Saisine de l’Autorité de la Concurrence par l’UMIH : déjà ou enfin ?
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Depuis le temps que les hôteliers se plaignent des clauses abusives des contrats des OTAs, voici l’UMIH qui saisit l’Autorité de la Concurrence, rejoint par la CPIH.
La présence du GNC à la conférence de presse pourrait presque paraître malsaine quand on se souvient que les chaînes, Accor en tête, ont des contrats avec les OTAs beaucoup plus souples et surtout infiniment moins onéreux que ceux des hôtels indépendants. Il suffit d’effectuer une simple recherche pour se rendre compte que la parité n’est pas un problème pour Accor :
On aurait pu s’attendre à ce que cette saisine soit menée par FHE (French Hospitality in Europe), mais cette jeune association n’a à priori pas la capacité à saisir l’Autorité de la Concurrence. On ne peut cependant que déplorer l’absence notable des autres syndicats professionnels hôteliers. Le SYNHORCAT a tweeté l’article de FranceInfo à ce propos mais s’est pourtant abstenu de rejoindre officiellement le mouvement.
Encore une fois, l’absence d’unité est un signe manifeste de faiblesse face aux ogres de la distribution visés par cette saisine. Comment espérer montrer un front uni en agissant de manière décousue ? Quid des autres actions légales à mener contre les autres clauses abusives et contre les comportements abusifs de Booking ? Quid de l’entente cordiale entre Booking et Google pour mieux racketter les hôtels ?
Quant au contenu de la saisine, on se demande ce que le fait le nom nom HRS aligné à côté de ceux du pire, Booking, ou d’Expedia. Quand le leader incontestable du marché impose des clauses draconiennes, il paraît évident que les acteurs plus modestes n’ont d’autre choix que de se protéger également. S’il fallait ajouter des noms pour faire « genre », pourquoi les autres OTAs ayant les mêmes clauses litigieuses ne sont pas listés, par exemple Orbitz qui fait quand même partie du TOP5 mondial ? Certes HRS pousse un peu loin le bouchon quant il applique sa commission sur les petits-déjeuners mais de là à l’inclure dans la trop courte liste qui relève de l’Autorité de la Concurrence...
Le mot équitable est conjugué à toutes les sauces, mais jamais à son sens littéral ni surtout intégral quand il s’agit du client. Il ne faudrait pas oublier que Booking est un excellent outil pour le quidam qui n’a pas la capacité à poser 1 journée de congé (à perdre NDLR) pour pouvoir appeler les hôtels les uns après les autres. Comment utiliser ce mot « équitable » quand on omet systématiquement la dimension du client ? Il y a au moins un point positif du côté de Fairbooking puisque TOUS les syndicats hôteliers lui apportent leur soutien... moral, pas financier, hormis l’APIIH. Pourtant Fairbooking a avant tout besoin de moyens financiers, d’hommes et de femmes professionnels de la distribution, de technologie, de marketing, etc... et que les bonnes intentions ne suffisent pas à rémunérer.
Conclusion
Déjà ? Mieux vaut tard que jamais.
Enfin ? Inutile d’espérer que cette saisine mette fin à l’évasion de centaines de millions d’euros de commissions vers le NASDAQ. Sans des actions multiples et menées de front, les OTAs n’ont pas fini de jouer au jeu du chat et de la souris avec les hôteliers.
L’exercice dénote finalement une méconnaissance pathologique du paysage et du contexte de la distribution électronique hôtelière de 2013. Faudra-t-il attendre 10 ans de plus pour que les syndicats professionnels se préoccupent de la prépondérance de Google qui est bien plus dangereux qu’un Booking quand on parle de valeur de fonds de commerce ou de dépendance ?
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