avoir agi en consommateur "équitable", pourquoi s’en priver ?

En 20 ans, le web a fait et défait des colosses. Des colosses de 2013 n’existaient pas il y a 10 ans (Facebook est né en février 2004 !). Des colosses d’hier ont perdu de leur suprématie. Le web a vu se créer de nouvelles entreprises qui ont régulé ce que d’autres entreprises du web ont mis en place sauvagement. Etc...

Dans le tourisme, le web était censé désintermédier. Au contraire on a vu de plus en plus d’acteurs venir s’intercaler entre les 2 seules entités réellement indispensables : le client d’une part, l’hôtelier d’autre part. L’hôtellerie a un avantage que n’ont pas les marchands "normaux" : le client y couche !

Les solutions pérennes et surtout économiquement raisonnables consistent en une véritable et durable réduction de ces intermédiaires. Quand on se souvient que les multinationales NASDAQuiennes donnent souvent 40 % de leur CA à leurs actionnaires, supprimer la case actionnaire revient à faire baisser un 17 % en 10,2 % ! En rognant intelligemment sur des postes de gaspillage, il y a moyen de faire passer ces 17 % en 6 ou 7 % ou même moins en fonction des lieux.

Ceci suppose que les hôteliers se mobilisent, qu’ils se fédèrent, qu’ils cessent d’être égoïstes, qu’ils se donnent les moyens de créer des alternatives crédibles. Ceci suppose également que les hôteliers d’une ville et d’une région cessent de se comporter en concurrents mais plutôt en collègues.

Sur un plan marketing, les hôteliers voient les clients et peuvent évangéliser leurs alternatives. Aucun OTA ne peut en dire autant !

Côté technologie, jamais elle n’a été aussi facile à créer, facile à utiliser. Trouver les bons développeurs n’est qu’une question d’argent et de volonté, rien de plus.

Les hôteliers seuls ou avec les institutionnels ?

Plus les institutionnels "vintage" sont impliqués dans un dossier et plus le risque d’échec est exponentiel. Se reposer sur les institutionnels « vintages » pour créer ces alternatives revient à jeter de l’argent par les fenêtres, ce qu’ils ne manqueront pas de faire direz-vous :). Combien d’entre eux font officiellement participer les acteurs économiques aux décisions du tourisme institutionnel, mais qui dans les faits consiste comme toujours à imposer le dirigisme politique trompeusement travesti en modèle participatif.

Les hôteliers nantais ont étudié la fréquentation des sites web de leurs hôtels et l’ont comparé aux statistiques de visites de leur OT. Ensemble, ils sont bien plus visités que l’OT. C’est donc ensemble qu’il faut travailler.

Et si pendant que les institutionnels "old school" pensent être la clé du déclin succès, les hôteliers construisaient eux même leur avenir en créant des outils que plébiscitent leurs clients ? Et si les hôteliers donnaient à ces institutionnels des outils clés-en-main, les mêmes outils que ceux qu’ils ont construit et mis en place sur leurs propres sites alternatifs ?

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    Les commentaires


    1. le 30 septembre 2013 à 13:33, par Thomas, Nuit d’un Jour

    Va falloir arrêter de tout critiquer et tout compliquer. Booking est en train de faire bien ce que hébergeurs et institutionnels n’ont toujours pas commencé à faire. Un site unique pour charger son stock de chambres, laisser la commercialisation se faire toute seule. Un site unique pour bien comparer et réserver son hébergement n’importe où en quelques clics. Au bout du compte, on s’en fout, ce sont nos clients qui payent la commission et ils sont contents de ne pas le savoir.
    Profitons de la vie !

    2. le 30 septembre 2013 à 14:27, par Luberon

    Bonjour,
    Depuis plus d’un an, j’indique sur les factures, le montant de la commission OTA.
    Sur les résa OTA : Plus de 80% des clients prennent conscience que l’hotel serait moins cher en reservant directement et 20% en moyenne m’indiquent, quand règle générale, il ont un meilleur tarif en passant par booking ou autre ????
    Ceci dit sur l’ensemble de mes clients, plus d’un sur deux, ce qui est non négligable, m’indique qu’ils se servira de booking et bouffons, comme d’un annuaire puis passera direcement chez l’hotelier.
    Cette initiative ne demande rien de plus qu’une ligne sur la facture et une explication au client.
    Faut il botter les fesses aux hoteliers pourqu’ils retrouvent la force de combattre et de mutualiser leurs actions.
    Dites moi ce que vous faites chez vous pour augmenter vos résa en direct, conserver vos clients. je suis preneur.

    3. le 30 septembre 2013 à 15:36, par Florent GUIRAL

    Thomas, votre vision superficielle du problème et le peu d’estime que vous avez pour vos clients sont affligeantes. Peut-être que le trou perdu où vous vous situez ne vous permet pas de connaître les joies de la concurrence que rencontrent d’autres places et fait donc passer ces questions de transparence au énième plan de vos considérations. Ce n’est pourtant pas une raison pour en tirer des généralités.
    Luberon, très bonne initiative ! Comment jouez vous avec les conditions de parité tarifaire imposées par Booking ?

    4. le 30 septembre 2013 à 18:54, par Nicolas

    Bonjour,
    D’accord pour l’essentiel sur l’incurie des pouvoirs publics face au oligarchies qui s’installent. Je fais partie des (rares) institutionnels qui essaient d’aider les professionnels à optimiser leur commercialisation en ligne, plutôt que d’imposer une intermédiation de plus.
    Mais pour autant, nous posons-nous les bonnes questions ? Pas si sûr.
    1. La complexité croissante du marketing digital a fait que beaucoup d’indépendants se sont jetés dans les bras de Booking.com par défaut. Je constate que ces mêmes restent assez insensibles à nos sollicitations d’accompagnement, certains allant jusqu’à dire que si nos solutions sont gratuites, c’est que’elles ne valent pas grand chose... L’enjeu est pourtant dans l’absolue nécessité de diversifier ses canaux de distribution, et de n’en négliger aucun, même s’il ne représente que 2 ou 3% de CA (c’est la part moyenne que j’attribue aux canaux institutionnels).
    2. Des solutions technologiques peu coûteuses existent, qui permettent d’optimiser la transformation des prospects d’une destination en clients des hébergeurs. Nous sommes quelques départements à les développer. Mais elles ne sont pas assez chères pour intéresser nos élites nationales, qui ont préféré mettre des millions dans des solutions qui vont chercher l’offre... chez booking, expedia et autres ! (cf. le projet Hexatourisme).
    Quoi faire alors ?
    Au même titre que les AMAP ont petit à petit permis aux petits producteurs agricoles de contrer les géants de la distribution, multiplions les partenariats entre acteurs publics et privés à l’échelon local ou départemental. Les initiatives se rejoindront ensuite dans des dynamiques de réseau non partisanes.
    En tout cas, n’attendez rien de l’Etat malheureusement.

    5. le 30 septembre 2013 à 19:31, par Ludovic Dublanchet

    Bonjour Thomas,
    Très surpris par ton billet, on n’a pas entendu les mêmes choses lors des #ET9 ! Si l’informatique est binaire, les stratégies et les hommes et les femmes qui les élaborent ne le sont guère, dans les offices comme dans les établissement que tu connais bien.
    Cela fait bien longtemps que de nombreux offices se battent contre la sacro-sainte neutralité, ou exhaustivité de leurs conseils dans le but de satisfaire leurs clients touristes, et le Président d’Office de Tourisme de France a en début de mois publié un édito sur le Conseil éclairé. Cela n’empêche pas certains hôteliers, souvent pas les meilleurs, de poursuivre des tests mystère par téléphone et de s’offusquer de ne pas être mis en avant dans la réponse alors même que leur prestation ne correspondrait pas à la demande...et de s’en plaindre auprès de leur Maire prochainement soumis à leur suffrage, au contraire du touriste.
    Cela n’empêche pas certains hôteliers, et plus souvent leur personnel sans pouvoir de décision, de te conseiller par téléphone de réserver en ligne sur Booking car ils ne peuvent s’aligner en direct alors même que tu fais l’effort de les appeler pour leur épargner la perte brute de la marge de l’OTA.
    FairBooking et RésaenDirect, dans leur démarche de sensibilisation de leurs membres, voire de formation, ont du travail.
    Les institutionnels aussi, et dire qu’ils se tournent majoritairement vers les marques blanches ou grises des OTA est tout de même légèrement exagéré.
    J’entends des hôteliers dire qu’il préfère investir 20 à 25% de leur marge chez Booking ou autres, et ne plus rien mettre en comm’ et marketing, quitte à livrer leur business clé en main... Erreur ? Probablement.
    J’entends des Offices se lamenter que des hôteliers ne mettent pas à jour les dispos dans leur centrale à 8% de marge, pourtant interfacée à leur PMS, et le faire auprès des OTA qui assurent une meilleure visibilité, un plus gros CA...
    Rien n’est blanc, rien n’est noir, rien n’est binaire, sauf l’informatique !

    6. le 30 septembre 2013 à 20:13, par Thomas, Nuit d’un Jour

    Florent, peut-être que Thomas a mélangé une bonne dose de 1er degré avec une grande quantité de 3ème degré.
    Qu’attendent 94% des hôteliers pour rejoindre Fairbooking et faire bouger les lignes ?
    Attendent t’ils que les bénévoles qui mettent cela en place se découragent et se disent "Au bout du compte, on s’en fout, ce sont eux qui payent leurs commissions".
    Le train risque de ne passer qu’une fois.

    7. le 30 septembre 2013 à 20:21, par TH

    Euh.... de quel Thomas parlez-vous les uns et les autres ?
    Pas de Thomas chez TH depuis longtemps :)
    Florent répondait à Thomas Nuit d’un Jour.
    Ludovic parlait d’un autre Thomas.
    Et Thomas Nuit d’un Jour citait le second Thomas

    8. le 30 septembre 2013 à 23:31, par Thomas Yung (artiref)

    Dis donc, c’est la fête aux Thomas ici ; )

    9. le 1er octobre 2013 à 09:11, par Thomas, Nuit d’un Jour

    Thomas de Nuit d’un Jour parlait de lui même sans penser à un autre Thomas (Y) avec lequel il a pu discuter de la même question sur son propre site [le propre site de Thomas (Y)].
    Quant à Ludovic, qui connait bien Thomas (Y), il semble s’être un peu mélangé les pinceaux avec les personnes, les sites et les (mes) commentaires.
    C’est vrai que mon 3ème degré était difficile à percevoir.

    10. le 1er octobre 2013 à 09:57, par Thomas, Nuit d’un Jour

    Explication de texte :
    "Va falloir arrêter de tout critiquer et tout compliquer."
    Ils (TH & Artiref) nous cassent le moral à pointer du doigt les clous qui s’enfoncent peu à peu dans le cercueil de la résa en direct. Evidemment, je pense le contraire, mais il est probable que beaucoup d’hébergeurs vont prendre cela au 1er degré... parce que c’est ce qu’ils pensent, (cf un hébergeur qui évoque la solution de confier toute sa commercialisation à Booking et de ne plus se prendre la tête, cf l’attitude de certains CDT). J’ai envoyé plusieurs mails aux hôteliers près de chez moi pour nous rencontrer et discuter de ce que nous pourrions faire au niveau local, et pas de réponses...
    "Booking est en train de faire bien ce que hébergeurs et institutionnels n’ont toujours pas commencé à faire. Un site unique pour charger son stock de chambres, laisser la commercialisation se faire toute seule. Un site unique pour bien comparer et réserver son hébergement n’importe où en quelques clics."
    Ce que Booking réussi à faire, y compris d’impliquer les institutionnels, est génial pour tous (si l’on oublie les com élevées et le manque de respect). Les hébergeurs, trop occupés à critiquer les commissions, la parité, ... oublient souvent de dire à quel point c’est un super site. Les visiteurs ne s’y trompent pas.
    Internet existe depuis longtemps et c’est clair que nous avons laissé passer plusieurs trains. Faute à tous et à personne. Booking en a profité.
    "Au bout du compte, on s’en fout, ce sont nos clients qui payent la commission et ils sont contents de ne pas le savoir."
    Les hébergeurs critiquent les commissions, mais au bout du compte, tous les incluent peu à peu dans leurs frais. Lorsque presque tous les hôtels d’une destination sont sur Booking, ce sont bien les clients qui les payent.
    Par ailleurs, des visiteurs critiquent les hôteliers qui râlent sur les commissions en oubliant que, in fine, elles sont sur leur addition et que la grogne des hôteliers est dans l’intérêt des visiteurs.
    Le fait qu’un DG de plusieurs hôtels réserve chez nous par Booking, montre à quel point certains ne souhaitent pas penser à ce qui se passe par derrière et préfèrent céder à la simplicité.
    "Profitons de la vie !"
    Evidemment...
    Vivons heureux, vivons cachés de tout les problèmes. Lorsque j’indique à des hôtes qu’ils ont payé plus cher par Booking qu’en direct, ils sont surpris, puis déçu et très vite ne veulent plus en parler car cela leur fait mal.

    11. le 1er octobre 2013 à 22:32, par Thomas, Nuit d’un Jour

    L’éclairage d’Alain Larouche, Tourisme Cantons de l’Est à partir de la 19ème minute : http://www.youtube.com/watch?v=Gt_cC3UK6-Q
    Bonne source de réflexion...

    12. le 2 octobre 2013 à 09:21, par Ludovic Dublanchet

    Oups, on m’avait parlé d’un billet de Thomas Yung, qui assistait aux Rencontres Nationales du etourisme institutionnel la semaine dernière où ces sujets ont été évoqués, je n’ai pas vu que Guillain en était l’auteur d’où cette bourde dans mon interpellation du début...L’article de Thomas Yung est ici, et ajoutons celui de Frédéric Gonzalo, consultant québécois qui s’est exprimé ce jour sur ce même sujet
    Bref, le sujet ca encore faire couler beaucoup d’encre...

    13. le 2 octobre 2013 à 09:52, par Guilain Denisselle

    Avant de commencer, il est important de rappeler que les comportements en Amérique du Nord ne peuvent pas être comparés simplement aux comportements en France. Prendre une décision difficile se fait rapidement là bas, pas ici.
    Quand on écoute Alain Larouche, il dit simplement que compte tenu du faible taux de conversion sur le site institutionnel, il, enfin ils avec un "s", ont préféré être pragmatique, ce qui est compréhensible.
    En fait Alain illustre parfaitement le fait que les institutionnels font chacun dans leur coin leur petit bazar, qu’aucun plan plus global et à long terme n’est adopté, ce qui revient à dire que chaque institutionnel dessine le monde à sa manière. L’office qu’il représente, de même que celui de Montréal, étaient auparavant une source d’informations essentielle qui a été quasiment enterrée par les sites divers : OTAs, UGC,... Si la démonstration consistait à exposer le fait que de manière générale l’institutionnel s’est fait grillé, elle est réussie.
    Faut-il en déduire la conclusion : "on s’est fait grillé alors on va arrêter de perdre notre temps et notre argent et on vous conseille de cesser de perdre votre temps mais donnez votre argent" ?

    14. le 2 octobre 2013 à 14:33, par Benoit

    This is the end
    Un titre accrocheur, un sujet qui fâche, on se lâche sur les institutionnels, les Ota’s, les hôteliers et puis les clients aussi, tant qu’à faire...
    Pour l’audience, c’est bon mais j’ai lu des posts + optimistes ces derniers temps...
    1/ Le client a choisi Booking
    2/ les hôteliers souhaitent reprendre la main sur la commercialisation de leurs nuitées
    Les efforts doivent venir des hôteliers en premier lieu avant de compter sur les autres.
    Le client est un gros feignant qui va aller au plus simple, rapide et efficace.
    Si en plus, il a l’impression d’avoir les meilleures conditions tarifaires et d’annulation...royal
    Hôteliers, transformez votre site web en un véritable site de vente avant d’être une belle vitrine dans laquelle le client va aller chercher toutes les infos et finir par réserver via un ota

    15. le 2 octobre 2013 à 19:41, par Jerome

    Booking, c’est comme la France :
    Soit tu l’aimes, soit tu la quittes. (Pas sûr que ca passe la censure ca...)
    Le jour ou le "client" n’aura plus que des hotels de chaines/standards de dispos sur Booking, et se rendra compte que les vrais indépendants rares et recherchés ne sont réservables qu’en direct, ben, on aura gagné.
    Oui je sais, encore faut-il que ces memes indépendants se mettent au 21eme siecle avec un PMS....
    Mais bon, faut laisser le temps au temps.
    D’ailleurs, j’attends la visite de Thomas (d’Artiref) pour me pencher sur le sujet.

    16. le 3 octobre 2013 à 10:05, par TH

    @jerome PMS + booking engine ? :)

    17. le 3 octobre 2013 à 13:13, par Serge

    Parfaitement d’accord avec le commentaire de Benoit !
    Les hôteliers, particulièrement en France, adorent se plaindre...des politiques et surtout des OTA qui prennent de grosses commissions.
    Les hôteliers oublient le client : il veut de la simplicité et l’assurance d’avoir le prix le moins cher !! Il veut un site internet réactif (désolé mais Fairbooking est à revoir !!).
    Qui n’a pas fait l’expérience d’aller sur Booking ou Agoda et ensuite envoyé un email à l’hôtel ? Moi je l’ai fait à plusieurs reprises. Réponse tardive et prix plus cher !!
    Par ailleurs, j’ai voulu connecter mon site à un Channel Manager pour accèder à de petits resorts, appart’hotels ...j’attends depuis un an une connexion !!

    18. le 3 octobre 2013 à 16:22, par Jean-Philippe 2, le retour

    @Serge, ton message est bizarre. Tu parles de connecter ton site à un channel manager. Si un channel manager ne veux pas, t’en prends un autre c’est pas compliqué.
    Bref tu es quoi à part client ? hôtelier ? OTA ? OT ? ou pire encore chambre d’hôte ou appart ?

    19. le 3 octobre 2013 à 18:31, par Thomas, Nuit d’un Jour

    @Jean-Philippe 2, le retour, ton message est aussi bizarre, non ?
    Pourquoi me mettre dans la catégorie des "pires" ?
    Je ne crois pas que le moment soit à ce type de stratégie qui fait le bonheur de Booking. Explication :
    Diviser pour régner est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d’un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question. (de Wikipedia)
    La réponse au problème qui nous turlupine tous est donc :
    "une population, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question".

    20. le 4 octobre 2013 à 11:22, par Luberon

    Bonjour,
    L’ensemble de vos commentaires sont très justes et montre une véritable implication. Cependant aucune action n’apparait. Booking est bien conscient du mécontentement, mais aussi de la division des hôteliers. Alors pourquoi changeraient-ils la donne (les OTA) ?
    je vous propose d’inscrire sur vos facture la commission de votre OTA (c’est peu mais efficace avec une explication).
    Je vous propose d’envoyer par courriel, ou d’appeler vos chargés de compte pour leur expliquer ce que vous entendez par un partenariat.
    Je vous propose de communiquer dans un rayon de 20 km avec les autres hôtels.
    Je vous propose de vendre vos chambres sur le principe de l’exclusivité (une seule chambre par catégorie)
    Et vous que proposez vous ?

    21. le 21 octobre 2013 à 08:43, par OLI

    " Quand on se souvient que les multinationales NASDAQuiennes donnent souvent 40 % de leur CA à leurs actionnaires, supprimer la case actionnaire revient à faire baisser un 17 % en 10,2 % ! "
    Ne confond-on pas là C.A. et Bénéfices ?
    Personnellement, je ne sais pas comment on distribue du C.A. à un actionnaire ...

    22. le 21 octobre 2013 à 09:57, par TH

    @OLI, quand le bénéfice, avant impôts et même parfois après impôts d’ailleurs, pèse 40 % ou plus du chiffre d’affaires, trouvez-vous la phrase idiote ?
    Si vous ne savez pas où trouver les résultats financiers de Priceline ou Tripadvisor, permettez-nous de vous suggérer de lire les articles correspondants sur www.tendancehotellerie.fr

    23. le 27 mai 2014 à 18:45, par jeanjacques

    Pour ne pas respecter la parité tarifaire et rester sans crainte - c’est possible : suivez le blog et site de Thomas Yung, l’Artisanreferenceur

    24. le 27 mai 2014 à 21:19, par TH

    @jeanjacques, si vous désobéissez à la parité comme on fait des grimaces une fois que le professeur a tourné le dos, c’est plutôt pathétique et surtout pas très courageux.
    Si au contraire on affiche strictement le même produit un poil moins cher sur son propre site, sans se cacher, sans travestir quoi que ce soit, que risquez-t-on ?
    Il y a déjà un certain temps que les OTAs ne font plus grand chose si le site officiel de l’hôtel est un peu moins cher. Ce qui les énerve c’est de ne pas avoir le même prix que l’OTA concurrent, pas d’être en concurrence avec le site de l’hôtel, car le site de l’hôtel génère finalement bien peu de trafic par rapport au leur.
    Si vous faites référence à un autre article à propos de la parité, faire sauter la clause de parité tarifaire va de facto permettre aux gros d’être beaucoup moins cher que l’hôtel, ou disons moins cher sur un OTA par rapport à un autre, avec une guerre des prix sans fin. La parité protège le petit...

 
 

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