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dimanche 5 avril 2020

La guerre au #COVID19 est déclarée alors mobilisons nous pour la guerre pour nos entreprises

 

Tout le monde l’a entendu : la France est en confinement depuis mardi 17 mars midi. D’autres pays voisins l’avaient déjà fait comme l’Espagne et l’Italie. La Belgique entre en confinement mercredi 18 mars à midi.

La guerre nationale contre le #COVID19 est déclarée et la mobilisation est infiniment moins douloureuse que celles d’août 1914 ou septembre 1939. Il suffit de rester chez soi et de supporter ses conjoint, enfants, aïeuls ou colocataires et d’avoir pour seule arme la patience. #jepeuxlefaire

 

La guerre pour sauver nos entreprises est ouverte

Il faudrait être naïf pour croire que les entreprises vont toutes passer au travers de cette crise économique : les salariés vont globalement passer au travers sur un plan financier immédiat. Néanmoins certains risquent de perdre leur emploi si la crise dure trop longtemps.

Côté patrons, le scénario est complètement différent. Bon nombre d’entre eux ne pourront se verser de rémunération pendant la crise. Difficile à ce stade d’estimer le volume de celles et ceux qui vont perdre leur entreprise et leur éventuelle caution solidaire.

Il est de notre devoir de tout faire pour nous aider les uns les autres et limiter la casse ; ça s’appelle l’a #solidarité

On a d’ailleurs vu certaines entreprises activer cette solidarité (voir les communiqués d’aujourd’hui par exemple). Ne nous attardons pas sur les communiqués et comportements de quelques opportunistes qui ne cherchent qu’à conquérir de nouveaux clients (on a les CP).

 

Quel constat

Les commerces non essentiels ont fermé depuis samedi 14 mars minuit.

De très nombreux hôtels ont fermé cette semaine et leurs patrons ont eu globalement raison : pas de client, du personnel qui ne peut parfois pas venir travailler (enfants, personne à risque, etc).

Des usines ont également fermé et pour plusieurs motifs : il leur est difficile de préserver la sécurité sanitaire de leurs salariés, carence de matière première, absence de distribution (qui va aller acheter une voiture neuve cette semaine par exemple ?), etc... Les personnels sont financièrement couverts, les grands groupes sont globalement capables de supporter financièrement la crise et leur capacité à se faire financer est bonne.

Certaines sociétés comme Air France sont dans une situation beaucoup plus compliquée : des coûts fixes et des amortissements énormissimes, un affaiblissement récurrent par des conflits sociaux à répétition et par une concurrence internationale déséquilibrée sur certains marchés, et surtout un arrêt quasi total des liaisons aériennes, y compris sur le marché domestique. L’état français volera sans doute au secours d’Air France en la nationalisant, comme l’ont fait d’autres pays lors de crises précédentes, par exemple les Etats Unis en 2008.

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Quel impact pour le tourisme

Il faudrait être naïf pour croire qu’au premier jour de la levée de confinement les gens vont se précipiter dans leur voiture, dans les trains ou les avions pour voyager ou même pour aller manger au restaurant. Tout le monde a bien compris que la sortie de confinement ne signifiera pas la fin du virus : le risque de résurgence restera sans doute fort, hormis découverte scientifique rapide.

Le tourisme va souffrir pendant un temps certain. Côté voyages d’affaires, les entreprises auront eu le temps de peaufiner le travail à distance et les téléconférences et visioconférences. Il faudrait être naïf pour croire qu’elles vont revenir à la bonne vieille méthode de la poignée de main physique quand les choses pourront se faire à distance. Quel sera l’impact du #COVID19 sur le business travel : 10%, 25%, 50%, plus ?

Sans vouloir être alarmiste, le marché de l’hôtellerie va fatalement se contracter au moins pendant quelques mois. Les hôtels les plus faibles économiquement, ceux qui n’ont pu se rénover, ceux qui n’ont pas réussi à se mettre au niveau sur le plan technologique, ceux situés dans des zones à faible fréquentation, etc... suivront sans doute le bus de tous les hôtels qui ferment depuis plusieurs années. Tout ce qu’on peut faire pour les hommes et les femmes qui possèdent et travaillent dans ces établissements est de les accompagner pour qu’ils n’y perdent pas tout ce qu’ils ont : leurs collègues hôteliers « ouverts » peuvent embaucher leur personnel et le former, les tribunaux de commerce peuvent être plus cléments sur l’activation des cautions solidaires, les communes (changement de PLU, expropriation, etc...) et les promoteurs peuvent transformer le foncier en logement et/ou commerce, etc...

 

Que pouvons-nous faire ?

1. Arrêter de se plaindre

Côté salariés, on a pu voir de multiples messages sur les réseaux sociaux :

  • est-ce que mon patron a le droit de me mettre en congés payés ?
  • je vais perdre la partie de ma rémunération qui correspond à mes primes
  • etc...

Et oh !!! Les temps sont durs alors chacun prend sur soi, courbe le dos et assume sa part ! En période de confinement, les besoins financiers sont de facto moins importants : pas de dépense de loisir hormis pour acheter des livres :) , très peu de dépense de transport/carburant, pas de dépense de voyage, pas de dépense de sortie/restaurant/cinéma... Et puis manger plus de pâtes n’a jamais tué personne ! En quand on sera sorti de crise, il va falloir bosser. Le temps des vacances viendra plus tard.

Côté patronal, on a vu des chefs se plaindre de n’avoir que 4 heures pour fermer leur établissement. On a tous lu des litanies « je suis maître restaurateur et ne peux pas congeler ». Personne ne leur tiendra rigueur d’avoir préparé et congelé le stock de 24/48 heures : ils peuvent l’utiliser eux même, le donner au personnel ou leurs voisins, en faire des repas du personnel après la sortie de crise. Et si un « maître xyz » a plus de 48 ou 72 heures de stock de viande ou poisson, alors il y a un problème !
 

Essayons de ne retenir que les messages de celles et ceux qui se sont organisés pour distribuer les matières premières gratuitement ou à prix cassé/coûtant, ou de celles et ceux qui ont eu un message ému à la fermeture de leur établissement mais impatient(e)s de ré-ouvrir.

2. Faire un constat objectif

Il est essentiel de faire un constat précis de l’état de l’entreprise :

  • constat commercial : avons-nous traité tous les dossiers de tous les clients des semaines à venir ? Ont-ils été remboursés ou leur séjour reporté ? Pour les réfractaires, vos clients ont-ils été prévenus que vous n’alliez pas les rembourser ? Puis où en est le planning de réservation pour les prochains mois
  • constat comptable : trésorerie, réserves, capacité de financement, état des amortissements, présence de déficit chronique ou pas...
  • constat produit : où en est l’établissement côté rénovation, côté produits, quels sont les investissements nécessaires et combien vont-ils coûter
  • constat technologique : l’établissement dispose-t-il des outils technologiques nécessaires comme un PMS connecté, un site web « moderne », un outil de réservation en ligne, un channel manager, des outils de communication (emailing, sms,...)
  • constat humain : le personnel et les dirigeants ont-ils suivi des formations régulières pour se maintenir au niveau ? Ont-ils la niaque pour se remettre au boulot et parfois en question ?
  • constat des associés : les associés peuvent-ils réinjecter du capital ?

3. Passer la crise

La liste des mesures prises par le gouvernement a fait le tour du web et des chaînes de télévision. La meilleure source reste la page officielle du gouvernement car elle est mise-à-jour en temps quasi-réel : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

Préserver financièrement son personnel est non seulement une mesure de bon sens, mais surtout un comportement humain« normal ».

Préserver les dirigeants est plus compliqué. Les amis et la famille vont avoir un rôle à jouer pour certains.

Préserver son outil de travail signifie avoir une surveillance : Avoir un veilleur qui loge sur place est une évidence et car les vols existent, hélas.

4. Préparer la reprise

C’est là que la guerre économique se prépare : il va falloir ré-ouvrir et reconquérir sa ou une clientèle.

Jamais le moment n’a été aussi propice à la formation qui est fatalement à distance. Les séances de e-learning et les MOOC sont déjà nombreux et il est à espérer que les OPCA comme le FAFIH vont se mettre à plein régime pour accompagner les organismes de téléformation d’une part et les professionnels d’autre part.

Et si vous en profitiez pour rénover l’établissement dès la fin du confinement ? L’hôtellerie ne repartira pas instantanément , c’est une évidence. Alors fermer un ou deux mois de plus permettra de ré-ouvrir avec un produit répondant aux tendances actuelles.

Et si vous en profitiez pour investir dans votre technologie ? Là aussi, rester fermé quelques jours de plus pour changer de PMS, RMS, channel manager est une rare opportunité : partir de Z-E-R-O est beaucoup plus simple que d’avoir des reports à nouveau et des encours de séjour sur un système.

C’est maintenant qu’il faut préparer un plan financier et discuter avec son comptable, son ancien ou nouveau banquier, la BPI.

Ne soyons pas naïfs : la reprise sera un marathon et seules les personnes préparées passeront la ligne !
Pour le dire autrement, se lancer dans la reprise avec un outil de travail et du personnel fatigué risque d’être très compliqué.
Mais surtout, les efforts financiers de la France et de l’Europe pour soutenir et relancer l’économie vont consister en des prêts, pas en des subventions. Il faudra bien rembourser un jour !

 

Conclusion

La sortie de crise du #COVID19 va très probablement ressembler à la fin d’une guerre, hormis le fait que les bâtiments ne seront pas en ruine : il va falloir remettre en marche la vie courante et l’économie tout en sachant que beaucoup de choses ne seront plus jamais comme avant.

Cette semaine va servir à reprendre son souffle. Dès la semaine prochaine ou la suivante, il va falloir se mobiliser pour la sortie de crise ou sa reconversion. C’est ainsi...

Sur TH, on va écouter et relayer les messages/actions/conseils des gens solidaires alors continuez à nous suivre :)

#onycroit #onyva #onalaniaque

 
 
 
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